LE TRIOMPHE DE L'AMOUR
BALLET A VEiGT EXTRÉES,
««PRÉSENTÉ' POUR t!A PREMIERE f'^ÎS A SàlNT-GERMAm-EX-LATE , LE 21 JANVIER 1681.
LES PAROLES DE n. QUIKAUtT. I.A OTOSIQUC DE M. LDLIT.
Ce n'est ici proprement, ni un opéra, ni un ballet, mais une suite d'entrées mêlées de récifs, propres à composer une magnifique mascarade, dont le roi voulut régaler M. le dauphin et Mme la dauphine, et qui netle\ait pasi l'engager dans ces grandes dépenses qu'il était obligé de faire lorsqu'on donnait un opéra nouveau à la cour. Cette mascarade avait été préparée pour le jour de la saint Hubert, 3 Bovembrc 1680 ; mais la maladie de M. le dauphin l'ut cause qu'on en remit la première représentation au 21 janvier 1 681 , que ce ballet fut exécuté par les musiciens de Sa Majesté avec magnificence et un applaudissement universel. M. le dauphin et Mme la dauphine y dansèrent, ainsi que Mademoiselle, Mme la princesse de Conti, M. le prince de Conti, M. le duc de Vermandois et Mlle de Nantes, avec ce qu'il y avait de jeunes personnes les plus distinguées à la cour, tant hommes que femmes. Vigarani, qui fat chargé des décorations, s'en acquitta avec un goût exquis et d'une façon singulière.
Pendant qu'on représentait le Triomphe de l'Amour, à la cour, l'Académie royale de Musique continuait toujours Proseroim, avec tant de succès, que la reine étant
Tenue k Paris au commencement de mars, voulut prendre ce divertissement. « La reine, accompgné de M. le dauphin et de Mme la dauphine, vint à Paris au commencement de ce mois. Elle fut reçue au Pakis-RoyaJ par S. A. R. qui lui donna un magnifique repas. Toutes ces augustes personnes allèrent de là à la foire Saint-Germain et ensuite à l'oijéra ie Proserpine. Il ne devait
pas cire nouveau à Sa Majesté puisqu'il a sen i de divertissement à Saint-Geraiain. Cependant cet opéra n'étant représenté ni par les mêmes acteurs, ni avec les mêmes décorations, elle y trouva quantité de choses qui eurent pour elle toute la grâce de la nouveauté. Le théâtre des Champs-Elysées parut magnifique, aussi bien que le palais de Pluton, et on donna beaucoup de louanges aux principaux de ceux qui chantèrent. S. M. admira nonseulement l'entière justesse avec laquelle ils savent conduire leurs instrumens, mais encore leur agréable ma^ nière d'exprimer au naturel, et par leurs actions et par les divers mouveméns de leurs visages, tout ce que les personnages qu'ils représentent peuvent avoir de passionné. »