‹ SatanstoéChapitre 108 sur 194 · REMISE POUR LA DEUXIÈME FOIS SUR LE TDÉATRE EN SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

REMISE POUR LA DEUXIÈME FOIS SUR LE TDÉATRE EN SEPTEMBRE

Lully, craignant que l'opéra de Persée ne pi'it seul remplir le théâtre, jusqu'à la première représentation publique de Phaélon , qu'il préparait pour la cour , remit la tragédie d'Àlceste. Cette pièce , qui n'avait point été vue

depuis sa nouveauté en 1674, et qui est pleine de beaux morceaux , fut très bien remise, el attira de nombreuses assemblées.

Si

BIBLIOTHEQUE CHOISIE

PHAETON

TRAGEDIE

REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS A VERSAILLES LE JOUR DES ROB, MERCREDI 6 JANVIER 1683.

(.E POÈUC DE U. QVINIVLT. LA BUSIQUG DE tt. X.DU.T.

Lorsque cet opéra parut à la cour , il ne fut point accompagné de machines et décoralions ; ce qui semblerait l'avoir privé d'une partie de ses agrémens; mais il n'en reçut pas moiiis d'applaudissenicns. les solides beautés de" cette tragédie, et surtout celles de la musique, emportèrent tous les suffrages. M. de Preneuse nous rapporte une réflexion sur le caractère de l'haéton , qui est singulier , en ce que ce jeune ambitieux paye à tout moment d'esprit oii les autres héros de théâtre payent de tendresse. 11 admire ce ti-ait do Lybie , dans la deuxième scène du premier acte.

Que l'incertitude Est un rigoureux tourment, etc.

Quoique l'air, soit fort beau, et agréable M' oreille, il n'est point expressif dans le caractère qu'il faut, car Lybie se plaint de la rigueur d'une incertitude douloureuse, et elle s'en plaint d'un ton et d'un mouvement badin, qui fait un contre-temps que le bon sens ne peut souffrir. On trouva aussi le cinquième acte trop inégal et trop mêlé d'excellent, et de choses moins travaillées; ceci soit dit sans diminuer la réputation du poète et du musicien, et sans nous engager à l'examen de pareils défauts qui peuvent se trouver dans les opéras dont nous parlerons dans la suite de cet ouvrage. Mais nous ne pouvons nous dispenser de détruire ici un bruit qui n'a d'autre fondement que l'envie des ennemis de Lully.

M. de Preneuse, Histoire de la Musique, page 73, dit que Lully préférait le duo de Phaè'lon.

Que mon sort serait doux, etc..

A ce fameux duo du cinquième acte, que tout le monde a admiré et admire.

Hélas! une chaîne si belle, etc..

Chacun a songoîit, disait Lully, quand on lui parlait. Que mon sort, etc. me flatte et me louche davantage; ce qui montre bien, ajoute M. de Preneuse, que cet Italien, si peu Italien, aimait mieux une musiqup douce et unie qu une musique savante et travaillée. Ce goût particulier, contiaue-t-il, a donné lieu au bruit commun que ce der-

nier duo est de l' Allouette l'aîné, son secrétaire. La préférence que Lully donnait à celui-là,

Que mon sort serait doux , etc.

devint suspecte; Lully, disait-on, est homme d'esprit ; il n'est pas sans apparence qu'il était bien aise délever : « Que mon sort, etc. » qui est sûrement de lui , aux dépens de l'autre qui est peut-être de l'AUouette. « Mais, ajoute M. de Preneuse dans un autre endroit, j'avais donc entendu attribuer à l'AUouette le duo :

Hélas i une chaîne si belle, etc.

» On m'a averti qu'il n'était pas possible qu'il y eût la moindre part, puisque Lully l'avait congédié plus de quatre ans avant que de faire Fhaëton. L'AUouette avait été secrétaire de Lully et il l'avait été avec beaucoup de distinction et d'agrément que son intelligence et son habileté lui avaient attirés. Mais Lully crut s'apercevoir qu'il faisait un peu trop du maître, et" il était homme que ces manières n'accommodaient. 11 revint à Ltilly qu'il s'était vanté d'avoir composé les meilleurs morceaux û'Isis, et il le congédia. »

Cette preuve est très authentique, et très sensible Devisé même convient que l'AUouette n'était plus à Lully dès le commencement de 1677 (1); ainsi il ne peut avoir travaillé à la musique de Phaeton; et quoi qu'on eu puisse dire , il n'y a pas d'apparence qu'il ait jamais composé d'opéra, puisqu'il n'a donné ciu'un méchant divertissement, intitulé ylriac?Me et Bacchus, qui, à la sollicitation de Mlle Certain, fut donné en 1C93, à la fin de l'opéra qu'on jouait alors et qui fut sifflé du commencement à la hn.

(I) nM rAlIouette battait la mesure à l'Opéra; commeil était à M. de Lully, et qu'il a copié ses airs pendant plusieurs années, ceux qu'il composait ont tant de rapport avec ceux de ce grand maître, qu'on voit bien qu'il a étudié sous lui : l'école est bonne; mais nous ne sommes pas dans un temps où il soit avantageux de montrer tout ce qu'on a appris.» Ce passage de Devisé, malgré la malignité dont il est plein, ne sert qu'à nous prouver de plus en plus que l'AlloueUe n'a eu aucune part à l'opéra do Phaëlon.

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PHAETON

TRAGÉDIE

REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS SUR LE THÉÂTRE DE L' ACADÉMIE ROYALE DE MtJSIQOE ,

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