‹ SatanstoéChapitre 118 sur 194 · PASTORALE HÉROÏQUE EN TROIS ACTES · texte numérisé non relu

PASTORALE HÉROÏQUE EN TROIS ACTES

RErUÉSENTÉE PODR LA PnEMIERE FOIS DANS LA GALERIE DE DIANE , AU CU.^TEAU D'aNET , LE VENDREDI C DE SEPTEMBRE 1686 (I).

LE POtMG DE U. CADSPISTROn. LA OIOSIQUC DE B. LULLT.

Après que Qtiinaull eut entièrement renoncé au théâtre, Lully, qui se voyait dépourvu de poèlc, mil en musique, à la sollicitation de M. le duc de Vendôme, le ballet d'^ci's et Galalée. que Camnislron avait composé, et que ce prince lit représenter par l'Académie royale de Musique, au château d'Anet, devant M. le daujihin, à qui il voulait donner un spectacle nouveau et maguiliquc ; voici de quelle manière la chose se passa.

l] Ballard dit nu'^lcis et Galntéo fut représenté au chfttcau d'Ànet, au mois d'août 1686, et ensuite à Paris, au mois de septembre. La preuve de la fausseté de celte première dale se trouve dans notre article, et Devisé, auteur contemporain, est plus croyable que l'imprimeur dont nous avons souvent remarqué des défauts do mémoire.

M. le Dauphin partit de Versailles le vendredi C septembre IG86, à six heures du malin; sur les dix heures il arriva à Anel , qui est éloigné de treize lieues. Peu de temps après son arrivée ou servit à dîner; les deux premières labiés étaient pour Monseigneur, les princes et seigneurs de la cour; la troisième fut pour Lully ; elle était servie avec autant de régularité que les autres, cl il y avait un maître d hôtel uniquement pour cela. On y voyait toujours bonne compagnie, tant à manger, qu'à faire conversation avec Lully pendant le repas, parce que sa conversation n'élail pas moins agréable que ses ouvrages. La quatrième table fut servie pour une partie des demoiselles qui chantèrent à l'Opéra et toutes celles qui y dansaient ; la cincjuieme pour les musiciens et danseurs, el la si.vième pour tous les inslrumens.

BIBLIOTHÈQUE CHOISIE

Sur les sept heures du soir, Monseigneur monta dans la galerie de Diane, pour y voir l'opéra d'^cisef Galatée, qui fut représenté avec toute la magnificence possible, et très bien exécuté. Lully reçut mille complimens , et l'on trouva sa musique si "belle* et si simple , qu'elle fit oublier la faiblesse du poème , à un tel point que Campistron eut part aux applaudissemens.

Ce ballet fut joué ensuite à Anet les 7, 8, 9, 10, 11, 12 et 13 septembre, de la même année , ensuite de quoi Lullylefit donner k Paris, où il n'eut pas moins de succès.

Le 24 septembre 1686, Lully alla voir les ambassadeurs de Siam, qui lui firent l'Iiouneur de le faire manger avec eux. Sur le soir, ils se rendirent à l'Opéra, où LuUy les reçut à la porte de l'Académie. Comme on représentait alors le ballet d'Acis et Galatée, dans lequel il n'y a point de machines, on leur dit, pendant la représentation, que ces sortes de spectacles étaient ordinairement plus magnifiques, mais que celui qu'ils voyaient ne pouvait l'être davantage , ayant été composé pour être exécuté dans un lieu qui ne pouvait les permettre. L'interprète leur expliqua ensuite la fête pour laquelle ce divertissement avait été fait. Elle premier ambassadeur répondit obligeamment que le spectacle dont il était témoin lui faisait aisément juger de la beauté des autres qu'il n'avait pas vus (Les ambassadeurs de Siam avaient vu à la cour une représentation de Roland, le 16 janvier 1 685. )I1 marqua pendant la représentation de l'opéra, qu'il en comprenait le sujet, et dit là-dessus des choses fort galantes. Ce qu'il dit ii MlleRochois, qu'il alla voir après l'opéra à l'hôtel des ambassadeurs, fit bien connaître qu'il l'avait comprise : il la fit asseoir avec politesse, et ajouta qu'ils ne pouvaient faire trop d'honneur à la fille du dieu de la mer, et qu'ils avaient besoin de sa protection, afin qu'elle calmât les flots à leur retour, et leur fit faire une heureuse navigation (1).

JEAN-GALBERT CAMPISTROiV.

Né à Toulouse en 1 656, et mort en celte ville le 1 1 mai 1723 : — Appartient si essentiellement à l'histoire du Théâtre-Français, que nous y renvoyons le lecteur; nous nous contenterons de parler ici des trois opéras qu'il a composés.

Le premier, inûMé Àcis et Galatée, pastorale héroïque, fut fait pour être représenté à Anet, chez M. le duc de Vendôme, en présence de M. le dauphin. Cet opéra eut non seulement une grande réussi le à Anet, mais encore à Paris, lorsque Lully le donna au public; mais ce musicien sentit alors la perte qu'il avait faite en la per-

il) Les ambassadeurs de Siam allèrent à l'opéra d'^rmWe; l'ambassadeur voulut être éclairci de tout le sujet, et sur les enchantemens que faisait Armide pour engagsr Renaud à l'aimer, il demanda si Armide était Française, et quand on lui eut répondu que non et qu'elle était nièce d'Hidraot, roi de Damas, il répartit : Si elle eût été Française, elle n'aurait pas eu besoin de magie pour se faire aimer, car les Françaises charment par elles-mêmes. Cet opéra lui plut extraordinairement, et quand il vit le palais d'Armide ruiné et brûlé, il dit . Sortons, le palais est tombé, nous ne pouvons plus causer ici.

sonne de Quinault. Campistron était poète, mais peu lyrique , et il n'était pas facile de le conduire au point où Quinault avait été conduit par Lully. Ce dernier, cependant , accepta un second poème , dont il avait fait le premier acte, lorsqu'il mourut. Colasse l'acheva, et celte tragédie lyrique parut en 1687 , sous le le titre à' Achille et Polyxène. Elle eut du succès dans sa nouveauté; mais lors qu'on voulut la reprendre (en 1712) le public n'en a pas paru content. Ce sujet est triste et trop compliqué d'événemens qui étouffent le principal. Entraîné par les applaudissemens qu'il s'attirait auThéàtre-Français, Campistron interrompit son travail pour l'Opéra, qu'il ne reprit qu'en 1693, par la tragédie d'^lZci'rfe, mise en musique par MM. Lully et Marais. Cet opéra fut assez goûté, et lorsqu'on l'a remis au théâtre, il a toujours eu une espèce de réussite. Ce troisième ouvrage fut le dernier que Campistron donna, et c'est par lui que nous finissons cet article.

LAFOREST, basse-taille,

Que Lully tâcha vainement de former pour le théâtre , à cause de sa belle voix ; il fit pour lui le rôle de Ziliant, dans Roland, que Laforest chanta et joua très mal. Malgré ce fâcheux début, Lully le garda encore quelques années dans les chœurs, lui payant, pendant tout ce tempslà, un maître à danser , et lui montrant lui-même à se présenter et à jouer sur le théâtre. La Forest joua d'original le rôle de Polyphème dans Arcis et Galatée. Ce rôle , le plus beau des basses-tailles , ne lui donna aucune émulation ; il demeura toujours rustre et mal façonné ; de façon qu'au bout de quelque temps on fut oblige de le renvoyer.

Avant que de donner un catalogue des ballets de Lully, qu'il nous soit permis d'ajouter quelques faits à la vie de ce musicien.

Dans l'article de Quinault, nous avons dit que ce poète renonça aux opéras après celui A' Armide. Lully en eut un çhagriu inconcevable; il employa les moyens les plus séduisans pour faire changer son ami. Mais Quinault demeura ferme dans sa résolution, de sorte aue Lully, qui se trouvait dans l'obligation de mettre tous les ans un opéra nouveau au théâtre , accepta les offres de Campistron, qui travaillait alors à la pastorale d'Jcis et Galatée. Nous passons tout ce qui suivit cet arrangement, aussi bien que le succès de cet opéra, tant à Anet qu'à Paris , en ayant déjà parlé plus haut. Campistron tout couvert des lauriers dont Lully l'avait couronné par sa brillante musique, se dépêcha de travailler à une tragédie lyrique, et fit choix pour son sujet d'Achille et Polyxène, dont il donna le premier acte à Lully. Ce musicien en fit le premier acte et mourut, ainsi que nous lavons dit, le 22 mars 1687. Revenons maintenant à ses ballets.

BaMclderAmourmalade 1657

d'Alcidiane 1658

de la Raillerie 1659

de Xercês 1560

BIBLIOTHÈQUE CHOISIE

BAWct de Vf mpatience 1661

des Saisons 1661

A' Hercule amoureux 16C2

des Noces de Village ou la Mascarade de

Vincennes 1662

des Arts 1663

des Amours déguisés 1664

de la Naissance de Vénus 1 66)3

des Gardes

de Créquy

des Muses

de la Mascarade de Versailles

de Flore

des Jeux Pithiens. . .

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