JEAN-LOUIS LULLY
Second fils de Jean Baptiste Lully, succéda à la charge de surintendant de la musique du roi, et au privilège de l'Opéra qu'avait son père, et dont il avait obtenu la survivance avant sa mort. Jean-Louis Lully garda peu ces places, étant mort au mois de décembre 1688.
Conjointement avec son frère aîné, il composa la musique de Zéphyre et Flore. Voici la part qu'il eut à cet opéra : le prologue et le premier acte, la oernière scène du troisième acte avec le divertissement.
On avait joué jusqu'à, la mort de Lully (il mourut le 22 mars 1687, qui celle année fut le samedi, veille des Rameaux) Armide avec un succès continuel; mais à l'ouverture du théâtre, on remit ylmarfi's, et, quelques jours après, Persée , (jui furent joués allcrnativement jusqu'au mois de novembre suivant que parut pour la première fois l'opéra d'Achille et Polyxène.
ACHILLE ET POLYXENE,
TRAGÉDIE
REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈHE FOIS VERS IX FIN DU MOIS DE NOVEMBRE 1687. tx potma DE a. campistroh. l« mrsiguc de m. ivtLT ctcousse 11).
La première fois qu'on joua cet opéra il s'y trouva tant de monde que ceux qui n'avaient pas envoyé retenir leurs places dès midi furent obligés de s'en retourner sans le voir. M. le dauphin y vint de Versailles, ce qui augmenta encore la foule. Joint à cela q^ue plusieurs y étaient attirés par la curiosité de voir si ceux qui s'en sont mêlés celte fois y réussiraient aussi bien que le fameux Baptiste. Mais chacun eut lieu d'être content, à. la réserve au baron de l'Anjumet, ci-devant olfiricr aux gardes, sur la tête de qui tomba une planche dont il pensa être tué. Cela interrompit le spectacle pendant quelque temps.
Il ne faut pas s'étonner si cet opéra eut du succès dans sa nouveauté; on y voyait tout à la foi? les précieux restes de la musique de Lully qu'on venaik de perdre, et le commencement d'un jeune élève qui promettait beaucoup; outre cela le jeu des acteurs contribua fort à la réussite. Mlle Rochois rcmniit avec son feu ordinaire le rôle de Polyxène, cl ceux d'Achille cl de Priam furent exécutés au mieux par Du Mcny cl Beaumavielle. En parlant ci-dessus de Campistron, nous avons dit les raisons qui onl empêché que cet opéra n'eût le même succès lorsqu'il a été remis; nous ne les répéterons point ici, nous joindrons seulement la critique de cette pièce par un auteur du temps, c'est le chevalier de Saint-Gilles, lettre 3, pages 55 et suivantes de sa Muse mousquetaire.
(I) Nous avons déjà dit que Lully n'avait composé que l'ou-
ABRËGÉ DE LOPÉRA D' ACHILLE,
Sur l'air : Réveillez-vous , belle endormit , etc.
Or, écoutez la noble histoire Do l'opéra de Campistron :
Je vais assurer .«a mémoire Par une immortelle chanson.
Agamemnon outrage Achille, Qui dit qu'il s'en repentira; Il se promène dans une île :
Vénus lui donne l'Opéra.
Patrocle meurt, Hector l'assomme, Certes, ce fui mal à propos, Car en voyait dans ce jeune homme Tous les sentlmons d'un héros.
Achille, en son humeur bourrue, Chasse Vénus très brusquement ; Il s'embirque, il combat, il tue; Hector descend au Monument.
Le roi Priam, sa bru, sa fille , Onl tous trois le cœur bien serré ; Polyxène est assez gentille, Achille la trouve à son gré.
vcrture et la musique du premier acte, et que le surplus était de Cotasse. Le ballet était de la composition de... .
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C'en est fait, le héros l'adore , Areas c:i va dire deux mots.
Briseis croit qu on l'aime encore :
Achille lui tourne le dos.
Cette princesse m'embarrasse; Où couchera-t-elle ce soir?
Cliez Agamemnon, plus de place; Achille ne la veut plus voir.
Briseïs s'est fort alarmée, Janon lui montre les enfers.
Les diables font de la fumée :
La clarté revient dans les airs.
Au premier bruit de quelque trève, Les villageois s'en vont dansant.
Avant que le traité s'achève, Ls voudraient labourer le champ.
Polyxène veut bien se rendre ; Andromaque a beau raisonner, Et les almanachs de Cassandre N'ont rien qui puissent l'étonner.
Tous les beaux conseils qu'on lui donne Ne sont bons que pour l'enllammer ; Un cœur que le péril étonne N'est, ma foi, pas digne d'aimer.
Priam reçoit dans sa famille L'invincible enfant do Thétis; Trop heureux de donner sa fille Au fier vainqueur d Hector, son fils.
Un changement si favorable Flatte aujourd'hui ses bons désirs.
Aurait-il cru son cœur capable De ressentir quelques plaisirs?
Vous que votre sort intéresse, Pans cet événement heureux , Peuples, montrez votre allégresse, Par les ébats les plus pompeux.
Polyxène semble interdit»
Devant son époux prétendu :
On ne sait ce qu'elle médite; Achille en est tout confondu.
Ohl parlez donc, beauté charmantat M'aimez-vous de bonne foi?
Monsieur, je suis obéissante , Mon papa répond pour moi.
Bref, Paris afsassino Achille, Polyxène le voit frapper , Du même trait elle s enfile, La toile tombe, on va souper.