‹ SatanstoéChapitre 120 sur 194 · PASCAL COLASSE · texte numérisé non relu

PASCAL COLASSE

Né en Champagne ft) , maître de musique de la chambre et de la chapelle du roi, mort à Versailles , au mois de décembre 1709, âgé d'environ soixante-dix ans , il

(1) Celasse était d'auprès de Rheims en Champagne. En arrivante Paris, il fut mis enfant de chœur à Saint-Paul.

avait été un des mcileurs élèves du fameux Lully (I) , qui l'employait souvent dans la composition de ses opéras, c'est-à-dire à remplir ordinairement les parties du milieu de ses choeurs de voix et de quelques-unes de ses symphonies. Les leçons de son maître et son heureux génie , le rendirent très bon musicien et capable de composer par lui-même plusieurs opéras, dont voici les titres (2) :

Achille et Polyxène, UigéHz 1687

T/i^<iS, tragédie 1689

£n^e e< iai'mi'e, tragédie 1690

^s<r^e , tragédie 1691

Le Ballet de Villeneuve Saint-Georges. ... 1602

Les Saisons, ballet 1693

Jttson ou la Toison d'or , tragédie 1 696

La Naissance de Vénus, opéra 1696

Canente, tragédie i • • ''"OO

Pyrrhus et Polyxène, Uagéiie 170G

Nous aurions eu encore plus d'ouvrages de ce musicien, et plus travaillés , s'il n'avait pas eu la passion et la maladie de chercher la pierre philosophale, ou la connaissance du grand-œuvre. iMais celte recherche n'aboutit qu'à le ruiner et affaiblir sa santé. 11 remit en 1708 , son brevet de maître de musique de la chapelle du Roi (3),' et mourut un an après.

Le succès qu'eut à Marseille l'Académie de musique, que le sieur Gautier y avait établie en 1683, fit naîlre à unparticulier l'cnvieden établir aussiune pareille à Lyon. Ce fut en 1687, que Ion jcla les fondemens de celte dernière. « Il y a tout sujet de croire que le succès en sera très grand, dit un auteur du temps, puisqu'on acouru aux répétitions avec beaucoup d'empressement, et que ceux qui en ont vu les premières, y ont pris tant de plaisir, que la foule ayant augmenté, on a été obligé de jjreiidrc de l'argent, aux dernières qu'on en a fait , le public ayant demandé en grâce qu'on le reçût. Phaéton est le premier

qu

(lyLuUy, après avoir congédié l'Allonette, prit Colasso i il garda jusqu'à sa mort, et dont il était si content, qu'il lui laissa, par son testament, un logement et 100 pistoles de pension. Mais Colafse , ayant quitté les chfans de LuUy, au.xquels leur père avait prétendu l'attacher, ils plaidèrent ensemble, et Colasse perdit sa pension et sen logement. Cependant il ne perdit pas quantité d'airs de violon dé Lully qu'il avait gardés, et dont il a su faire un bon usage dans (m Qibitre Sjison':, et ailleurs; il no l'a pas caclié. Souvent Lully faisait un air de violon, le lendemain il en faisait un autre sur le même sujet. Ce second lui revenait davantage ; il disait à Colasse : Brùle-moi l'autre , et Colasse te dis|)ensait quelquefois de lui obéir scrupuleusement. Si Lully a pu être utile à ses secrétaires, on prétend que ses secrétaires no lui étaient pas inutiles. Lully faisait lui-même tout>es les parues de ses principaux chœurs, et de ses duo , trio et quatrains importans. Il laissait faire parsessecrélairts la haute-contre, la taille et la quinte, qui est ce que quelques gens appellent les fiches, ou les parties médian les et quo j aimerais mieux appeler les parties moyennes.

(2) Nous parlerons plus amplement de ces opéras à leurs articles.

(3) Colasfc eut la plare dj Lambert en 1699, au mois do juillet. Mercure gaUiU, p. 283.

opéra qui sera représenté, cl l'on doit continuer ces divcrtissemens par l'opéra de Bdléî-ophon. »

Dans le Mercure suivant, le même auteur, nous apprend le succès de cet établissement. « Je vous ai déjà dit que Pliaélon est le premier opéra qu'on devait représenter à Lyon, oil l'on a établi une Académie de Musique. 11 aété joué pendant tout le carnaval avec un succès si extraordinaire, qu'on l'est venu voir de quarante-huit lieues à la ronde. Les décorations, les voix, les danses, les habits, tout a répondu à la beauté de la niusitpie, et on a beaucoup d'ohlij;ations à ceux qui. pour la {rloire de leur patrie, ont bien voulu hasarder celle dépense. Celélablisse-

ment paraît si solide, qu'il n'y a point de doute qu'il ne subsiste toujours. Et comme tout ce qui se fart dans le royaume surpasse tout ce qu'on peut voir de beau, enquelquelieudumondequeccsoit.icsétranfïersquientierouldu côté di! Lyon seront surpris, et pourront juger de lai'randeur de la France par la vue de ce mafrnilique spectacle. Le pulilic ayant demandé l'opéra de IklUrophon, à ceux qui ont fait cet étaWi.ssemcait, ils y font travailler avec autant d'empressement que de dépense, pour le donner incontinent après les fêles de Pauses. L'on assure qu'il y aura encore jiius de magnilik'i.ncc dans cet opéra que dans Phaélon. »

ZEPÏIIRE ET FLORE,

BALÎ.ET UElVOIQ€E EN TJROIS ACTES,

nEPBÉiENTÉ l'OOR U PREMIÈRE FOIS SUR LE TnÉATRE DE l'aCADÉ.VIE ROViaE DE MCSIQOB ,

Page 1