‹ SatanstoéChapitre 134 sur 194 · DIDON · texte numérisé non relu

DIDON

^1 t ■ ÉKPRÉSBNTÉK POUR U PREMIERS FOIS EN 1693.

ta potaii DE aADAin: de saiktoiige. la Bnisigus de a. desmaret*.

Cet opéra, qui fut le coup d'essai de deux personnes de 1 réussite, et méritait d'être remis au théâtre Ce n'ai pas mérite qui y firent paraître leurs talens, eut beaucoup de | qu'il soit sans défauts ; les principaux personnages en sont

Si

BlBLIOTllEOUE CHOISIE.

pleins. Encc est plus souvent un sot qu'un héros. Didon s'exprime en brûlante AIricaine, et non en tendre amante; les lètes n'entrent presque pour rien dans le plan de la pièce, et enlin le dtnoùmcnt n'est pas aussi vif que le sujet le deinaude.

Mme DE SAINTONGE.

Louise Geneviève Gillot, née à Paris en 1650, était fille de Pierre Gillot, sieur de Bcaucour , cl de Geneviève Gomez, à qui nous devons la traduction de l'Àrioste : Mlle Gillot reçut une excellente éducation, et lut élevée dans 1 étude des belles-lettres, y étant portée par son goût naturel, ètpar l'exemple de M. deSaintonge, avocat au parlement de Paris, homme de mérite et d'érudition, avec qui elle fut mariée. Mme de Saintonge donna en 1693 l'opéra de Didon que Desmareis mit en musique. Celte tragédie lyrique eut beaucoup de succès, et il est étonnant qu'on ne l'ait pas reprise. L'année suivante, parut sur le thécàtre de l'Académie royale de musique , Circé , des mêmes auteurs , mais qui tomba. Il semble que ce mauvais succès dégoûta Mme de Saintonge de travailler , car rien n'a paru de cette dame, excepté deux volumes de poésies imprimées en 1714 à Dijon , où elle avait été passer plusieurs années. Celte dame revint à Paris à peu près dans ce temps-là, , et y mourut le 24 mars 1718 , et fut inhumée en l'église de Saint-Louis dans l'île.

HENRY DESMAnBTS.

Se fit connaître dans le monde par une aventure assez singulière (1) ; mais ce qui acheva sa réputation, ce fut la

(1) Desmarets, auteur de l'opéra do Didon, doit être compté parmi les faiseurs de musique d'église, puisqu'il est constant qu'il composait toutes celle que Goupillet faisait exécuter à Versailles, après que ce Goupillet, maître de musique de la cathédrale do Meaux, eut été nommé pour la chapelle du roi, parce que Mme la dauphine, que M. Bossuet avait sollicité, le demanda. 11 se trouva très étonne de se voir élevé à ce poste.

tragédie lyrique de Didon, qu'il mit en musique, et qui fut représentée en 1G93. Circé, qui parut en 1694. n'eut pas uu sort si heureux, non plus que Théagène et Charicléc en 1695 ; et la même année, le ballet des Amours de Momus. Vénus et ^rfoni's donné en 1697, rétablit un peu sa réputation, quoique cet opéra ne fût joué que douze fois. Les Fêles gahntes, ballet, en 1698, n'eurent point les suffragcsdu public: cela ralentit un peu son ardeur, et J'obligea à travailler avcculus de soin ses ouvrages 11 était occupé de la composîtion alvhigénie en Tauride, lorsqu'il eut le malheur de devenir amoureux d'une écolière qu'il avait. La demoiselle parutaussisensible qu'il le souhaitait, de sorte que le roman finit par un enlèvement Desmarets passa en Angleterre avec sa nouvelle épouse (car il eu avait perdu une première en 169o]. Ce fut pendant .son séjour à Londres que parut, eu 1704, la tragédie d'Iphigénie, que Campra acheva, et qui fit un honneur infini à Dcsmarcsts I)e Londres, Desmarets vint en Lorraine, où, avant trouvé de la protection, il s'y établit en 1722. 11 ohlintla permission de venir i)asser quelque temps à Paris, pour y faire exécuter l'opéra de Renaud, dont il avait fait la musique. Cet opéra, dont les auteurs attendaient un succès marqué, tomba, et ne fut joué que cinq ou six fois. Desmarests reprit le chemin de la Lorraine, où il est mort depuis quelques années.

qu'il avait brigué, moins par envie, et par espérance de l'obtenir , que par vanité. Il s'avisa d'avoir recours à Desmarets, jeune homme alors, gueux et inconnu. Us Qrent un marché à tant le motet, et dix ou douze ans durant, Goupillet vécut dans son emploi, glo ieux et eslimé. Mais enfin, foit méchanceté, soit besoin, De.^marest venant hautement se plaindre que Goupillet ne le payait point, trahit et prouva l'intrigue, et Goupillet se retira. Cette musique d'église de Desmarets, jouée à Versailles, sous le nom deGoupillet, était excellente, et surtout naturelle et simple, à ce qu'on m'a assuré ; peut.êlre y a-t-il quelques morceaux imprimés sur lesquels on en jugerait, car je m'en fie ici à la foi d'aulrui. Je ne puis même taire que j'ai entendu un Miserere de Desmarets, qui m'avait donné une idée médiocre de son talent pour la musique latine. Il le lit chanter aux Pères de la Mercy à l'anniversaire de sa femme, en 1694 ou 1695. Et cela ne valait pas, à beaucoup près, Didon.

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