‹ SatanstoéChapitre 18 sur 194 · LETTRE AUTOGRAPHE DE MARIEAKTOINETTE · texte numérisé non relu

LETTRE AUTOGRAPHE DE MARIEAKTOINETTE

Ce 31 août.

Mme de Piennc a été si souvent au moment de partir, que je ne sais pas encore si c'est tout de bon mais il m'est impossible, mon cher cœur, de manquer une occasion de vous parler de toute mon amitié pour vous ; ma santé est bonne, celle de mes enfans aussi. Je vois toutes vos lettres à Mme de M..., cela me fait plaisir. J'y vois au moins de votre cciiture, et que vous m'aimez toujours ; j'en ai grand besoin, car je suis bien triste et affligée depuis quelques jours; les affaires paraissent prendre une meilleure tournure, mais on ne peut se ilatter de rien. Les inéchaiis ont un si grand intérêt et tous les moyens de retourner et empêcher les choses les plus justes; mais ce nombre des mauvais esprits est diminué ou au moins tous les bons se réunissent ensemble de toutes les classes et de tous les ordres, c'est ce qui peut arriver de plus heureux.

J'ai écrit à votre cousine pour lui dire adieu, ainsi qu'à sa mère. J'ai pleuré de sa réponse. Je ne vous dis point d'autre nouvelle, parce qu'en vérité, quand on est au point oil nous en sommes, et surloutaussi éloignés l'un de l'autre, le moindre mot peut ou trop inquiéter ou trop rassu-

(1 ) Colle lettre, é;rite deux ans plus tard, ne contient qu'une seule faute d'orthographe.

rcr. Mais, comptez toujours que les adversités n ont pas diminué ma force et mon courage. Je ne perdrais rien, mais seulement elle me donneraitplus de prudence; c'est bien dans des momens comme ceux-ci que l'on apprend à connaître les hommes, et à voir ceux qui sont véritablement attachés ou non; je fais tous les jours des expériences sur cela, quelquefois cruelles, mais bien douces, car je retrouve tout plain de personnes vraiment et sincèraent attachées, auxquelles je ne pensois seulement pas.

Madame, j'ai été bien fâchée de savoir que vous étiez partie, mais soyez bien sure que je ne vous oublierai jamais (2),

C'est la simple nature qui lui a dicté ces trois lignes. Celte pauvre petite entrait pendant que j'écrivais; je lui ai proposé d'écrire, et je l'ai laissée toute seule; aussi ce n'est pas arrangé. C'est son idée, et j'ai mieux aimé vous l'envoyer ainsi. Adieu, mon cher cœur, vous savez combien je vous aime et qiw jamais je ne peux changer.

Mille choses pour moi à votre mari, votre tille et Armand. Je les aime de tout mon cœur.

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