‹ SatanstoéChapitre 40 sur 194 · A M. COLBERT · texte numérisé non relu

A M. COLBERT

Versailles, le 15 avril 1671

Monsieur Colbert, on m'a dit que votre santé n'est pas trop bonne et que la diligence avec laquelle vous prétendez revenir, vous peut être ]/réjudiciable.

Je vous écris ce billet pour vous ordonner de ne rien faire qui vous mette hors d'état de pouvoir me servir en

arrivant à tous les emplois importans que je vous confie. Enlin, votre santé m'est nécessaire, je veux que vous la conserviez et que vous croyiez que c'est la confiance et l'amitié que j'ai en vous et pour vous qui me font parler comme je fais.

AU MARECHAL DE LA MEILLERAYE. Fontainebleau, le 25 octobre 1651.

Mon cousin, quand je n'aurois pas l'affection que j'ai toujours eue pour les jésuites, il sufliroit de celle que j'ai pour ma ville de Nantes, pour me faire désirer de les y voir établis, afin qu'elle ait part aux avantages que leur vertu et leur savoir ont accoutumé d'apporter i\ tous les lieux de leur résidence; c'est pourquoi je vous écris celte lettre qui vous conlirmera que vous ne sauriez me faire un plus grand plaisir que de vous employer de la bonne sorte pour faire réussir au plus tôt cet établissement. Comme ils ne prétende».* ni maison professe, ni collège, ni noviciat, se contentant d'un simple hospice dans quel-

qu'un des faubourgs, pour loger seulement sept ou huit personnes, sans demander aucun revenu, ni autre chose il ladite ville qui lui puisse être à charge, je ne vois pas quelle raison il y auroit de ne les vouloir obliger, d'ailleurs à des conditions différentes de tout le reste de la France, et contraires à l'édit de leur établissement. Et ainsi, n'y ayant ])lus d'autre difliculté que celle-là, je me promets de votre zèle et de votre dextérité qu'elle cessera bientôt. Je vous recommande derechef d'y travailler comme à une affaire que j'ai entièrement à cœur.

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