L'AN 1" DU RÈGNE DE LOUIS XVII
Monseigneur, c'est au généreux frère d'un roi que nous ne cesserons de pleurer, c'est à Votre Altesse royale que nous reconnaissons pour lieutenant-général du royaume de cet enfant intéressant et malheureux, pour la defense duquel nous avons pris les armes et sommes prêts à ver-
ser jusqu'à la dernière goutte de notre sang; c'es' au comte de Poitou, cette fidèle province qui, dans sa plus grande partie, h 1 exemple du Bas-Anjou et d'une portion de la Bretagne, s'est élevée la première contre les assassins de son Roi et les ennemis de Dieu et de son culte,
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que nous exposons avec confiance nos besoins et nos ressources, et 1 ardent désir que nous et nos intrépides soldats, aurions de voir Votre Altesse royale à leur tête, les diriger encore dans le champ de l'honneur et de la victoire.
Nous proliions, Monseigneur, de l'occasion d'un agent accrédité du gouvernement britannique, qui a percé mille dangers pour venir jusqu'à nous, pour déposer à vos pieds nos pressantes sollicitations, et un état détaillé ^e nos moyens et de notre position actuelle.
Nous prions M. Henri Dundas, ministre de S. M. Britannique, sous le couvert duquel nous nous adressons à Votre Altesse Royale, de vouloir bien se concerter avec elle, soil pour le débarquement, soit pour l'arrivée de ce qui nous manque pour l'entier succès de la glorieuse entreprise que nous avons commencée avec l'aide seule de cette éternelle et divine Providence, qui, la première, a inspiré ces simples, mais vertueux habitans de nos campagnes, et nous a préservés au milieu de tant de travaux, de dangers et de combats.
Venez, Monseigneur, venez! un petit-lils de saintLouis à notre tête sera pour nous et nos soldats le présage de nouveaux succès et de nouvelles victoires. Et, nous osons
vous l'assurer, nous serons invincibles, ayant parmi nous un prince héritier de tant de rois et pour lequel noire amour é^ale notre estime et notre vénération.
Mais, Monseigneur, si des circonstances impérieuses, 'si des impossibilités réelles empêchaient Votre Altesse Royale de se rendre à nos vœux, daignez au moins nous envoyer un officier-général, ou toute autre personne, revêtue de vos pouvoirs el digne de votre confiance, à laquelle nous nous ferons un devoir d'obéir comme à vousmême. — Nous sommes avec le plus profond respect, de Votre Altesse Royale, Monseigneur, les très humbles et les très obéissans serviteurs.
Les commandants généraux des armées catholiques el royales , et les officiers du conseil supérieur d'administration ,
DE LAROCnEJALAIS fils, D0\i\I5SA>f,