‹ SatanstoéChapitre 52 sur 194 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

EXORBE.

L'exorde n'a esté inslilué aaullrc usage que pour avoir bonne et paisible audience, rendre les escoutans bien affectionnés tant envers nous qu'envers la chose dont nous voulons parler : et par ces moyens les disposer a bien recevoir, et avec entière créance, ce que nous leur disons. Cela s'acquiert par les préceptes de benevolence et d'attention, qu'enseignent fort au long les maistres de Rhétorique. 11 suffit a un Roy, a qui son auctorité donne assés d'audience, de sobrement loiier les auditeurs, et la proposition ourequeste qu'ils font, avec tcsmoignage de l'avoir prise en bonne part : aussi parler de soi sans arrogance et avec dignité, leur asseurant que la chose dont il parlera est profitable au public, et a eus mesmes; sur tout il convient observer que l'exorde soit correspondant et proportionné au reste de l'oraison, comme l'entrée d'un logis au dedans, et a la grandeur de tout l'édifice. Autrement on diroit d'un exorde trop long a comparaison des autres parties ce que dist un certain philosophe aus Myndicns peuples de Carie, voïant leur ville très petite, et les portes bien grandes : mes amis fermés vos portes, de pocur que vostre ville ne sorte par là, et s'enfuie. On le peut aussi médiocrement orner de mots, et embellir de quelques sentences qui soient a propos : et quand on verra les auditeurs bien disposés a escouter, alors on proposera en peu de paroles ce dont on veult discourir. Laquelle proposition sera comme un lien pour joindre l'exorde a la narration.

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