‹ SatanstoéChapitre 69 sur 194 · LE PBOCÈS-VERBAL DE SON ARRESTATION ET SON ACTE DE MORT · texte numérisé non relu

LE PBOCÈS-VERBAL DE SON ARRESTATION ET SON ACTE DE MORT

Condorcct, dcnoncc à la Convention par l'ex-capucin Chabot pour son écrit sur la Constitution de l'an II, fut décrété d'accusation le 3 octobre 179Ô et quelques jours après mis hors la loi. Obiiité de chercher un asile, il fut accueilli avec un dévouement admirable par Mme Vernet, veuve d'un sculpteur, parent des grands peintres. Gardé presque malgré lui, et l'objet d'une surveillance toute malernelle, l'ancien secrétaire de l'Académie des Sciences charma sa solitude par la composition de son Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'Esprit humain, écrite sans le secours d'aucun livre. L'exécution des Girondins vint rappeler à Condorcet tous les dangers que sa présence fesait courir à son héroïque gardienne. Il résolut de fuir, el, le jour même où il allait s'exposer à une mort presque certaine, il écrivit les Avis d'un Proscrit à sa Fille.

« Cet écrit, dit M. Arago dans les belles pages qu'il a consacrées à l'éloge de son illustre prédécesseur, » je l'ai tenu dans mes mains et j'y ai trouvé partout les vifs redets d'un esprit élevé, d'un cœur sensible » et d'une belle ame. J'oserai dire en vérité qu'il n'existe dans aucune langue rien de mieux pensé, de » plus attendrissant, de plus suave dans la forme. »

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