ACTE DE MORT DE CONDORGET
« Aujourd'hui, dixième jour de germinal rail sept cent quatre-vingt treize (1) (30 mars 1794), l'an deuxième de la république française, à deux heures après midi, par devant moi, Jean Marin Auboin, membre du conseil général de la commune de l'Egalité, élu le trente-un décembre mil sept cent quatre-vingt-onze, pour recevoir les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès des citoyens en la maison commune , est comparu Edme- Laurent Cholot, jardinier, âgé de cinquante ans, domicilié en ladite commune de l'Égalité, Jean Crelté, menusier, âgé de vingt-sept ans, demeurant également dans la dite municipalité de l'Egalité, lesquels Edme-Laurent, Cholot et Jean Cretté ont été témoins.
(1) Il faut 1794. Cette erreur existe sur les deux registres de l'état civil à Paris et à Boûrg-la-Reine. Le jugement pour la réformation des noms n'a pas été retrouvé.
» Il appert qu'un individu, détenu dans la maison d'arrêt de la commune de l'Egalité, et ccroué sous le nom de Pierre Simon, ( les noms sont barrés sur les originaux et en marge se lit la même noie de rectilication qu'au procès-verbal d'arrestation) a été trouvé dans sa chambre mort par l'effet d'une apoplexie sanguinaire, ainsi qu'il résulte du rapport du citoyen Labrousse, oflicier de santé, expert du district ; appert, en outre que la délivrance dudit cadavre masculin a été fait par le juge de paix à l'agent national près la commune de l'Egalité, pour par lui pourvoir à son enlèvement ctà son inhumation au champ de repos en ladite commune de l'Egalité en présence desdits citoyens qui sont Edme-Laurent Cholot et Jean Cretté, et ont signé avec moi, en ladite maison commune de l'Egalité, les jour, mois et an ci-dessus.
J. B. N. CocRSAtrs, agent national.
J. Cretté, Cholot. J. M. Auboin, ofiîcier public.
Condorcet s'était dérobé à l'échafaud par une forte dose de poison, qu'il portait depuis quelque temps dans une bague.