PIERRE PERRIN
Né à Lyon, vint assez jeune à Paris, oîi il prit le petit collet, qui ne lui fut pas d'une grande ressource, n'ayant jamais eu de bénéfice. Après lamort de Voiture, qui arriva en 1648, Perrin obtint sa place d'introducteur des ambassadeurs auprès de Gaston de France, duc d'Orléans, oncle du feu Roi. Cet emploi, qu'il garda jusqu'en 1660, que mourut ce prince, ne l'enrichit pas beaucoup, non plus que la traduction en vers de l'Enéide de Virgile, et différentes poésies, qu'il fit imprimer en un volume. Cependant Perrin était né avec un esprit heureux et fécond; nous lui avons obligation du spectacle de l'Opéra, que des gens plus habiles que lui n'avaient osé entreprendre 11 est vrai que ses ouvrages sont peu limez, mais à, travers leurs défauts , on remarque souvent ce tour aisé et coulant, qui est le fond des bonnes par oies. Penia, au comble de ses vœux, par le privilège des opéras, eut le malheur de se brouiller avec le marquis de Sourdeac; ce marquis, sous prétexte des avances qu'il avait faites, s'empara du théâtre , et en expulsa Perrin. Ce dernier, au désespoir de cette injustice, profita de l'occasion qui se présentait, de céder sonprivilège àLully, qui en avait obtenu un pareil au mois de mars 1672 : Perrin après avoir reçu de sa Pastorale de Pomone, dix mille ecus, et sans doute un présent considérable de Lully, mourut au bout de six mois en prison, où ses créanciers l'avaient fait mettre.