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était tombé do même sans pousser un cri, sans prononcer une parole.
Asparsc releva en poussant un cri terrible; mais il cherebait encore de quel coup imprévu le roi avait pu être atteint , quand Euric, ouvrant avec fracas les portes de la salle où étaient assemblés les nobles de la nation , se prit à crier :
— A moi , il moi ! un infâme vient" d'assassiner notre roi... Voyez ! voyez, le voilà qui contemple sa victime !
— Moi ! s'écria Aspar.
— Lui ! dit Herme, lui! le fils de Thorismond! — 11 a voulu venger son père, répondit Euric.
Le tumulte effroyable qui suivit cette parole d'Euric, l'épouvante qui se peignit sur le visage d\Aspar, les ordres précipités que donna le prince pour son arrestation , la découverte surprenante de l'existence du fils de Thorismond; la raison plausible de la vengeance qui avait pu le pousser à un si grand crime , tout cela réuni ne permit pas de douter sur-lechamp de la vérité de l'accusation d'Euric.
Aspar fut entraîné au milieu des menaces et des violences de toute espèce. Vainement Herme voulut élever la voix : Euric lui imposa silence en l'accusant d'avoir conduit lui-même l'assassin dans le palais; d'ailleurs, c'était le prêtre catholique qui avait défendu Narbonne contre les Visigoths, c'était lui que Théodoric avait exilé à Toulouse , et qui s'en était échappé, sans doute pour accomplir son abominable crime ; il en faHait moins à des esprits prévenus pour croire à sa complicité , et l'ordre de son arrestation fut accueilli comme une justice. Personne ne chercha à s'enquérir, dans ce tumulte comment Barlhélemi avait paru soudainement dans celte assemblée, et l'étonnemenl de Herme fut grand quand le moine se retira, sans paraître vouloir s'occuper de ce qui allait se passer.
Théodoric avait bien jugé son frère : deux heures ne s'étaient point passées depuis sa mort, que déjà Gandoin avait été arrêté et que Léon était le conseiller d'Euric. L'esprit de ce Humain, en qui l'élude des lois n'avait point fait naître Ta* inour de la justice , fut facilement séduit par les espérances
dont Euric te llalta. Léon ne serait point le ministre obéissant aux volontés d'un maître , mais celui qui réglerait toutes les affaires de l'État , tandis qu'Euric ne s'occuperait que de la gloire guerrière des Yisigotbs. Le lendemain , les émissaires d'Euric parcouraient déjà tout le royaume en semant l'or et les promesses; et, quand le jour de rassemblée générale du peuple arriva , Euric était déjà assuré que toutes les voix se réuniraient pour le proclamer. Sans doute ce n'était point la nation qui avait élu le meurtrier de Tborismond , qui devait repousser le meurtrier de Tbéodoric; mais elle ignora ce crime jusqu'au moment où son choix était déjà consacré et irréparable.