‹ Satires de JuvénalChapitre 16 sur 30 · CXC NOTES · texte numérisé non relu

CXC NOTES

Il ne lai auroit pas ensuite demandé si , an lieu d'avoir un but, il ne'samusoit point à poursuivre les corbeaux à coups de tessons ou de mottes de terre :

An passim sequeris coiyos , testaque hitoque ?

Sat. III, ▼. 6l.

De quelque manière que Ton s*y prenne, on ne sa uroit justifier cette bigarrure. Le sublime exclut le trivial ; d'ailleurs , les pltis belles maximes et les images les plus grandes reçoivent presque tout leur prix de renchaînement des idées , et de la place qu'elles occupent dans le cours de l'ouvrage.

Si Perse , dans la satire dont il s'agit , a voulu mettre, en évidence la maladresse du pédagogue , il ne falloit pas lui prêter des vers magnifiques , à moins qu'ils ne fussent parodiés à la manière des anciens satiriques, et d'Horace luimême ; or , ceux que j'ai cités ne sentent point la parodie. Cette tirade n'est donc que l'un de ces morceaux de pourpre employés et cousus au hasard :

Purpureus late qui splendeat unus et alter

Assuitur pannus.

HoRAT., dâArt,poet., ▼. i5. ^

'^ L'histoire est plus piquante par la simple exposition des faits y que ces satires ( les satires de Perse ) ne le sont par ceux qu'il y sème crûment et sans art, page Ixxiv.] Témoin , entre autres, la singulière et bizarre expédition de Caligula contre les Germains. Ce prince, dit Suétone, ayant fait ramasser par ses soldats des coquilles sur le bord de la mer, les appela dépouilles de l'Océan. Voulant avoir à son retour les honneurs dû triomphe , il ordonna que l'on en fît les préparatifs aux moindres frais possibles ; et cependant il avoit ' ordonné que ce triomphe surpassât tous ceux que l'on avoit déjà vus, et qu'il fût de la plus grande magnificence {a).

(a) Triumpkum appararant quam minima summa , sed quantité num* quam alias fuisset. Suet , CaUff, , § 62*

Page 1