HOTES
de marqueterie , de nacre de perles et d'ébène^ Le soutien de ces tables les rendoit beaucoup plus cbères quand il représentoit un léopard ^ ou tel autre animal fabriqué du plus bel ivoire, enrichi de lames d'or et d'argent. Il paroic que cet objet de luxe prit faveur , parce que les Romains furent long-temps sans connoître l'usage des nappes et des serviettes. Les tableà à un seul pied se nommoient monop&diœ; à deuK pieds, bipèdes ; à trois pieds, tripedes :
Sit miki mensa tripes
HOEAT. , sat. XII.
XipUin [in appendice ad Ciaconium) dît que Sénèque' avok cinq cents tables à trois pieds : Quingentas tripodas habuit de ligno cedrino, pedibus eburneis, similes et paresinter se , in quibus cœnabat.
4*» L'estomac ^surchargé d'un paon mal digéré y v. i43.] L'orateur Q. Hortensius , l'émule de Cicéron , fut le premier qui apprit aux Romains à manger des paons , dans un repas qu'il donna lorsqu'il fut créé augure. Ils devinrent si fort à la mode , qu'on ne crut plus pouvoir donner à manger sans en servir; c'est pourquoi Cicéron, dans une de ses lettres, écrit àPaetus qu'il a donné à dîner à Hirtius sans lui servir de paon; sed vide audaciam y etiam Hirtio cœnam dedi sine patfone. Un certain Cnéïus Au&dius Lucro, ayant trouvé la manière de les engraisser , gagnoit tous les ans à ce trafic environ 7,5oo liv. Un troupeau de cent paons rapportoit à son maîti*e , suivant Yarron , près de 3,ooo liv. par an : on les vendoit jusqu'à i4 et i5 liv., et leurs œufs a8 ou 3o sous. ^
^' Tu cours au sortir de la table te plonger dans le bain, v. i4^.] D'abord on n'ouvroit jamais les bains avant deux ou trois heures après midi ; ensuite ils furent ouverts depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher. Alexandre
Sévère est le premier qui ait permis les bains publics pendant la nuit dans les grandes chaleurs de Tété. II. n*y avoit, sous les règnes précédens^ que les malades et les infirmes qui pussent prévenir l'heure accoutumée. Mais les riches firent construire des bains domestiques, et les voluptueux se baignoient après leurs repas.
^* QuÀ donc craindrois-je de nommer ? v. 1 53.] Parmi plus de trente, tant commentateurs que traducteurs, Isaac Grangaeus est le seul qui ait saisi le vrai sens de ce passage , en coupant le dialogue après simplicitas. Ces mots, cujus non audeo dlcere nomen , doivent être mis dans la bouche du poëte, et non du premier interlocuteur; le vers suivant en est la preuve , ainsi que le vers 170, dan? lequel Juvénal, un peu calmé, consent à n'attaqUer que les morts. Il paroît en effet qu'il a tenu sa parole : dans ses autres satires, la plupart des noms qu'il emploie sont, à l'exemple d'Horace, ou feints, ou empruntés des temps antérieurs', et quelquefois purement grecs. Au reste, ses satires, s'il les avoit publiées de son vivant , en aûroient été d'autant plus piquantes, qu'elles auroient laissé au lecteur le plaisir de deviner.
4^ Son cadavre tratné sur Varène y tracera un large sillon, V, 157.] Tacite et Sénèque ont fait mention de cet affreux supplice, particulièrement infligé aux chrétiens, sous le règne de Néron. On leur mettoit une robe soufrée , dit Sulpitius ( Sacr, Hist,, lib. 11 ) y ut , cum defecisset dies y in usum noctumi larninis urerentur. C'est ce que Juvénal, sat. VIII, V. a3 5 , appelle tunica punire molesta. •— £t latum média , etc. Ce vers et les deux précédens sont sujets à diverses leçons; j'ai suivi celle de Graevius, adoptée par Henninius.
* La difficulté de l'explication de ces deux vers , qui ont tant exercé les commentateurs , repose d'abord sur stantes ardent qui,., fumant, et sur le vers suivant : £t
iatuM.,, saicum.„ deducU , etc. , le diiangemeiit de nombre est cboquant et implique oontradictioii. Cette difficulté cesseroit si l'on adoptoit la coi^ect ure que nous avons proposée à cette occasion dans notre édition latine de Juyénal ( 1816 ), tome 1 , page ^7. Dans Toriginai y écrit de la main de Vautour, il y a voit peut-être : qua stans exardet, qui fixo guiture fumât y et latum média sulcum deducit arena. Les copistes, de eœ auront fait es; ainsi ils auront lu sta^a es, et k fumât ils auront mis le trait -sur Va, ce qui aura fait fumant. On sent bien qu'en hssaà : Tiàda lucebis in ilia^ qtÊœ stans ejcardet qui.J fumât et latum... deducit , le passaZge est très-dair. Cependant je né propose cette correction qule comme une coo^ectute. {Note de V Éditeur, )
^^ Dont les cendres reposent iè iong jde la. voie LaHne et de la voie FUunime, v. 171.] Les Romains plaçoient le plus souvent leurs tombeaux le long des grands chemins; c'est pourquoi on y trouve encore aujourd'hui beaucoup de cippes ou colonnes sépulcrales , sur leaquettes om voit des inscriptions qui font connoxtre l'étendue du terrain autrefois consacré par Finbumation.
lïOTE sua TiGELLiN, satire i, vers i55.
Ç. Fukinius (où Sophonius , suivant Tacite, et Diolk) Tigeltinus , né à Agrigente , d'un père jfiauvre , végéta long-temps à Sillacée, sans y élre cètaau. Mais^ cpitefiie il étoit jeune , beau et bien fait , il pluit stngulièremeut à Bincîus et à L. Domitius , maris d'Agrippiné et de Fulvia, sœurs de l'empereur; le commerce qu'il entretenoit avec l'un et l'autre époux ne resta pas long -temps cachfê, et les deux femmes, justement jalouses, le firent chasser de Rpme. Il fut réduit, pour subsister , à exercer le métier de pécheur; puis, ayant recueilli un héritage, il obtint son rappel à Rome, à la condition de ne point paroître devant
SUR LA SATIRE II. Zq
Claude, et pour raison. Il acheta des bois daus la Fouille et la Calabre , et se mit à noarrir et à drçsser pour la course des chevaux d'attelage. XHette nouvelle profession, en l'enrichissant de plus en plus, le fit connoître à Néron, qui le prit avec lui* Ce fut ce Tigellin qui inspira à ce prince le goût des courses et des représeptations théâtrales. Après la mort de Néron , les Romains demandèrent à grands cris la mort des favoris, entre autres de Halotus et de THgellintks. Galba livra à la vengeance du peuple tous les favoris, excepté Halotus et Tigellin. Il donna au premier un ma^ifique emploi dans les provinces. Quant à Tigellin , non-seulement il lui laissa la vie et la liberté , mais encore il blâma le peuple de rachamement qu'il montroit contre rahcien fayorf. Ces renseigneinens sont tirés duviieux SckoUaste deluvénal.
( Note de V Éditeur,)
SATIRA II.
HYPOCRITiE.
Ultra Sauromatas f^gere hinc libet et glacialem Oceanum , quoti^s aliquid de moribus ^udept Qui Curios simulant ^ çt Bacchanalia vivant.
Indocti primum , quamquam plena omnia gypso Chrysippi invenias : nam perfectissimus horum est, Si quis Aristotelem similem ye\ Pittacoi^ émit , Et jubet archétypes plutéum servare Cleanthas.
Fronti nuUa fides. Quis enim non vicus âbundat Tristibus obscœnis? Castigas turpia , quum sis Inter socraticos notissima fossa cinaedos ?
Hispida membra quidem et durée per brachia setae Promittunt atrocem animum ; sed podice laevi Caeduntur tumidae, medico ridente, mariscae.
Rarus sermo illis, et magna libido tacendi , Atque supercilio brevior coma. Verius ergo, Et magis ingénue Peribonius : hune ego fatis Imputo, qui vultu morbum incessuque fatetur.
Horum simplicitas miserabilis , bis furor ipse Dat veniam; sed pejores qui talia verbis Herculis invadunt, et de virtute locuti Clunem agitant. Ego te ceventem , Sexte , verebor , Infaniis Varillus ait? quo deterior te?