OVID
^7 Un autre Gracckus surpassa ces horreurs y etc., v. 14^0 Cette hyperbole ne doit point surprendre,; les vrais Romains avoient encore plus d'horreur de l'avilissement volontaire que du crime; d'ailleurs Juvénal n'exprime ici que l'opinion publique. —^Zon^utf le trident en main , et resfétu de la tunique des gladiateurs. Le rôle de Gracchus dans cette conjoncture étoit celui de rétiaire. Les rétiaires portoient un trident d'une main , et un filet de l'autre ; ils combattoient en tunique y et poursuivoient le myrmillon, eniui criant : « Ce n'est pas à toi» Gaulois, que j'en veux; c*est à ton poisson;» Non tepeio. Galle, sed piscem peto. — Il parcourut V arène enfuyant le myrmiUon. Les myrmillons étoient armés d'un bouclier et d'une faux, et portoient un poisson sur le haut de leur casque. Les Romains leur avoient donné le sobriquet de Gaulois. — Idii qui Vemportoit sur tous les spectateurs assis aux premiers rangs. Les sénateurs , les magistrats , l'éditeur du spectacle et l'empereur- occupoient le premier rang, qui s'appeloit podium. Rien ne ressemble plus au podium qu'une longue t^bune on un grand péristyle circulaire. Les gradins des chevaliers étoient immédiatement au-dessus du podium : ils en avoient environ quatorze. Au-dessous du podium étoient des loges ou voûtes où l'on renfermoit les bétes qui dévoient combattre : ces loges s'appeloient eupete ; elles étoient de niveau avec l'arène. — Sans excepter celui qui payoit sa
SUR LA SATIRE II. Jl
bassesse. Les édiles eurent d'abord l'intendance ie ces jeux cruels ; ensuite les préteurs y présidèrent : enfin Commode attribua cette inspection aux questeurs.
^^ Lorsque le trident en main ^ et revêtu de la tunique , etc, , V. 14S.] La tunique de Gracchus, quant à la forme >ressem* bloit parfaitement à celle des rétiaires, mais elle étoit d'une étoffe précieuse ; et c'est pourquoi Juvénal a dit simplement tunique ; sans ajouter des rétiaires. Je m'étendrai davantage à cet égard dans la satire vin y vers 201 » où il sera encore question des combats de Gracchus.
^9 Qu'il y ait des mânes , etc. , v. 1 49.] U paroît par la mythologie des anciens y qu'ils n'avoient pas des idées bien fixes sur la signification de ce mot ; ce qu'oa peut en re^ cueillir de plus constaté , c'est que souvent ils prenoient les mânes pour les âmes séparées des corps ; d'autres fois pour les dieux infernaux, ou simplement comme les dieu3^ ou génies tutélaires des défunts. Le mot mânes étoit pris aussi quelquefois pour les enfers en général :
Bœc mânes 'vemet mihi/ama sub imos,
ViRG.
Voici quatre vers attribués à Ovide, dans lesquels on ne dit point ce que c'étoit que les mânes , mais où Von apprend le lieu qu'ils habitoient :
BU duo sunt homini : martes , caro, spiriius , umbra.
Quatuor ista , loci bis duo suscipiunt.
Terra tegit camem , tumulum circumvolat umbra ,
Orcui habet mahes , spiritus astra petit.
De tous les anciens, Apulée est celui qui, dans son livre de Deo Socroiis , parle phis clairement de la doctrine des m^es. «L'esprit de l'homme, dit^il, après être sorti du « corps, devient une espèce de démon , que les anciens Latins
« appeloient Lémures; ceux d'entre les défunts qui étoient « bons , et prenoient soin de leurs descendons , s'appeloient « Xane^y^z/nZ/Mire^; mais ceux qui étoient inquiets 9 turbulens « et malfaisans 9 qui épouvantoient les hommes par des appa- « ritions nocturnes , s'appeloient Laivœ ; et lorsqu'il étoit « incertain ce qu étoit devenue l'âme du défunt , si elle avoit « été faite lar ou larva , on l'appeloit mdne, » Quoiqu'ils ne déifiassent pas tous les morts , cependant il étoit reçu chez eux que toutes les âmes des gens honnêtes devenoient autant d'espèces de dieux; c'est pourquoi on lisoit sur les tombeaux ces trois lettres initiales : D. M. S., qui signifioient dits manibus sacrum.
*® Si ce n'est dans la plus tendre enfance y v. i5a.] On lit dans le texte : Nisi qui nondum œre lapantur. Ce qui signifie : Si ce n'est ceux qui ne paient pas encore pour entrer dans les bains , soit qu'on n'y fût admis qu'à un certain âgé, soit plutôt que l'on fût dispensé dans l'enfance de payer au baigneur la quatrième partie d'un as, qui étoit le prix ordinaire.
*' Gardons-nous d'en douter, v. i53.] Observez que Sed tu vera puta ne signifie pas « mais supposons une autre vie. » Ce n'est point ici une hypothèse de la part de Juvénal; il est évident qu'il croyoit, avec Properce , que nous ne mourrons pas tout entiers.
Sunt aUquid mânes ; Uthum non omnia finit,
P&OP. ,lib. !▼, eleg. yii.
^* Ils remettent de n'avoir plus ni soufre ni laurier pour se purifier y v. i57.] L'expiation étoit un acte de religion généralement établi dans le paganisme , pour purifier les coupables, et les lieux que l'on croyoit souillés , ou pour apaiser la colère des dieux que l'on supposoit irrités. La cérémonie de l'ex^ piation ne s'employa pas seulement pour les crimes ; elle fut pratiquée dans mille autres occasions différentes : ainsi
ces mots si fréquens chez les anciens, expiare , lustrare , purgare , februare , signifioient faire des actes de religion pour effacer quelque faute ou pour détourner les malheurs, à l'occasion des objets que la superstition présentoit comme étant de sinistre présage.
^^ Qu'importe d'at^oir récemment soumis la Bretagne et les Orcades à notre empire, v. x6o.] L'empereur Claude triompha des Bretons , et fit la conquête des Orcades. Modo , que j'ai traduit par récemment, signifie quelquefois un temps éloigné. Valère Maxime ( liv. i , chap. i ) l'emploie pour un espace de soixante ans; et Juvénal, au vers 73 de cette satire, s'en sert pour marquer un temps plus reculé.
Juvénal dit que les Bretons n avoient presque point ^e nuit, minima contentos nocte, etc. On retrouve ce préjugé dans les historiens. Foyez Tacite, Fie d'Jgricola, et Pline, liv. 11, chap. 75.
** Cest ainsi qu'on devient homme en cette ville, v. 167.] Hicfiunt homines est très- bien expliqué par ces deux vers de Martial :
Dum puer es, redeast dum quitus !ubrieus , et te IVon Idfye/aeùtt, sed tua Roma virum,
Lib. xx#epigr. 57.
' ^* Dans Jrtaxate, etc., v. 170.] Cette ville étoit alors la capitale de l'Arménie : Caput gentis Artaxata* Tacit.
SATIRA III.