‹ Satires et chantsChapitre 10 sur 148 · I.A voix SOUTERRAINE · texte numérisé non relu

I.A voix SOUTERRAINE

Invoque donc l'enfer et ses dieux redoutés !

Peut-être qu'à ta voix, ces vieilles déités

Se remûront au fond de leur gouffre de flamme ,

Pour te prêter l'appui que ta douleur réclame.

ÉROSTRATE

Hélas! puisqu'à mes vœux tous les dieux restent sourds, Que Cypris m'abandonne et Téthys m'est contraire. Que je suis repoussé de l'onde et de la terre, Et que j'erre en tous lieux sans force et sans secours, Jl faut bien à la fin que ma voix vous implore. Dieux voisins de l'enfer, Telchines noirs et lourds , 0 vous qui connaissez le mal qui me dévore. Comme les fruits tombés d'une palme incolore Ne laissez point périr les plus beaux de mes jours !

LA VOIX SOUTERRAINE

Écoute, il est non loin de cette plage Où le flot t'a poussé sur son dos écumant, Au pied d'une colline, au sein d'un vert ombrage,

Un noble temple, Immense monument.

C'est de la Grèce antique une des sept merveilles ; C'est là que les humains, dès les jours les plus vieux,

Ont entassé des choses sans pareilles.

Le porphyre, l'or pur et les bois précieux;

Là, l'Ionie entière Adore avec transport la déesse aux trois noms , Celle qui dans la nuit dispense la lumière. Poursuit, l'arc à la main, les biches sur la terre. Et préside aux tourments dans les enfers profonds.

ÉROSTRATE

O dieux ! serais-je près du saint temple d'Éphèse ? Et l'ouragan fatal m'aurait-il emporté Vers la divinité que jamais l'on n'apaise, Une fois que son cœur par l'homme est irrité?

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