‹ Satires et chantsChapitre 118 sur 148 · LE CID · texte numérisé non relu

LE CID

l'arcere subjectis..

Virgile.

Toi qui près de Chimène, au caveau de tes pères, Sur le sol castillan reposes tes grands os, Que ne peux-tu sortir de la tombe, héros. Pour parler de devoir aux âmes meurtrières!

Ah ! si tu le pouvais, tu leur dirais : « Mes frères, Ne soyez ni pillards, ni geôliers, ni bourreaux, Et, tous, souvenez-vous, guerriers des temps nouveaux. Comment, vieux chevaliers, nous combattions nos guerres :

Invincibles porteurs de glaives longs et lourds, Dans le sang africain on nous voyait toujours Prompts à laver du Christ les mortelles injures;

Mais le More abattu qui nous tendait la main , Jamais, au grand jamais, ne la levait en vain; Car honneur et pitié logeaient sous nos armures. »

HÉLOiSE.

Me taiiien uril Amor,.

VlKGILE.

Qu'est-ce aimer, si ce n'est abandonner son âme

A tous les purs transports du divin sentiment,

Ne voir en l'univers que l'objet de sa flamme

Et comme un souffle aux cieux s'y fondre entièrement'?

Qu'est-ce aimer, si ce n'est, quand l'aimé le réclame, A son propre malheur courir aveuglément Et faire du cruel qui votre cœur entame La sérénité pleine et le contentement?

Et ce fut là ta vie, en ce monde, Héloise! 0 chrétienne Sapho, colombe que l'Église Toute chaude d'amour entre ses bras reprit.

Ton maître, t'immolant à sa vaine science, Eut beau sur toi du cloître étendre le silence , Ton cœur sera toujours plus grand que son esprit.

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