LES MORTS DE JUILLET
Mourir pour le pays est un si digne sort.
COUNEILIE.
Recevez, recevez l'hommage de ma voix, Morts sacrés des trois jours, victimes du parjure. Enfants du grand Paris qui pour venger l'injure Avez rougi de sang le bouclier des lois!
Hélas ! vos braves cœurs , en venant sans effrois Des balles affronter le terrible murmure. N'étaient peut-être pas tous exempts de souillure. Plus d'un de la misère ayant porté le poids.
Peut-être... mais le ciel a des mesures hautes; Un jour de dévoùment rachète bien des fautes; La Mort a bien lavé des taches ici-bas.
Combattants des trois jours! quand vous rendîtes l'âme,
Sur vous le sacrifice avait passé sa flamme,
Et tous également Dieu vous prit dans ses bras.
DENIS AFFliK
0 piteous spectacle, o bloody tiiiies ! Shakspisare.
Précédé seulement d'un verdoyant rameau, Par l'éclat du canon, et le bruit de la balle. Vers le sombre faubourg où le rouge drapeau Dressait sur les pavés sa lueur infernale.
On le vit avancer, et sa voix cordiale
Disait à qui pour lui redoutait le tombeau :
« Il me faut arrêter cette lutte fatale;
Le bon pasteur s'oublie et meurt pour son troupeau.
Hélas! hélas! la mort ne se fit pas attendre : A peine laisse-t-il parler son âme tendre Que le voilà frappé du plomb d'un furieux.
O prélat magnanime! ô rage meurtrière!
Un long cri de douleur retentit sur la terre. Mais quel chant d'allégresse au royaume descieux!