UN JEUNE SYRIEN
D'après une lettre du révérend père Rousseau, missionnaire en Syrie, à l'époque de l'éTénement.
On ne sait pas ton nom, mais on sait ta vaillance, Enfant de quatorze ans! on sait qu'un jour hideux, Dont les siècles longtemps garderont souvenance, Tu fus l'humble martyr d'un élan généreux.
Devant le cimeterre insolent, furieux Des Druses et des Turcs unis pour la vengeance, Tu t'écrias : « Je suis fils de chrétiens, je veux. Quoiqu'on fasse de moi, conserver ma croyance! »
Et ta tête roula sous le fatal tranchant
Comme un rouge pavot que traverse en fauchant
Le fer du moissonneur; mais ta phrase sublime
N'est point tombée avec, et les cœurs pleins de feu Qu'exalte encor le bien jusques au sein de Dieu En loueront ta belle âme , ô héros anonyme!