‹ Satires et chantsChapitre 17 sur 148 · LES VENTS · texte numérisé non relu

LES VENTS

Dragons, esprits du feu, déroulez vos spirales! Nous venons à votre aide avec nos siflUements ; Voici le temple offert à vos enlacements; Ouvrez vos gueules infernales !

LES TELCIIINES.

Sous la terre pesante, allons, frères, tournons ! L'homme enfin va venger nos antiques affronts.

ÉP.OSTRATE.

Il sort de l'édifice, et, lorsqu'il est descendu, il s'appuie contre un arbre, en face du temple.

Mes deux mains ont agi : la chose est consommée. Dans tout le monument la flamme renfermée Mugit, roule, et bientôt, débordant vers les cieux. Portera ses chaleurs jusqu'au palais des dieux. Ah! mon cœur se désenfle! ah! je vis, je respire Comme un homme longtemps pris d'un ardent délire. Et sur qui le repos vient descendre un instant. On dirait tout d'un coup qu'un large jet de sang Soulage en s'écoulant le trop-plein de ma veine. Ah ! quel que soit mon sort , je n'ai plus l'àme en peine : Comme Ajax, j'ai trouvé dans un autre Ilion Le linceul radieux qui doit couvrir mon nom.

L'incendie éclate, le peuple arrive.

Page 1