VOIX AU DEHORS
Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé....
LA FRANCE, étonuée.
Déjà l'on me répond!
POT-DE-VIN
Oui, le peuple répète Tes chants; tout est sans voix quand ta voix est muette, O France I mais du jour où la moindre clameur S'épanche de ta lèvre , une vaste rumeur
102 S ATI Ri; S DRAMATIQUES.
S'emparo di-, ri'iiiiiir(?, et, comme une grande onde, Émeut k- jiciiplu ciitiiT dans sa masse profonde.
On entend des coups de fusil.
LA rr. A\CE.
Quoi! déjà la batailU; avant de faire un pas!
Un garde tout effaré se précipite dans la salle.
LE GARDE
Que voulez-vous?
LE GARDE
Reine, n'avancez pas.
Tout au fond du palais rentrez, je vous en prie!
LA FRANCE
Explique ta pâleur!
L i; GARD E.
Un monstre, une furie, Méprisant le rempart de nos mousquets serrés, De ton noble palais a franclii les degrés.
LA FRANCE
L'émeute encore !
LE GARDE
Hélas!
l'OT-DE-VlN.
O Mammon, ô mon père!
Je reconnais ici l'empreinte salutaire
POT-DE-VIN
De ton bras protecteur. — Allons, vienne le sang! Qu'il mette les désirs de la France au néant.
Un liouime à demi nu parait traînant par les clievetu deux cadavres.
Ouellc horreur!
LA FRANCE
LES NATIONS
Que nous veut cette figure humaine D'où le sang chaud jaillit comme d'une fontaine, Ce monstre de l'enfer, de carnage écumant?
LE MElRTJtE.
Je suis le Meurtre atroce et le père du sang.
Je viens coller ma lèvre aux lèvres de la France,
Teindre sa robe blanche en rouge de garance ,
Et pour lit amoureux lui faire un matelas
Des deux corps mutilés qui pendent à mes bras.
LA IRANCE.
Arrière, loin de moi les baisers de cet être!
LE MEURTRE
Pourquoi me repousser? tu dois me reconnaître :
C'est moi qui, sous l'habit du terrible Danton,
Au seuil ensanglanté de plus d'une prison ,
Fis travailler la Mort comme un ardent manœuvre ;
C'est moi qui, toujours ivre, et pour achever l'œuvre.
Donnai, ïude jouteur, le signal des combats
En immolant un roi sous l'œil des potentats;
Moi qui fis ruisseler d'une pique brutale
Les longs cheveux épars de la blonde Lamballe.
]04 SATIRES UHAM-\TIQUES.