‹ Satires et chantsChapitre 38 sur 148 · LE PAGE · texte numérisé non relu

LE PAGE

Je le crois.

Eh bien, avertis-les qu'il faut que je leur parle.

Le page sort.

Vraiment, cette i)artie est fort jouable encor, Et je ne me vois pas en complète déroute.

AGAPIT ET SPA.\NOCHI.

Que nous veut monseigneur?

Tenez, nions Agapit, Il faut que sûrement et vite cette lettre Parvienne au roi de France, à Milan. — Spannochi, Cette autre lettre est pour notre saint-père, à Rome, Cette autre est destinée à Jean Bentivogli , Cette autre au cardinal Orsini , puis cette autre Au jeune chevalier Orsini, son neveu.

C'est bien au chevalier ainsi qu'à l'Éminence Que monseigneur entend...

Oui, ces lettres pour eux, Avec cette autre uucor pour Petrucci de Sienne. Ayez d'adroits porteurs, rapides, payez bien;

CESAR BOKGIA.

De ces envois, tous deux, vous êtes responsables, Pai-tez... Si vous trouvez Francesco sur vos pas, En passant dites-lui qu'il vienne avec sa plume.

Ils sortent.

Allons! ce n'est pas mal préparer mes lacets

Que de les recouvrir d'une couche glueuse...

C'est bien de faire un don d'argent au cardinal ,

D'endormir les deux chefs de Pérouse et de Sienne ,

En renonçant à tout projet sur leurs États,

Et d'engager aussi mon saint homme de père

A flaoter les Oursins en jurant d'abdiquer

Au profit de l'un d'eux, — 11 est surtout fort sage

De lui faire savoir que j'ai besoin d'argent...

Quant à Sa Majesté le monarque de France,

Je lui demande envoi de cinq cents bons soldats.

De l'argent et du fer, voilà les vrais remèdes;

Bien fou qui désespère avec de tels secours!

Les brutes et les sots , que Miguel et don Hugues !

Se laisser écraser par un Vitellozo!

Seigneur de Castello, nous ne sommes pas quittes,

Et quelque jour, sous peu, je vous le ferai voir.

LE PAGE, reparaissant.

Monseigneur!

CÉSAR

Que veux-tu?

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