‹ Satires et chantsChapitre 78 sur 148 · HYMNE A LA TERRE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA TERRE

Lorsque l'homme, animé d'une haleine immortelle, S'élança tout vivant du vaste sein de Dieu , L'Objet qui le premier frappa son œil en feu Ce fut le corps charmant de la jeune Cybèle. Le soleil sur son front aimait à resplendir. Les vents harmonieux baisaient sa chevelure , Et sa gorge embaumée était si blanche et pure , Qu'entraîné par l'attrait de la belle figure, L'homme ouvrit les deux bras et voulut la saisir.

Mais elle recula devant l'étreinte avide ,

Et, comme en un désert, à l'aspect du chasseur,

L'antilope à l'œil bleu s'enfuit d'un pied rapide ,

Elle perça des airs l'humide profondeur.

Et la voilà courant, bondissant dans l'espace.

Laissant ses longs cheveux ondoyer follement.

Présentant au soleil ses deux aeins pleins de grâce,

Et découvrant à riiomuie emporté sur sa trace De sublimes beautés à chaque mouvement.

Cl Arrête, arrête-toi, divine créature !

Et tourne sur mes yeux tes yeux calmes et doux ;

Comme toi, je suis fils de la sainte nature,

Je porte le nom d'homme et je suis ton époux.

Dieu nous fit l'un pour l'autre , ô Vierge vagabonde !

L'un par l'autre il voulut que nous fussions heureux;

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