Livre-moi donc sans peur ta poitrine féconde
Nous n'aurons pour témoins de notre amour au monde
Que la voûte du ciel et les astres nombreux, n
Elle n'écoutait rien , et la parole humaine Tombait dans l'univers comme un bruit sans échos, Et bondissant toujours et sans reprendre haleine. Elle frappait les airs de ses pieds inégaux. Cependant l'homme ardent, toujours à sa poursuite. Redoublait ses efforts comme un coursier sans frein : Déjà sur son épaule il élevait la main , Quand, toute haletante et lasse de sa fuite. Elle se transforma d'un mouvement soudain.
L'homme alors à ses pieds vit s'ouvrir et s'étendre Les cercles ténébreux d'un abîme sans fond. Un gouffre tout rempli de fumée et de cendre Au sein duquel roulait un bruit sourd et profond: Là , l'éclair agita son aile flamboyante , Le tonnerre gonfla sa voix rauque et bruyante , Et des blocs de granit montèrent dans les airs ; Le soleil se voila: les cieux furent couverts Des reflets empourprés d'une lave bouillante.
A ce grand changement l'intrépide coureur Se sentit pénétré d'une extrême terreur.