‹ Satires et chantsChapitre 88 sur 148 · HYMNE A LA LIBERTE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA LIBERTE

Liberté, Liberté! fontaine de la vie, Source du mouvement qui n'es jamais tarie, Et qui coules sans fin des profondeurs du ciel, Éther pur et sacré ! la terre tout entière , Depuis l'être penseur jusqu'au grain de poussière. Aspire après tes effluves de miel !

Écoutez la rumeur bruyante.

L'éternelle rumeur de ses flancs sans repos : Les germes enfermés sous l'argile pesante Percent les murs épais de leurs étroits cachots ; Les vermisseaux captifs déchirent leurs cellules. L'air comprimé par l'eau s'échappe en mille bulles, La fleur de ses bourgeons coupe les verts réseaux , Et l'animal caché sous une peau grossière Enfonce avec le front le ventre de sa mère-, Enfin , tout ce qui vit sur ce globe agité, Tout tend à'tejeter le tissu qui le gêne ,

A déchirer son lange, à secouer sa chaîne, Pour atteindre d'un bond et boire d'une haleine L'air de la Liberté.

O sublime élément, ô parfum préférable Aux plus douces odeurs, au plus suave encens, Parfum que de Saron la rose délectable N'égale pas au jour des zéphyrs renaissants; Viens pénétrer la terre , et , comme une onde pure , Descends jusques au cœur de sa forte nature ; Jamais pour recevoir l'épanchement sacré Son vaste sein ne fut mieux préparé.

La grande humanité, sa fille.

Tout entière est debout sur ses flancs découverts, Et comme, au temps passé, dans le sein des déserts, Des Hébreux affamés gémissait la famille, De même, les bras hauts vers la voûte qui brille, La lèvre palpitante et le regard en feu ,

Elle attend la manne de Dieu.

Ah ! du nord au midi , du couchant à l'aurore. C'est toi qu'elle désire et c'est toi qu'elle implore, C'est toi qu'elle demande à tous les vents du ciel , C'est pour toi nuit et jour qu'elle veille et soupire. C'est pour toi qu'elle pleure et pour toi qu'elle expire , Toi , son rêve éternel !

Liberté, Liberté! que ton souffle de flamme Soit le souffle d'amour qui passe dans les airs, Quand le printemps renaît, et lorsque sa grande âme Fait couler par torrents la neige des hivers!

Liberté, Liberté! que ta brûlante haleine Ressemble aux jets dorés du spleudide soleil.

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