HYMNE A LA LIBERTE
Lorsque l'astre, montant à l'orient vermeil, Couvre de mille fleurs la montagne et la plaine!
Que tout ce que la terre en ses flancs convulsifs Roule de vœux ardents, d'espérances hautaines. Que tout ce qu'elle y tient d'amours pures et vaines , D'élancements restreints et de désirs captifs, A ton souffle fécond , à tes chaleurs nouvelles , Sente renaître en soi des courages plus vifs, Et parte avec des ailes.
Que toute créature, excepté le méchant, JNe trouvé point d'obstacle à son vital penchant, Et , selon sa nature et selon son caprice , De cent mille fajçons croisse et s'épanouisse; Et , pareil à l'étoile ou la comète en feu Que nulle main n'arrête à travers le ciel bleu , Aux champs de l'infini que tout monte et jouisse Des ivresses de Dieu !