‹ Satires et chantsChapitre 96 sur 148 · HYMNE AU FROMENT · texte numérisé non relu

HYMNE AU FROMENT

Au valeureux soldat qui défend la patrie. Au prêtre infirme et vieux qui confesse et qui prie, Aux enfants de la veuve, à l'indigent manchot, Et même au malfaiteur au fond de son cachot. Tous les hommes ont droit à la terrestre manne, Tous , quel que soit le rang où le sort les condamne , Leur labeur élevé, leur rôle obscur et bas. Et leur sombre destin roulé jusqu'au trépas. Tous ont un droit égal aux champs de la nature, A leur morceau de pain, leur part de nourriture; Aussi bien que l'oiseau que tu nourris dans l'air Et le poisson muet aux gouffres de la mer. Aussi bien que le tigre et les biches peureuses Au sein des chauds déserts et des forêts ombreuses : Car tous sont les rameaux pleins de vitalité De l'arbre verdoyant qu'on nomme humanité. Et cet arbre est, grand Dieu, la plus belle semence Qui soit tombée un jour de ton giron immense.

YM\E A LA VIGNE.

Enfant chéri de la France, ma mère, Plante aux reins tortueux, à la feuille angulaire,

Que le soleil caresse avec amour.

Ne laisse point tarir ta sève salutaire; 0 Vipine! nourris-toi des parfums de la tt'rre, Et bois avidement les feux brûlants du jour.

Tu n'as plus, il est vrai, les fêtes magnifiques

Dont jadis t'honorait la belle antiquité.

Les hymnes délirants, les danses impudiques.

Et les bonds du thyrse effronté; Les pampres couleur d'or, aux grands jours de l'automne, Ne sont plus arrachés à tes souples rameaux.

Et, sur le front des dieux ruraux, Ne se contournent plus en épaisse couronne. Pour les lynx mouchetés et les fiers léopards, Tu n'es plus un sujet de bataille sanglante; On ne voit plus lu jus du ta grappe écumante

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