‹ Satires et poèmesChapitre 31 sur 43 · LES ENFANS · texte numérisé non relu

LES ENFANS

Ma mère , que de maux dans ces lieux nous souffrons î

L'air de nos ateliers nous ronge les poumons,

Et nous mourons, les yeux tournés vers les campagnes,

Ah ! que ne sommes-nous habitans des montagnes ,

Ou pauvres laboureurs dans le fond d'un vallon;

Alors traçant en paix un fertile sillon ,

Ou paissant des troupeaux aux penchans des collines ,

L'air embaumé des fleurs serait notre aliment

Et le divin soleil notre chaud vêtement.

Et s'il faut travailler sur terre , nos poitrines

Ne se briseraient pas sur de froides machines,

Et la nuit nous laissant respirer ses pavots ,

Nous dormirions enfin comme les animaux.

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