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Quelque jour oa se prend à part Et l'on se dit, mais un peu tard , Mon ami, vous me faites peine :
Mon bon ami! mais votre veine, A voir les choses sainement , N'est ni veine d or ni d'argent.
Je vous crois même, à vous tout dire , Un peu... là, là! Loin d'en médire , Je vous en fais mon compliment, c Heureux, dit la Sainte Écriture, — Vous savez qui? n*en ayez cure — Heureux donc, et je leur promets Pour une éternité future De bons vins et d'excellents mets , Choses bonnes de leur nature. »
Peut-on mieux traiter ses amis ?
Point que je sache. On a beau dire , C'est tentant de prêter à rire , Quand de tels biens nous sont promis.
Cependant cet arrêt suprême
Vous semble-t-il trop dur, quand même,
Reprend alors notre Bon Sens
S'érigeant en juge céans.
Nous pourrons liquider la chose.
Ça vous va-t-il? — Bien. — Je propose:
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— Ci, quatre rames de papier A votre voisin l'épicier :
Telles que Chansons où Dieu garde Ledit voisin qu'il y regarde , Car il est padique, et Ton croit Qu'il sait Barème au bout du doigt.
Ça vous étonne? ainsi progresse Notre monde ; on le tient en lesse, Mais il ne cesse de marcher:
Aussi vous ferait-il un crime De chaque vers le plus sublime, Pour peu qu'il l'aperçût clocher Du pied, du sens et de la rime :
Où l'esprit va-t-il se nicher? — Plus , quelques cents de Rêveries , Toutes , pauvres fleurs dépéries « Lamentant leur défloraison, « Autrefois jeunes et chéries , Mais toute chose a sa saison ; — Plus, un pauvre et maigre Poëme Qu'on dirait avoir dès long-temps Souffert des rigueurs du carême Ou de l'aiguillon des méchants ; — Plus, de Farces Dieu sait le nombre!
Plus, un Mystère à l'air si sombre Que vous fûtes U premier sot
A n'y pas entendre un seul mot ; —
Plus , que sais-je? des Comédies
Dont le trait le plus surprenant
Fut, entre autres choses hardies,
De mettre en scène un revenant ; —
Plus, parmi d'autres rapsodies,
Des Vaudevilles dont un seul
Eût , du bon temps de nos grand'mères ,
Immortalisé votre aïeul .-
Ce sont des vérités amères ,
Mais ne crois pas d'un sage humain
De les étouffer dans sa main.
En somme, chansons, rêveries ,
Poëmes , drames , contcries ,
Et moult autres vieils rogatons
Lais, virelais, déplorations
Moralités, soties , sornettes ,
Font de papier deux rames nettes.
Pour le demeurant n'est besoin De heurter aux portes des autres Et s'exposer à tout le moins A se faire envoyer aux peautres.
Quelque pauvre et nécessiteux, Ne demandez aux gens heureux , Il n'importe, au reste, la cause,
Si voniez n'être rebuté ,
Ne demandez rien qa*une chose :
L'état de leur cLère santé !
Que vous en semble? Or, je propose
De ne faire de votre prose
Qu'un seul paquet pour l'épicier
 cinq centimes le cahier ,
Avec prière au susdit homme
De n'y lire point, car en somme
On n'y trouve rien de gentil :
Ce sont choses d'aucun débit ,
Sans sel, ni poivre, ni muscade;
Et votre morale, après tout,
N'est point saine pour un malade :
Si la Raison tient le haut bout.
Le dîner n'est point de mon goût.
— Ci, sans déchet, deux rames nettes
Pleines de choses déshonnétcs
Dont la moindre flaire l'exil ,
La hart , le cachot ou le gril.
Cela fait, que vo]Lis reste-t-il? —
Rien, fors l'honneur. — Rien? c'est honnête.
Je suis votre humble serviteur.
Ainsi dit mon Bon Sens , un jour que par malheuir
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La Folle du logis avait martel en tête :
Sa victoire aussi fut complète.
Mais dans ce grand naufrage, où, tel que Tlngénu, Sur un sol désolé je fus laissé tout nu , Je sauvai. . . Dieu des vers, est-ce une perfidie? Je ne pus sauver rien. — Comment, rien? — Presque rien ; Quelques enfants perdus, — le plus clair de mon bien, —
Que par amour je vous dédie.
Mt nui <f^ toil
Je n ai que toi, Pour alléger un destin qui me pèse:
Je il'ai que toi !... que la foudre s apaise ! Tout est brisé, mon amour et ma foi ; Tout est flottant comme après un naufrage.
Vieux nautonnier jeté par un orage Aux bords lointains où j'erre malgré moi , Je cberche au Nord une étoile , un sourire , Un mot du Ciel, un accord pour ma lyre...
Je n ai que toi !
Le voyez- vous dans ses vastes domaines ,
Cet aigle altier, Dont Fœil perçant franchit les monts, les plaines ,
Le monde entier ?
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Tout fuit, tout passe à sesfpieds comme l'onde
Sous le voilier Dont le vol sûr atteint au Nouveau-Monde
Sans relayer; Et tel on voit cet univ^s rapide
Rouler au pied Du Dieu puissant dont l'œil ardent le guide
Comme un coursier.
Qu'il est heureux, ce roi des vastes plaines
De l'infini !
Dans un ciel pur, sur des roches hautaines,
Il fait son nid.
Nul œil humain n a vu ce que son aile
Libre fournit Dans un seul jour du vide espace, et quelle
Mer s'aplanit Aux pieds géants du Titan dont la tête
De noir granit , Montant au ciel et bravant la tempête ,
Lui sert de nid.
Mer sans rivage où les demeures saintes Sont comme un point ,
Comme un fanal aux lueurs presque éteintes Qu'on voit de loin.