M. VICTOR COUSIN
Je serais au désespoir que le peu d'allusions qui me sont échappées à l'égard du grand éclectique fussent mal interprétées. Loin de moi la pensée de rapetisser M. Victor Cousin. Ce célèbre philosophe m'oblige même, à plus d'un titre, à là considération et à la louange. Il appartient à ce panthéon vivant de la France que nous appelons la pairie, et sa spirituelle charpente repose sur le velours du Luxembourg. Et puis c'est une âme aimante, et il n'aime pas les idoles banales, que peut aimer le premier Français venu. Napoléon, par exemple; il n'aime
pas non plus Voltaire, qui est d'ailleurs moins facile
à aimer. Non, le cœur de M. Cousin s'attache au plus difficile: c'est la Prusse qu'il aime. Je serais un scélérat de vouloir rapetisser un tel homme; je serais un monstre d'ingratitude, car je suis Prus- Sien moi-même. Qui nous aimera, grand Dieuf quand le cœur de M. Victor Cousin aura cessé de battre I
Je dois, en vérité, prendre sur moi de refouler tous les sentiments personnels qui pourraient m'égarer dans un enthousiasme trop bruyant.
D'ailleurs, je ne voudrais pas me faire soupçonner de servilisme; car M. Cousin possède^ dans TÉtat, une grande influence, par ses places et par sa parole. Cette considération seule pourrait m'engagera parler de ses défauts aussi franchement que de ses qualités. Lui-même ne peut s'en fâcher; certainement non. Je sais qu'on ne peut rendre aux grands esprits un pluB bel hommage que de mettre en lumière leurs défectuosités aussi consciencieusement que leurs vertus. 11 faut bien, quand on chante Hercule, rappeler qu'il a quitté la peau du lion pour tourner la quenouille, ce qui ne l'empêche pas de rester Hercule. Si nous rapportons de semblables ti'aitsde M. Cousin, nous devons pourtant ajouter, à