I.0VI8 BOEflNS IS
encore une preuve de mon indifférentisme, et il ni*accusait (le contradiction avec mes principes po-r litiques. Il va de soi que je ne trouvai jaiTiais qu'il valût la peine de discuter avec Ipi ces principes; et, lorsqu'un jour il prétendit avoir découvert dans ines écrits une contradiction > je me contentai de lui répondre ironiquen^ent ; • Vous vous tronipqz, nion cher, il ne se trouve jaPOais rien de semblable daps mes livres, par, çliaqvie fois, avani d'écrire,
j'ai rbabiti(de de relire 4'^)^^^^' ^^"^ ^^ ^^^^^ antérieur?, mes principes politiques, afin de ncf pas tpmt^er en contradiction avec moiro^me, et pour qu'on ne puisse me reprocj^er ^npune apostasie de mes idées libérales* i> l^ais ce n'est pa^ seulement ^ table, c'est pendant )e repos de me^ nuits que Boerne m'i^pportunait avec son exaltation patriQtiq^e. Il arriva une fois vers minuit dans ma demeure, me réveilla du plus dou:^ sommeilj s'assit devant mon lit, et. Rendant tqute ^ne heure, il se répandit en plaintes sur les souQrancesdu peuple allemand et les aboin^nations de? gouvernements allemands; et comment les {fusses étaient ^i dangereux po^r l'Allemagne^ Pt çomn^ent il avait résolu, pour sauver l' Allemagne, d'écrjre contre
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Tempereup Nicolas, et contre les princes qui maltraitaient si fort le peuple^ et contre la Diète... Et je crois qu'il eût continué de ce train jusqu'au matin si tout à coup, après un long silence^ je ne m'étais écrié : a Êtes-vous intendant de paroisse? i> Depuis, je ne lui ai plus parlé que deux fois : l'une^ au mariage d'un ami commun qui nous avait choisis tous deux pour témoins ; l'autre, pendant une promenade aux Tuileries, comme je Tai déjà raconté. Peu après parurent le troisième et le quatrième volume de ses Lettres parisiennes, et j'évitai toute occasion de le rencontrer, lui laissant même entendre que je le faisais à bon escient; depuis lors, je l'ai revu deux ou trois fois, mais sans échanger un mot avec lui. Ardent comme il rétait, cette manière d'agir le mit au désespoir; il imagina toute espèce de moyens pour renouer avec moi ou tout au moins obtenir un entretien amical. Je n'ai donc jamais eu avec Boerne une dispute verbale, jamais nous ne nous sommes dit une injure; ce n'est que dans ses écrits que j'ai remarqué sa malveillance ombrageuse, et ce n'est pas l'orgueil blessé, mais des préoccupations plus hautes, et la fidélité que je dois à ma pensée et à mon caractère qui
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m'ont engagé à rompre avec un homme qui voulait compromettre mes aspirations et mes pensées.
Toutefois, cette obstination à me refuser à un rapprochement n'est pas dans ma nature, et j'aurais consenti peut-être à revoir Boerne et à renouer avec lui... d'autant plus que des personnes très-chères me le demandaient instamment, et que nos amis communs étaient souvent dans l'embarras à propos d'in. vitations dont je n'acceptais aucune, avant d'avoir reçu l'assurance que Boerne n'était pas de la partie^ et que, d'ailleurs, mes intérêts privés me conseillaient de ne pas exaspérer^ en le repoussant si rudement, un homme aussi colérique... Mais un regard sur son entourage, sur ses amis et féaux, sur ce roi des rats à tant de têtes et de queues dont il était i'ftme, et le dégoût sufSsait pour me tenir à distance.
Ainsi passèrent plusieurs années, trois, quatre ans; je. le perdis de vue, je pris peu garde môme aux articles qu'il écrivit contre moi dans les journaux français, et qui furent exploités si calomnieusèment dans la loyale Allemagne, lorsqu'un soir de l'arrière-saison, je reçus la nouvelle que Boerne était mort.
On me dit ()u1l avait dû causer lu^mfime sa mott par eniétement, en se refusant longtemps à faire appeler son médecin, Texellent docteur Siebel. Ce médecin, non-seulement célèb|*e, mais très^ûnsci§o* oieux, et qui l'aurait vraisemblablement sauvé, arriva trop tard, lorsque le malade avait déjà commencé sur lui-^même un traitement terroriste^ et ruiné complètement son corps.
Boerne avait un peu étudié autrefqis la médecine, et il eq savait tout juste assez pour tuer. En politi^ que, ses connaissances n-étaient pas beaucoup plus considérables.
Je n'ai pas assisté à ses obsèques, ce^ que nos correspondants d'ici n'ont pas manqué de faire savoir en Allemagne, ei ce qui donna lieu à de malignes interprétations. Hais rien n'est plus absurde que de voir dans cette circonstance, qui pouvait être purement accidentelle, un acte d'ini-^ mitié. Ces fous-là ne savent donc pas qu'il n'y a point d'office plus agréable que celui de suivre le convoi funèbre d'un ennemi f
Je n'ai jamais été l'ami de Boerne, et jamais non plus son ennemi. La mauvaise humeur qu'il a pu me donner quelquefois n'a jamais été bien vive, et
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il Ta payée assez ober par le froid silence que j'ai opposé k toutes ses imputations et insinuation^ malignes. De son vivant, je n'ai pas écrit une ligne contre lui, je n'ai jamais fait niention de lui, je l'ignorais complètement^ et c'est là ce qui l'irritait par delà toute mesure.
Si je parle maintenant de lui, ce n'est vraiment ni pay* enthousiasme ni par mauvaise humeur; tout au moins, j'ai le sentiment de la plus froide impartialité. Je n'écris ici ni une apologie ni une critique, et, comme, en décrivant l'homme, je ne pars que de ma propre intuition, la statue que je lui érige pourrait être ressemblante. Et une belle statue lui appartient^ à lui, le grand lutteur, qui a si vaillamment combattu dans l'arène de nos jeux politiques, et qui a conquis, sinon le laurier, au moins la couronne de chêne.
Nous donnons la statue avec ses traits véritables^ sans idéalisation, d'autant plus glorieuse pour sa
mémoire qu'elle sera plus ressemblante. Ce ne fut ni un génie ni un héros; ce ne fut point un dieu de l'Olympe. Boerne fut un homme, un citoyen de la terre, un bon écrivain et un grand patriote.
T'-n nommant Louis Boerne un bon écrivain, et en
ne lui assignant que cette simple épithète de ban^ JQ ne voudrais ni surfaire ni diminuer sa valeur esthétique. Je l'ai dit déjà, je ne donne ici, ni une critique ni une apologie de ses écrits; c'est une appréciation toute subjective qui trouvera seule ici sa place. Je cherche à résumer aussi brièvement que possible ce jugement tout personnel, et ne dirai que quelques mots sur Boerne au point de vue purement littéraire.
Si je cherche dans la littérature un caractère qui ait de l'affinité avec le sien, je rencontre tout d'abord Gotthold Ëphraïm Lessing, auquel Boerne a été très-souvent comparé. Mais cette affinité ne se rapporte qu'à la valeur intime, à la noblesse de la volonté, à la passion patriotique, et à l'enthousiasme pour l'humanité. Chez tous deux, la direction de l'intelligence était la même. Mais ici l'analogie cesse. Lessing était grand par son sens artistique et philosophique, qui manquait absolument au pauvre Boerne. 11 y a dans la littérature étrangère deux hommes qui ont avec lui une ressemblance bien plus grande: ce sont William Hazlitt et Paul-Louis Courier. L'un et l'autre sont peut-être les plus proches parents littéraires de
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Boerne, si ce n'est que Hazlitt le dépasse au point de vue de Tart, et que Courier ne peut nullement atteindre à Thumour de Boerne. Un certain esprit est commun à tous trois, bien que, chez chacun d'eux, il ait une manie différente, — sombre chez Hazlitt le Breton, où il éclate comme un rayon de soleil du sein d'épais brouillards anglais, — presque insolemment gai chez le Français Courier, où, comme le vin nouveau de Touraine dans le pressoir, il fermente et bouillonne, et parfois part en sifflant impertinemment; chez Boerne, l'Allemand, il est l'un et l'autre, mélancolique et gai, comme le sérieux vin du Rhin aigrelet, et le clair de lune folâtre de la patrie allemande... Son esprit devient parfois de l'humour.
Ceci ne se remarque pas autant dans les écrits antérieurs de Boerne, que dans ses Lettres pari-siennes. Le temps^ le lieu et le sujet ont ici nonseulement favorisé l'humour, mais encore l'ont réellement provoqué. — Je veux dire que nous devons l'humour des Lettres parisiennes beaucoup plus aux circonstances du temps qu'au talent de leur auteur.
La révolution de juillet, ce tremblement de terre
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pôlitîqufe, avait bouleversé de telle sortis les situations dans tQUtes tes sphères de la vie, et aggloméré eu tin ensemble si bariolé les choses lés plus disparates, que le correspondant de la révolution de Paris h' avait qu'à rapporter fidèlement ce qu*i! voyait et entendait, pour atteindre de lui-même aux pliis hauts effets de l'humour. De même que la passion remplace quelquefois là poésie, et que parfois l'amour, par exemple, ou l'angoisse de la mort, éclatent iBn paroles inspirées que le vrai poète ne jpourrait trouver plus enthousiastes et plus belles, de même les circonstances du temps remplacent parfois l'humour inné, et un écrivam tout à fait prosaïque et plein de bon sens, livre parfois des œuvres vraiment humoristiques, parce que son esprit réfléchit fidèlement les combinaisons bouffonnes et tristes, sordides et saintes, grandioses et mesquines, d'un monde sens dessus dessous. Si, par surcroît, l'esprit d'un tel auteur est dans un état d'agitation, si ce miroir est de travers, ou coloré crûment par la passion, alors on y verra paraître de folles images qui surpasseront peut-être toutes les productions du génie humoristique... Ici est la grillé qui sépare l'humour de la maison de fous...
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li n*est ^as rare i[|ae dans les Lettres de Boerne se montrent des traces d'àne folie réelle, et nous y tôyons ricaner des sentiments et des pensées auxquelles il faudrait mettre la bamiâolë de force^ et donner la douche...
Au point de vue du style, les Lettres parisiennes sont bien plus remarquables que les écrits antérieurs de Boerne, où les phrases courtes, le petit pas trottinant, produisent tine monotonie insuppor* table; et trahissent une gaucherie presque puérile. Ces courtes phrases disparaissent toujours davantage dans les Lettres parisiennes^ où la passion débridée débdrde forcément en rhythmes plus amples et plus pleins, et oâ des périodes colossales et chargées de tempêtes, construites avec une beauté achevée, comme par un art suprême, passent en grotidant.
Cependant^ les lettres parisiennes ne peuvent être envisagées, relativement au style de Boerne, que comme un degré de transition, quand on les compare à son dernier écrit-, Menzel^ le mungeur de Français. Ici, son style atteint à la plus haute perfection, et, comme dans les paroles, règne aussi dans les pensées une harmonie qui dénote un
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apaisement douloureux mais sublime. Cet écrit est un lac tranquille où se réfléchit le ciel avec toutes ses étoiles, et Tesprît de Boerne y parait çà et là sur les eaux, lavant tranquillement les injures dont la plèbe avait sali son pur plumage. Aussi a-t-on nommé à bon droit cet écrit le chant du cygne de Boerne. Il est peu connu en -Allemagne, et des considérations sur son contenu seraient certainement ici à leur place. Mais, comme ce livre est directement dirigé contre Wolfgang Henzel, et que je devrais, à cette occasion, m'occuper de nouveau de lui, je préfère me taire. Il y a une seule remarque que je ne puis passer sous silence, et cette remarque est heureusement de telle nature, qu'elle est faite pour éloigner les amertumes personnelles, et qu'elle donne à la querelle de Boerne et des soidisant membres de la soi-disant Jeune Allemagne, avec Menzel, une importance générale où il n'est plus question de la valeur ou de la non-valeur des individus. Peut-être même donnerai-je ainsi une justification de la conduite de Menzel, et de son apparente apostasie.
Oui, il ne fut apostat qu'en apparence... car il n'a jamais appartenu de l'âme et de la pensée au
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parti de la révolution. Wolfgang Menzel était un de ces teutomanes qui, après les ardeurs du soleil de juillet 1830, furent contraints de dépouiller leurs vêtements et leur langage teutons, et de s'habiller d'esprit comme de corps du vêtement moderne taillé à la française. Gomme je Tai dit au commencement de. ce livre, beaucoup de ces teutomanes, pour prendre part au mouvement général et aux triomphes de Tesprit du temps, se glissèrent dans nos rangs, dans les rangs de ceux qui combattaient pour les principes de la révolution, et je ne doute pas qu'ils n'eussent combattu vaillamment avec nous dans le danger commun. Je ne craignais de leur part aucune infidélité pendant le combat, mais seulement après la victoire; leur vieille nature, leur teutomanie refoulée, aurait reparu de nouveau avec leurs sombres incantations du moyen âge ; ils auraient bientôt soulevé contre nous les masses grossières, et ces chants d'évocation, mélange des superstitions les plus reculées et des puissances démoniaques de la terre, auraient été plus forts que tous les arguments de la raison.. . Menzel fut le premier qui, lorsque l'air fraîchit,
détacha du clou les pensées en vieux costume
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allemand, et recommença des exercices gymnastiques dans le cercle des anciennes idées. Véritablement, à ce changement de front» mon cœur fut soulagé d'un grand poids, car, sous sa véritable figure, Wolfgang Menzel était beaucoup moins dan*gereux que dans son déguisement libéral ; je me serais volontiers jeté à son cou, et je l'aurais bien embrassé lorsqu'il recommença à tonner contre les Français, et à pester contre les juifs, et qu'il rentra dans la lice pour Dieu et la patrie, pour le christia* nisnie et les chênes allemands, et se mit à faire d'effrayantes f ddomontades 1 Je l'avoue, aussi peu m'effrayait-il sous cette forme, autant, quelques antiées auparavant^ il me donnait d'inquiétude, lorsque tout à coup éclata son fanatisme pour la révolution de juillet et les Français; quand il pro* nonça, pour les droits des juifs^ ses pathétiques discours d'émancipation, ses généreuses tirades à la la Fayette; quand il laissa échapper, sur le destin du monde et des hommes, des vues où ricanait une impiété telle, qu'on eût à peine trouvé rien de semblable chez les matérialistes les plus résolus, des vues dignes à peine de ces animaux qui se nourrissent du fruit des chênes allemands; alors, il
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était dangereux ; alors, je l'avoue, je tremblais devant Wolfgang Menzelt
Boerne^ myope comme il Tétait, n'avait jamais pénétré la véritable nature de ce dernier, et, comm^ on éprouvé bien plus de mauvaise humeur contre des renégats et d'anciens compagnons d'armes retournés que contre de vieux ennemis, ce fut contre Menzel que sa colère éclata dans toute sa fureur. — Pour moi qui publiai, presque en même temps, un écrit contre Menzel, il y avait de tout autres mo* biles en jeu. Cet homme ne m'avait jamais offensé, ses accusations les plus virulentes n'avaient jamais touché un point vulnérable de mon âme. Ceux qui ont lu mon écrit auront remarqué, d'ailleurs, que mes paroles devaient moins blesser qu'irriter, et que toute ma visée était d'appeler le chevalier teuton sur un tout autre terrain que le champ de bataille littéraire. Menzel n'a point donné satisfaction à mes provocations loyales. Ce n'est pas ma faute si le public a tiré de là toute sorte de conséquences désagréables... Je lui avais offert, le plus généreusement du monde, l'occasion de se réhabiliter, par un acte viril, dans l'opinion publique... J risquais mon sang el ma vie.,. Il ne l'a pas voul
Pauvre Menzel t je n'ai vraiment pas la moindre rancune contre toi ! Tu n'as pas été le plus mauvais. Les autres sont bien plus perfides ; ils persistent plus longtemps dans leur déguisement libéral, ou bien ils ne laissent pas tomber entièrement le masque... Je songe ici tout d'abord à quelques poètes de la liberté, des Chambres souabes, dont les trilles libéraux résonnent de plus en plus bas, et qui bientôt, avec leur vieille voix de brasserie^ entonneront les airs de i813etl814... Que Dieu vous conserve à la patrie t Si c'est pour sauver les lambeaux de votre popularité que vous avez sacrifié Menzel, votre allié le plus intime, c'a été là une trèsméprisable action.
Et puis il faut reconnaître que Menzel a toujours appuyé ses injures de sa signature; ce n'était pas un écrivailleur anonyme, et il a toujours agi à ses risques et périls. Après chaque insulte dont il nous éclaboussait, il attendait débonnairement la punition méritée. Aussi les coups écrits ne lui ont-ils pas manqué, et son dos littéraire est-il rayé de noir, comme celui d'un zèbre. Pauvre* Menzel ! il a payé pour beaucoup d'autres sur lesquels on ne pouvait "^as mettre la main, pour les coupe-jarrets anonymes
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et pseudonymes qui décochaient lâchement leurs flèches du fond des repaires les plus obsurs de la presse périodique... Gomment veux-tu les punir? Ils n'ont pas de nom que tu puisses flétrir, et, réussiraistu à arracher à un rédacteur tremblant de journal les quelques lettres vides qui leur servent de nom, tu n'en serais guère plus avancé... Tu découvrirais alors que l'auteur des plus insolents outrages contre toi n'était autre que ce pitoyable mendiant qui, avec son importunité rampante et ses menaces, n'a pas pu t' extorquer un sou... Ou, ce qui est encore plus amer, tu apprendrais que c'est un Lumpacius ^ qui t'a filouté deux cents francs, auquel tu as fait don d'un habit pour couvrir sa nudité, mais sans vouloir lui donner une ligne par écrit, pour qu'il pût se présenter à la ronde en Allemagne comme ton ami et confrère en poésie; que c'est un semblable Lumpacius qui a répandu sa bave sur ta bonne renommée... Hélas I cette canaille est capable de s'attaquer à toi avec son nom en toutes lettres^ et c'est alors surtout que tu seras vraiment embarrassé I Réponds-tu, tu leur donnes pour le reste de
i. De Lump, gredin,
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leur vie une importance qu'ils sauront exploiter, et ils trouveront leur gloire à être rossés par le même bâton qui a frappé déjà les hommes les plus illustres... Vraiment, le mieux serait qu'ils i\e re-^ çttssent pas leurs coups au figuré^ avec un bâton spirituel, mais avec un vrai bâton de bois, commd autrefois leur aïeul Thersite...
Ou», ee fut un exemple instructif que tu noua donnas, noble fils de Laërte, royal souffi^e-douleur, Odysséus, toi, le maître de la parole, qui surpassa» tous les mortels dans Tart de bien dire I Tu sua répondre à chacun, et toujours aussi volontiers que victorieusement; il n'y eut que le gluant Thersite avec qui tu ne voulus pas perdre une parole; le pauvre sire, tu ne le jugeas pas digne d'une répIi* que, quand il t'insulta, tu le rossas sans rien dire...
Si mon cousin de Lunebourg lit ceci, il se sou* viendra peutrétre de nos promenades d'autrefois, où je donnais toujours un gros sou à tous les petits mendiants qui nous rencontraient, en leur faisant cette recommandation sérieuse : « Mon ami, si tu t'occupes plus tard de littérature, et que tu écrives des critiques pour les feuilles littéraires de
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Brockhaus, garde-toi de me tomber sur le corpst » Mon cousin riait alors, et, moi-même, je ne savais pas que a le gros sou que ma mère avait refusé à une mendiante, » pouvait avoir dans la Uttërature une influence aussi fatale I
Je viens d^ mentionner les feuilles littéraires de Brockhaus. Ce sont là les cavernes où languissent et gémissent les plus malheureux de tous les écrivassiers allemands; ceux qui descendent là-bas perdent leur nom et reçoivent un numéro, comme les Polonais condamnés aux travaux forcés en Russie, dans les mines de plomb de Novgorod; comme eux, ils doivent accomplir les travaux les plus horribles, par exemple louer M. de Raumer comme grand historien, ou célébrer Louis Tieck comme savant et homme de caractère, etc.. La plupart meurent à la tâche, et sont enfouis comme des numéros morts. Plusieurs, parmi ces malheureux, peut-être le plus grand nombre, sont d'anciens teutomanes^ et^ quand même ils ne portent plus l'habit de la vieille Allemagne^ ils portent cependant de vieux caleçons allemands; —- ils se distinguent de leurs confrères souabes par un certain accent de la marche de Brandebourg, et
une nature l)eaucoup plus fanfaronne. Le patriotisme du nord de TAlIemagne a toujours été plutôt de Taffectation, si ce n'est même un mensonge étudié, nommément en Prusse, où les champions de la nationalité ont vainement cherché à renier leur origine slave. En ceci, je loue mes Souabes; ils y vont au moins avec plus de bonne foi, et peuvent prétendre à meilleur droit à la pure race germanique. Leur principal organe actuel, la Bévue trimestrielle de Gotta, est animée de cet orgueil, et son rédacteur, le diplomate Koelle (un homme d'esprit, mais le plus grand bavard de cette terre, et qui, certainement, n'a jamais su taire un secret d'État) est le courtier de races incarné, et son troisième mot est toujours race germanique, romane ou sémitique... Son plus grand chagrin est que le champion du germanisme, son favori Wolfgang Menzel, porte sur son visage tous les signes carastéristiques de son origine mongole.
Je trouve nécessaire de remarquer ici que je n'attribue en aucune façon à la simple teutomanie, et pas même à une rancune personnelle, l'ennuyeux pamphlet délayé que ladite Bévue trimestrielle a publié contre moi. J'ai cru longtemps que Tauteur,
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un certain G. Pf., avait voulu, par cet article, venger son ami Menzel. Mais je dois reconnaître mon erreur. J'ai été mieux informé depuis, de divers côtés, ce L'amitié de Menzel et du susdit 6. Pf., me disait dernièrement un loyal Souabe, consiste en ceci seulement, que ce dernier, avec sa connaissance du français, vient çn aide au Menzel, qui ne comprend pas cette langue. Et, quant à Tattaque contre vous, ce n'est pas chose si grave: ledit G. Pf. était autrefois le plus grand enthousiaste de vos écrits; et, si maintenant il déblatère contre leur immoralité, c'est pour se donner un air de vertu sévère, et se défendre un peu contre le soupçon d'amour socratique qui pèse sur lui. >
J'aurais volontiers tourné en périphrase l'expression d'amour socratique; mais ce sont les propres mots du docteur D.... r, qui m'a fait cette innocente confidence. Le docteur D.... r, qui ne s'offenserait certainement pas si je donnais 3on nom tout entier^ est un homme d'un esprit distingué et d'une véracité qui s'exprime dans toute sa personne. Gomme il se trouve en ce moment à Londres, je ne pourrais pas, sans une demande préalable, écrire son nom en toutes lettres; mais je suis prêt à le
donner, aussi bien que celui d'un des savants parisiens les plus dignes d'estime, le professeur D.... g, en la présence duquel cette communication m'a été répétée. Il est bon que le public apprenne quels motifs Se cachent parfois sous le « manteau de mendiant bien connu de la moralité, de la religion et du patriotisme. »
Je ne me suis éloigné qu'en apparence de mon sujet. Beaucoup d'attaques contre Boerne trouvent dans les indications ci-dessus une explication partielle. C'est surtout le cas relativement à son livre, Menzel le Gallophage. Cet écrit est une défense du cosmopolitisme contre le patriotisme national; mais on voit dans cette apologie que le cosmopolitisme de Boerne n'avait son siège que dans sa tète, au lieu que le patriotisme était profondément enraciné dans son cœur, tandis que, chez son adversaire, le patriotisme tintait seulement dans la tête, et dans le cœur bâillait la plus glaciale indifférence... Les artificieuses paroles par lesquelles Menzel vante son germanisme, comme un colpor-r teur juif sa friperie; ses vieilles tirades sur Hermann le Chérusque, le Corse, le sommeil sain des plantes, Martin Luther, Blucher, la bataille de
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Leipzig, par lesquelles il veut chatouiller Torgueil du peuple allemand, toutes ces façons de parlef surannées, Boeme sait si bien les mettre en lumière, que leur nullité ridicule apparaît de la façon ht plus comique ; et avec cela éclatent de son propre cœur les^accents les plus naturellement touchants au patriotisme, comme des aveux pudiques qu'on fie peut plus retenir à rhëure suprême, et que nous sanglotons plutôt que nbus ne les prononçons... La mort est là et fait signe de la tête, comme un té« moin irrécusable de la vérité t
Oui, ce ne fut paâ seulement un bon écrivain,^ fee fut aussi un grand patriote.
Quant à là valeur littéraire de Boeme, je dois mentionner encore ici sa traduction des Paroles d'un croyant, qu'il écrivit aussi dans la dernière année de sa vie, et qui doit être envisagée comme un chefd'œuvre de style. Toutefois, je ne veux pas lui faire Un titre de gloire de cette traduction, ni en général de ce qu'il se.sôit laissé entraîner dans le cercle d'idées de Lamennais. L'influence que ce prêtre exerça sur lui n'apparut pas seulement dans cette traduction des Paroles d'uh croyant, mais encore dans différents articles que Boertie écrivit alors «n
français pour le Jté formateur et la Balance. Dans ces documents remarquables de sa pensée, se manifeste d'une manière suspecte, relativement à Tautorité protestante de la raison^ un découragement qui touche au désespoir; Tâme malade de Boeme languit après les intuitions du catholicisme.. .
Ce fut peut-être un bonheur pour Boerne de mourir... Si la mort ne l'avait pas sauvé, nous le verrions peut-être aujourd'hui exposé au reproche de catholicisme romain.
Gomment cela? Boerne aurait fini par devenir catholique? Il se serait réfugié dans le sein de rËglise romaine^ et aurait cherché à endormir sa tête souffrante avec les sons de l'orgue et le tinte* ment des cloches? Oui, il était en train de faire ce que tant d'honnêtes gens ont fait, lorsque le chagrin leur montait au cerveau et mettait en fuite la raison, et que la pauvre raison, en déménageant, leur donnait encore ce conseil : « Si vous voulez absolument devenir fous, faites-vous catholique?^ on ne vous mettra pas au moins sous clef comme d'autres monomanes. p
« Se faire catholique de dépit, » — voilà un proverbe allemand dont je ne comprends bien
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qu'aujourd'hui le sens et la maudite profondeur. — Le catholicisme, après tout^ n'est en effet que la fleur horriblement attrayante de cette doctrine du désespoir, dont la propagation rapide sur la terre n'apparaît plus comme un miracle quand on songe à l'affreux cauchemar qui pesait sur le monde romain... Lorsque Tindividu au désespoir s'ouvrait les veines, et cherchait dans la mort un asile contre la tyrannie des Césars, la foule se précipitait dans l'ascétisme, dans la doctrine de la giortification, dans le martyre, dans le grand suicide de la reli-» gion nazaréenne, pour rejeter loin d'elle d'un coup les tourments de la vie d'alors^ et braver les valets de torture du matérialisme régnant...
Le ciel fut inventé pour des hommes auxquels la terre n'offrait plus rien... Salut à cette invention ! salut à une religion qui a répandu dans la coupe amère de l'humanité souffrante quelques gouttes adoucissantes et soporifiques, opium spirituel, quelques gouttes d'amour, d'espérance «t de foi I
Louis Boerne, comme je l'ai dit au début, était chrétien de nature, et cette direction spiritualistc devait aboutir au catholicisme, lorsque les républi* cains au désespoir, après les défaites les plus dou-
fié SATIRES lET ^OAIIRAITS
loureoses, s'allièratt avec le parfi cahotique *-*- Ittsqa'à quel point oerUe allîasice est-elle sérieuse? Jénepirisle dire. Beaucoup de réput^Hesâns peuvent Tiellement être âeveiras «attiolkiiies 4e dëp»t. La plupart pourtant désertent dans leur cœur lotrs nouveaux alliés, et des deuxcMés Ton joue la ico-médie. II «'agit seulement de combattre l'ennemi commun, et, par le fait, Fallianee des deux famartîsmes, religieux et politique, e^ menaçante au plus kaut degré. Mais il arrive parfois que les hommes se perdent dans ieur rôle et que Tartifiee devient grossièrement sérieux, et c'est ainsi que plus d^un répixblicaîn a fait les yeux doux si longtemps aux symboles catholiques, qu'il a âni par y croire réel* lement; et plus d*un prêtre avisé peut avoir si longtemps chanté la Wwrseillatsey qu'elle est devmiue son air favori, et tpf il ne <peut plus dire 4a messe sans Tetonfber dans ta mSlodie de tue daanA 'belnqueux.
Nous autres allemands, qui malhem*en9ement ne comprenons pas la plaisanterie, nous avons pris pour sérieux et au comptant Faoccflade du républicanisme et du eathofiiâsme, erreur ^qui pourra un oiir nous coûter cher. Pauvres rdpubGoaîiifi alto-
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TBuds qui voulez enoroser Sataa par Belaébiitk, «i cet esufrdamt vùob réossissaît, vous passeriez, de la pluie de feu, sous la gouttière de flaiximes ! ie ne puifl concevoir tf&aaBesut IteanccMap de patriotes âdienands, pour combattre des gouver&esneats protestanls, ibnt caAise oommone avec le parti catholique. On flu'attriiHiera difficilement à moi, à qui les Prussiens ont causé tant de déboires, d'aveugles sympathies bon^îeiMies : aussi avouerai je firanoliemrat que, dans le constat de la Prusse cMtte le parti catholique, 1^'est à la première seule que je souhaite la victoire... Car, ici, une défaite aurait nécessairemeat poiir nésullat que quelques* «mes des provinces allemandes, les pays du Abin, seraient perdues pour rAilemagne. — Mais qu'im* porte aux.ftmes pieuses de Muaicbque, sur le Biiin, on parle allemand ou français; il leur suffit qu'on y chante la messe eua iatios* Les prêires n'ont poiat de patrie, ils n'ont qu'un père^ un pape, à Rome, On sait assez que la perte des pays rhénans, leur abandixi i la Fraiice, est chose réglée entre les ihéros du parti catholique et leurs alliés français. Parmi ces alliés, se trtave aussi depiûs quelque temps un ancien jacobin, qui porte aaaintenant une
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couronne, et qui traite avec certains jésuites cou ronnés d'Allemagne... Pieux trafic I hypocrite trahison de la patrie!
Il va sans dire que notre pauvre Boerne, qui nonseulement s'était laissé leurrer par les écrits, mais encore par la personnalité de Lamennais, et qui prit part, sans s'en douter, aux intrigues des entre* metteurs romains, il va sans dire que notre pauvre Boerne ne se douta jamais des dangers dont l'alliance du parti catholique et du parti républicain menaçait l'Allemagne. IT n'en avait pas le moindre pressentiment, lui qui eut toujours à cœur, aussi bien que l'écrivain de ces pages, l'intégrité de la patrie allemande. Je dois lui rendre sous ce rapport le plus éclatant témoignage. « Je ne voudrais pas céder à la France même un seul pot de chambre allemand, ï> s'écria-t-il un jour dans le feu de la conversation, lorsque quelqu'un remarquait que la France, le représentant naturel de la Révolution, devait être fortifiée par l'annexion des provinces du tlhin, afin de pouvoir résister plus sûrement à l'Eu rope aristocratique et absolutiste.
« Je ne cède pas un pot de chambre I... s'écria Boerne avec colère^ en allant et venant dans le salon.
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— Il va sans dire, remarqua un troisième, que nous ne cédons pas aux Français un pouce de terre allemande; mais nous devrions leur céder quelques-uns de nos compatriotes allemands, dont nous pouvons en tout cas nous passer. Que diriezvous si nous abandonnions aux Français, par exem« pie, le Raumer et le Rotteck ?
— Non, non, répondit Boerne, passant de la colère au rire, je ne cède pas même le Raumer ou le Rotteck, la collection ne serait plus complète; je veux garder toute FAllemagne telle qu'elle est, avec ses fleurs et ses 'chardons, ses géants et ses nains... Non, je ne cède pas non plus les deux pots de chambre! »
Oui, ce Boerne était un grand patriote, peut-être le plus grand qui ait sucé, aux mamelles de marâtre de la Germanie, la vie la plus ardente et la mort la plus amèret DansTâmede cet homme jubilait et saignait un patriotisme touchant qui, pudique de sa nature comme tout amour, se cachait volontiers sous des sarcasme3 grondeurs et une humeur chagrine, mais éclatait d'autant plus puissamment dans les heures d'abandon. Quand l'Allemagne commettait toute sorte de perversités qui pouvaient avoir
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des suites funestes, quand elle n'avait pas le courage de prendre une médecine salutaire, de se laisser opérer la cataracte, ou de se soumettre à quelque traitement moins grave, alors Louis Boerne temp6^ tait et gr^idait, et tr^ignait et ftnsaît rage; -^ mai?, quand I« malheur prévu arrivait réeNement, quand on foulait aux pieds rAtlemagne, oo qu'oa la foaaillait jusqu'au sang^ alors Boerne ne boudait plus, et il commençait i pleurer, le pauvre f<m, et prétendait en sanglotant que FÂllemagne était le meilleur pays du moiKte, et le plus beau, et que les Allemands étaîeni le phis beau et le plus noble peupFe, et qoe nulle part on n'était plus sage qa^ Allemagne, et que même les fous y étaient et qne^ la kRsrdëur éiak d<a sentimeni, et il languissait véritablîemenft après les bourrades de le patrie... el H lui pienaili parfois des mivieed'iiBe sottise allemande bie» juteuse, comme à une fonsme grosse pour une poire. L'éloignement de la patrie était aussi pour loi un vrai martyre, etc'esèoe touf* ment qui lut a éicté pt«s d^une Mau^viise paroae dans ses éerits. Gehii- qui ne connaît pas TexiL, ne ^* comprendre S qn€^ point il revèC nos chagrins ileurs dures et enies, et comme il répand hi
nuit et le pcîson dbns nos pensées. Dants a écrit son Enfer dans l'exit. Gel«R-4fr seul qai a véeu dasSi Texil connaît rameur delà patrie^ ramoar <ia to patrie avec ses douce? terreurs et se& soIUeitudas. inquiètes! Henreiisenieiit pour nos patriotes fiOf^és. de vivre en France^ ce pays offre les plus grandes analogies avec rAnemragne; presque le mémftcUy mat, la même régétatioft^ la mtaie mauère de vivre, «c Combfen fexil doit-il être terrible, là oà manque cette ressemblance!... me disait on jo«r Boerne en nous promènent au Jardin des Plantes; comme il doit être terrible de ne voir autour de soè que dès palmiers et des plantes tiropicaleS) et des animaux étrangers comme des kangourous et des zèbres!... Par bonheur, les Seursen France sont tout à fait comme chez nous, lés violettes et les roses ont tout à fait l'air allemand, les bœi^ et les vaches aussi, et les ftnes sont patients et non rayés, absolument comme chez nous, et les oiseaux ont des plumes et chantent en France comme en Allemagne, et, quand je vois ici, à Paris, les chiens vaguer çà et li, je puis tout à fait me trans*porter au delà du Rhin, et mon cœur me crie : aGe ù sont bien nos chiens allemands f »
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Une certaine imbécillité a longtemps méconnu, dans les écrits de Boerne, cet amour de la patrie. Cette imbécillité lui faisait lever les épaules de pitié, et il pouvait crier avec égalité d'âme un Sancta simplicitas! aux vieilles femmes essoufflées qui apportaient du bois pour son bûcher. Mais, quand la méchanceté jésuitique cherchait à faire suspecter son patriotisme, il tombait dans une colère terrible. Alors, son emportement n'avait plus de bornes, et, comme un titan blessé, il jetait des blocs meurtriers sur les vipères sifflantes qui rampaient à ses pieds. Ici, il est dans son plein droit, et c'est alors que sa colère virile éclate le plus noblement. Combien est remarquable le passage suivant des Lettres Parisiennes qui est dirigé contre Jarke, le plus remarquable des adversaires de Boerne, par Tesprit et la distinction :
ff Ce Jarke est un homme remarquable. On Ta appelé de Berlin à Vienne, où il est à la demi-solde de Gentz. Mais il n'en méritait pas la centième partie, ou bien il en méritait cent fois plus; — il s'agit seulement de savoir ce que Ton voulait payer à Gentz, le bon ou le mauvais en lui. J'aime cxtraordinairement ce Jarke, devenu catholique et
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fou^ car il me sert, comme sans doute à bien d'autres, de jouet utile et d*agréable passe-temps. Il publie, depuis un an, une feuille hebdomadaire politique. C'est une amusante caméra obscura : on y voit passer à la file avec leurs ombres toutes les sympathies et les antipathies, les aspirations et les exécrations, les espérances et les craintes, les joies et les souffrances, les anxiétés et les folles hardiesses, et toutes les visées et les petites machinations des monarchistes et ..des aristocrates. Cet excellent Jarke 1 II trahit tout, il avertit chacun. U écrit sur la paroi de ma petite chambre les secrets les plus mystérieux du grand mond^. J'apprends de lui et je vous raconte maintenant tout ce qu'ils se proposent de faire contre nous. Ils ne veulent pas seulement détruire les fruits et les fleurs, et les feuilles et les rameaux, et les troncs de la Révolution, mais encore ses racines, ses racines les plus profondes, les plus lointaines, les plus solides, dût la moitié de la terre y rester suspendue. Le jardinier de cour Jarke s'en va à la ronde, avec le couteau et la pelle et la hache, d'un champ, d'un pays à l'autre, d'un peuple à un autre peuple. Après avoir extirpé et brûlé toutes les racines de la
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Révdution, apvès^ tfiyir dëtroit le pfétént, il re^ tourne au passé. Après avoir coupe la tète de la Révolution, et quand kt malheureuse dfliiiquante a cessé de sou4Kr, il interdit le mariage k sa grand'mère depuis kmgtenips morte et enterrée ; it fkit du passé te fils du présent. N'est-ce pas fou T Cet été, il tonnait eentre la fête- de Hambadi. L'mm)cente fSte t Le pauvre agneau I La Diète germanique, ht louve qui buvait au fleuve, reproche an mouton de peuplé aflenand, qui se désaltérait bien au-dessous, de troubler son eau, et lui annoncer qu'elle doit le dévorer, et iî faut qu'elfe le dévore. M. Jarke est la langue du loup. Puis il extirpe la Révolution dans le pays de Baden, la Bavière du Rhin, la Hesse, h Saxe; puis le bill ie réftirme anglais; puis la révolution de Pologne, de Belgique, de France en Juillet. Enfin il prend la défense des droits <fivms de dom Higuel. CTest ainsi qu'il va toujours plus en arrière. H y a tsn mois, H exécutait la Fayette, non pas le la Fayette de la Rérohition de Juillet, mais le la Fayette d'il y a cinquante ans^ qui a combattu pour la révoFntîon d'Amérique et la première révolution françane. Jarke rampant « les botte» d» la fViyefte Ml me semUait voir un
chien gratter aa pied de- la grande pyramide pour la renverser I Toujour» en arriëve f D y a q»;iaze jours, I nettail bu pelle' à là lé^lation d'Aogletarre d'il y a un sîède et demi, oelle de i688. Bienlât vien^ dra 1» tour de Bvutus- Taneien qvi a ex^nriad les Tarqoins ; et e'esl ainsi que M. Jarke finira par arrîTer an boa Dieu lui-même, qui a eemmis Thn^ prudence de créer Adam et Eve avant d^avoif encore pourvu à un ro»^ ce qui fait que Fhumattité s'est mis dam la tête qu'Ole peiwvait aussi subsister sans prince», liais M. Sn/Ae ne devrait pas oublier que, du momeol qu^il «m aura fini avec Dieu, on m'aura plus besoin âa^ M à Vienne, Et dors adieu ie conseiller aulîqne, adku les s^>poiiitemenl6i^ U aura bien le bon sens de laisser subsister cette imique racine de la lêie de Hambach.
» C'est ce même ^sfrfce dont je vems ai premisv dans une précêdenta lettre, de vomB cemmuniqner œ qu'il a dit sur mon compte. Non pas sur moi seul, cela eoncemait d'autres «More ; mais c'est à moi certainement qu'il pensait swrtout. L'étë der* nier, il éerivaii dans sa feuiHe hebdoma^re, seus ce titre : tAttem&gne et la JthctuHon^ le passage qui suit, n'est difficile de dire ce qu'il y faut le
plus admirer, de la méchanceté ou de la sottise.
< Voici le passage en question :
c ... Il est, d'ailleurs, parfaitement juste que ces » principes, tels que nous les avons retracés ci- » dessus^ ne créeront jamais rien de réel, que » r Allemagne* ne sera jamais transformée en une » république sur le patron des démagogues actuels^ » que cette liberté et cette égalité ne pourront pas 9 même être introduites par la puissance de la 9 terreur ; oui^ il est permis de se demander si les » meneurs les plus effrontés du mauvais parti font » autre chose que de jouer un jeu horrible avec » les biens les plus précieux de l'Allemagne, s'ils ne » savent pas parfaitement eux-mêmes que cette » voie conduit à un désastre sans espérance, et » s'ils ne poursuivent^ avec un habile calcul, cette » œuvre de séduction, que pour se venger^ dans un B grand acte tragique, de l'oppression et de l'op- » probre que le peuple, auquel ils appartiennent » par leur naissance, a souffert pendant des siècles j» de la part des nôtres, j»
» M. Jarke, c'est trop forti Et, quand vous écri* viez ceci, vous n'étiez pas encore conseiller autricbieui mais rien de plus que l'inverse prussien; -*
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et quelle ne doit pas être votre frénéssie^ maintenant que vous êtes assis dans la chancellerie d'État de Vienne ! Que vous nous reprochiez la scélératesse de vouloir faire le malheur du peuple allemand, nous pardonnons cela au criminaliste et à sa belle théorie de l'imputation. Que vous nous jugiez assez habiles pour perdre nos ennemis sous les semblants de l'amour,' nous devons en remercier le jésuite qui a cru nous faire ainsi un compliment. Mais que vous nous croyiez capables de lâcher le pigeon que nous avons dans la main pour l'alouette qui est sur le toit, il faut que vous nous en rendiez raison, monsieur Jarke. Quoi ! si nous haïssions lé peuple allemand, nous combattrions de toutes nos forces pour aider à l'affranchir de la dégradation honteuse dans laquelle il est plongé, de la tyrannie de plomb qui pèse sur lui, de l'arrogance de ses aristocrates, de l'orgueil de ses princes, des railleries de tous les fous de cour, des calomnies de tous les écrivains salariés, pour l'abandonner aux dangers passagers et glorieux de la liberté? Si nous haïssions les Allemands, alors nous écririons comme vous monsieur Jarke. Mais nous ne nous ferions pas payer pour cela. Car la vengeance coupable elle-même
a quelque chose encore qai petit être profané. » Qu'on eût pu mettre en snsprcion sonpÀlriotisBie, Toilà ce qui excita chez Boerne, dans le passif ci-dessus, une mauvaise humeur que- n'aurait Jamais provoquée en lui lé sfmple reproche de son origine Juive. Gela ramusait mè'nre de voir ses ennemis, à cause de sa vie sans tache, ne rien trouver de plus grave à lui reprocher que d'être le rejeton d'une race qui a rempli autrefois le* monde de* sa gfoire, et, mal^ë son abaissement, n*a pas perdu complètement encere sa saiorle consécration antique. Sbuvent méme^ if se vantait de cette ori» giae, à sa manière humoristique il est vrai, et il dit un Jour à un Français, en parodiant Mirabeau : € Jésus-Çhrist — qui, par parenthëse, était mon cousin — a prêché Tégafitê, etc. » Par le fait, tes juife sont <ie cette p&Ye dont on pétrit les dieux : si on les foule aux pieds aujeurd'hui, on tombe demain à leurs genoux; tandis que les uns se van* trent dans la hnge du trafic lé plu9 sordide, les autres s'élèvent aux plus hauts sommets de Iltama» nité, et le GoTgotha n'est pas la seule montagne où un dieu Juif a saigné pour le saltit du monde. Les juifs sont le peuple de l'esprit, et, chaque fois qu'i
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reviennent à leur principe, ils sont grands et magnifiques, et ils confondent et surpassent leurs grossiers détracteurs. Rosenkranz les compare avec profondeur au géant Antée, qui reprenait dfe nouvelles forces diaque toîa qu'il toucbaft la terre^ tandis qu'eux, tes juifs, redeviennent plte forts chaque feis qu^ils se remettent en contact avec le- cief. Remarquadl^Ie et extrême contraste! Tandis que l'on trouve parmi ces hommes toutes lescaricatnre» ©t variétés posstèlès de la vulgarité, on y rraicontre aussi les types idéaux de l'hunianité la plus pure, et, comme autpefof9 ils ont guidé le monde dans de noixi^Ués voies et progrès, le monde a peut-é^ encore à atteiidt*e d^eux de plus vastes< initiatrons.
c La nature, me dirait un jour Hegel, est trèsétonneuite; les mènes organes qu'elle emploie pour lea fins les plus sublimes, elle les utilise aussi pour les fenctiens les plus basses; par exemple, ce naembre auquel est confiée la mission la plus haute, la propagation de Thumanité, sert aussi... »
Ceux qui se plaignest de l'obscurité de Bégel le cOTsprandcont ici,et t^eo qui'il n'ait pas prononcé ces paroles & propoe dleraël, od pest cependant lea lui appliquer.
Quoi qu'il en soit, il est bien possible qae lamis* sion de cette race ne soit pas encore complètement remplie, et c'est surtout, peut-être, le cas pour r Allemagne. L'Allemagne aussi attend un rédempteur, un Messie terrestre, — les juifs nous ont déjà donné un Messie céleste; — elle attend un roi de la terre, un sauveur. armé du sceptre et du glaive, et ce libérateur allemand est peut-être le même qu'attend Israël...
Messie bien-aimé, ardemment attendu 1 Où estil? où s'atlarde-t-il? N'est-il pas né encore? ou bien, depuis un millier d*années, se tient-il caché quelque part, attendant la grande heure précise de' de la rédemption ? Est-ce le vieux Barberousse qui sommeille dans le Kiifhâuser sur son siège de pierre, et qui dort depuis si longtemps déjà que sa barbe blanche a poussé tout autour de la table de pierre?... Parfois seulement, ivre de sommeil, il secoue la tête et cligne ses yeux à demi fermés, ou bien, tout rêvant, il saisi t son épée ... et puis retombe dans son lourd sommeil de mille ans 1
Mon, ce n'est pas l'empereur Barberousse qui afifranchira l'Allemagne, comme le croit le peuple, le peuple allemand, le peuple somnolent et son-
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geur, qui ne peut se figurer son Messie que sous la figure d*un vieux dormeur I
Les juifs se font une bien meilleure représentation de leur Messie, et, il y a bien des années, quand j'étais en Pologne et que je conversais à Cracovie avec le grand rabbin Manassé ben Nephtali, je Té* coûtais toujours avec un cœur joyeusement ouvert quand il parlait du Messie... Je ne sais plus dans quel livre du Talmud on peut lire les détails que le grand rabbin me communiquait très-fidèlement, et ce n'est que dans ses traits essentiels que sa description du Messie flotte encore dans ma mémoire.
a Le Messie, me disait-il, est né le jour où Jérusalem a été détruite par le scélérat Titus Vespasien^ et, depuis lors, il demeure dans le plus beau palais du ciel, entouré d'éclat et de joie, portant aussi une couronne sur la tète, tout a fait comme un roi... Mais ses mains sont liées avec des chaînes d'or!
— Quoi! m'écriaîs-je étonné, que signifient ces chaînes d'or?
— Elles sont nécessaires, répondait le grand rabbin avec un fin regard et un profond soupir; sans ces liens, le Messie, quand il perd parfois
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patieDee, se bâterai! tout à coap de descendre^ et trop tôt, et à l'heure inexaete, pour caitrepreodre Vœuvre de rédeno^tion. Car ce n'est pas ua pacifif ne bonaet de nuit : c'est un homme beau, très^ élancé, et pourtant exceasivement fort,. — florissant comme la jeunesse. La vin qu'il Boène est d'ailla»rs triâ-uni&>rme. Il passe la plus grande partie de la matinée dans le» prières d'habitude, ou bien il rit et plaisante avec ses. servi toai»^ qnî sont desangas déguisés,, et chantent jolime0ftt„ et jonoat da la flûte. Puis U fait peigner sm longs cli0veuia,,ei. on l'oint de nard et on le reivét ds; son KÔtementi de pourpre. Pendiant tonte raprèsHonidi, il étudie la. cabale, y&cs le aoir, il fait ifienir son vieux* cbancetier, qui est un ange déguisé,, aossi bien que les quatre gros conseillers d'£tat qui raecompagnrNit sont des anges déguisés.. Il fauA que le cbaooelier lise k son mmtre dans un gsamd livre, oe. qui s'es^i passé char que jour... Alors arrivent toute espèce d'hisloûses auxquelles le Messie aewrit avec phtîsir;. oo bien secoue la tête d'un air mécontent... Mais^ quand il entend oonma»: on. maltraite^ làrbas.son peuple, il tombei atora dans la pius^ terriblo colère, et gétnit à faire tremUer lescieux. . . L^ qoa tce gros* consei Ikcs
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d'État doivent alors retenir le Messie irrité, de peur qu'il ne descende en hâte sur la terre, et ils ne seraient véritablement pas maîtres de lui, si ses mains n'étaient pas liées avec des chaînes d'or... On l'apaise aussi avec de douces paroles, en lui disant qjiie le tem^ a'ost pas enccNre venu, l'heure précise dasalui; et il tombe à la fia suc sa couche» et cache sa face, et pleufe... a
Voilà ce qjoe. me rapportait à peaprès Manaseé heo Napbtali à Cracovie» et il ea appelait aa Talmud comme garant de sa bonne foi. J'ai dû penser soil* vent à ses récits,. dao& les derniers temps sutout» après la révoluUoa de juillet. Oui, dan&les mauvais jpu£s, j'ai cru parfois entendre comme un cliquetis de chaînes d'or, et puis des sanglots désespérés^»
ûb ! ne perds pas courage, beau Messie, qui m vewL pas seulement délivrer Israël comme se le figur Kent les j ui&, maid toute l'humanité souffirante I Ob i na vous compez pas, chaînes d*or i Retenez-le lié quelqiie temps encore, de peur q^'ili n'arrive trop vite, le roi rédempteur damaiidal
«... Les circonstances politiques de ce tçmps (1799) ont une affligeante ressemblance avec l'état plus récent de l'Allemagne, avec cette seule différence qu'alors le sentiment de liberté échauffait surtout les savants, les poètes et généralement les gens de lettres, tandis qu'il se manifeste aujourd'hui beaucoup moins parmi eux, mais bien plus dans la grande masse active, parmi les ouvriers et les gens de métiers. A l'époque de la première révolution, le sommeil le plus lourd, le plus allemand, pesait sur le peuple : dans toute la Germanie régnait une espèce de tranquillité brutale, mais le mouvement le plus puissant ébranlait notre littérature. L'auteur le plus solitaire, qui vivait dans le coin le plus reculé de l'Allemagne, prenait part à ce mouvement. Sans une connaissance exacte des événements politiques, par suite d'une sorte d'afiSnité secrète, il en sentait l'importance sociale et Texprimait dans ses écrits. Ce phénomène me fait penser aux
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grands coquillages marins que nous plaçons quelquefois comme ornements sur nos cheminées, et qui, tout éloignés qu'ils peuvent être de la mer, commencent à murmurer spontanément quand arrive l'heure du fleuve, et que les flots se brisent contre le rivage. Quand la Révolution se gonflait ici, à Paris, ce grand océan d'hommes, quand elle y rugissait et frappait, les cœurs allemands réson naient de l'autre côté du Rhin... Mais ils étaient bien isolés, entourés de porcelaines insensibles, de tasses à thé, de cafetières et de pagodes chinoises qui balançaient mécaniquement la tête comme si elles eussent su ce dont il était question. Hélas! cette sympathie révolutionnaire tourna fort mal pour nos pauvres prédécesseurs en Allemagne.
Les gentillâtres et les cafards leur jouèrent les tours les plus rudes et les plus communs. Quelquesuns d'entre eux se sauvèrent à Paris, où ils tombèrent et moururent dans la misère. J'ai vu dernièrement un vieux compatriote aveugle, qui est resté à Paris depuis cette époque. Je l'ai vu au Palais- Royal, où il était venu se réchauffer un peu au soleil; c'était une chose douloureuse de le voir pâle et maigre, tâtonnant son chemin le long des maisons;
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on «ittt^ que ic'iétait le vieux poète Ifeiherg. y m TU ausû oaguèM ht mansarde où «st mort te ci* t03fen GedrgB FonAer» Un sort plus cruei encore menaçait les amb de la liberté qui étaient restés en AUemagoe, si Napoléon et les Fiaofais ne se fussent hâtés de nous vaincre. Napoléon ne se doutait certainement pas que luiHfiéme avait été le eauveur de Tiééalisme. Sans lui^ te gibet et la roue auraient lait bonne ral6onde»osphyosofilieset4e teurs idées. Pourtant les libéraux aUemands, trop jrépublicains pour courtiser Napoléon, trop géaé* feux pour s'aliter avec la domination étrangàre, s'«[iveloppèreiii dans un profond silence; ils sa traînèrent tristement, le cœur brisé, les lèvres fermées. Quand Napoléon t(Miiba, on les vit sourire, mais de mélancdlie, et ils se turent eaeore; ils ne prirent aucune part à Tenthousiaune patrioiîqiie «qui, avec permission des autorités supérieures, fit alors explosion eu AUemagne; ils savaient oe qu'ib savaient, et se turent. Gomme ces républicains mènent une vie chaste et frugale, ils parviennent d'ordinaire 4 un Ige trèsravancé^et, quand te. lévo* lutton de juillet édata, beaucoup <l'entre eux ttaiiot encore da ce mmde, e^, à waÈn grande sur-