XXIV INTRODUCTION
dérober à l'analyse. Comment résumer cette accumulation de préceptes que n'unit ensemble aucun lien et qui ne constituent ni un corps de morale, ni un système suivi de philosophie? A peine serait-il possible, en s'aidant des Correspondances, de percevoir quelques lueurs, de saisir quelques fugitives indications. L'embarras ne serait pas moindre s'il fallait déterminer avec précision où finit l'imitation, où commence la pensée personnelle et originale.
Au milieu de ces difficultés inextricables, il nous a paru que le recours à quelques citations était le moyen le plus simple et le plus sûr d'arriver à faire saisir l'aspect général d'une œuvre qui ne se compose, à M-ai dire, que de pensées détachées. Le passage relatif à l'explication des motifs divers qui poussent les hommes au mariage peut être choisi comme spécimen de la manière du moraliste dans ses bons endroits. Après avoir énuméré les inconvénients variés de l'état conjugal, Garaby ajoute avec cette gravité sentencieuse que le sujet comportait :
Mais pour nous y faire passer La nature et les Lois conviennent.
Elle a soin de nous y pousser Et celles-ci nous y retiennent (1).
(1) Sentiments chrestiens, politiques et moraux, p. 164.