‹ Satires (volume 2)Chapitre 4 sur 58 · COTIN ET VOLTAIRE · texte numérisé non relu

COTIN ET VOLTAIRE

JjoiLEAU, mailre superbe, et toi, Gilbeil, mon frère. Écoutez! Devant moi j'ai Cotin et Yollairo; Cotin iilorifié, Voltaire api)esanti.

Journaliste et bourgeois et deux fois abruti, Deux fois plus dangereux. 11 porte en escopetle Un certain instrument que \ous nommiez gazette. Revolver à cent coups dont aucun n'est perdu, Et par Cotin chargé d'un affreux plomb mordu. Nul ne dira jamais combien cette grenaille Plaît parmi les bourgeois et parmi la canaille; Combien l'on aime à voir, du fond des cabarets, Ce plomb vil, de Voltaire accomplir les décrets. Voler aux fronts sacrés, cril)ler les choses saintes, E[ niarul(M" la croix de se? lâches empreintes.

— iA —

O maîtres! \otie temps n'a point connu cela.

Pour outrager le ciel, Voltaire se cela.

l/impriuuMir clandostin, dans son atelier iiiiime.

Composait le pamphlet; puis la nuit, sur la horiir.

Comme un enfant du crime, à jamais renié.

On le laissait sans nom, dans un haillon pli»'.

L'iiinoble écrit n'avait point d'ctfronlés complices.

Seuls les grands corrompus en faisaient leurs délices

Mais tel qui savourait ces insolents défis,

Pour boire le poison se cachait de ses fils,

Et l'auteur soup(;onné de son ouvrage infâme.

Les yeux levés au ciel, criait : a On me ditl'ame! »

Par ses amis secrets publiquement honni,

Ce Voltaire adulé, que fut-il? Un banni.

En vain sa plainte éclate et sa gloire s'élève :

On l'adore, et pourtant on le laisse à Genève,

Comme on tient à l'écart, en dépit de ses cris,

La courtisane, objet d'amour et de mé[)ris.

En petite maison l'on avait une fille,

Dans un*meuble secret, Voltaire. La famille

Respectée ignorait ces commerces honteux.

Pudeur d'ancien régime, et scrupule piteux!

Nous n'en sommes plus là. Dans sa verve narquoise,

Voltaire est le docteur de la maison bourgeoise ;

Seulement il a pris, quittant ses airs coquets.

Un style qu'aiment mieux le maître et les laquais ■

Le style de journal, si commode à comprendre. Chez Alloury si fort et chez Jourdan si tendre.

Oiiant au pauvre Cotin, par la rime opprimé,

Innocent après tout s'il n'avait pas rimé,

Il a trop expié les travers de sa muse,

i']t j"ai vraiment regret que son nom nous amuse.

Les Cotins d'aujourd'hui l'eussent rempli d'eiVroi ;

Cotins voitairiens qui n'ont ni dieu ni roi,

Cotins riches et fiers, empanachés, augustes,

A qui l'on liiil la cour, de qui l'on vend les bustes.

Et capables au plus d'écrire chez llavin,

Et qu'on ne siffle pas, ou que l'on siffle en \ain.

Ah! Bftileau, quels Cotins! Ils gouvernent les [)rinces:

Les honneurs du Parnasse à leurs yeux sont trop minces.

Ils veulent de leur main régir encor l'Étal.

Et réunir le sceptre et le pontificat.

Que n'avons-nous contre eux ta justice sommaire!

Ils nous abêtiront de leur flasque grammaire.

De leur sens énervé qui n'aime et ne hait rien,

Ou n'aime que le Mal et ne hait ([ue le Bien.

Le Bien, le Beau, le Vrai deviennent en leurs thèses

Des lieux de fantaisie où chacun prend ses aises.

Tout est bien, tout es.t beau, tout est vrai; c'est selon

La manière de voir et l'esprit du .•^alon.

Oue le Bien, que le Vrai d'abord ait bonne grâce !

l'A le licau, c'est le gras, ((iiand Aspasie est grasse.

Dans le mépris do tout marcher à pas prudents.

Et jouir, dernier mot de ces lâches pédants!

Par eux tout noble amour s'éteint sur notre terre :

L'homme sort de leurs mains incrcnlule ou sectaire.

Le coMir atteint et nioil, r('s[Hil \i(le ou f'ausst',

Ou railleur imbécile, ou rè\eur insensé.

Ouand le monde aux bandits est une proie ollerle.

Ouels ell'orLs seront faits à conjurer sa perte?

Ht railleurs et rêveurs fuiront ou trahiront.

Oh! devant l'avenir il faut baisser le front!

Si Dieu ne nous secourt en ces ignominies,

.le vois l'avenir plein de hontes inlinies ;

Je vois l'apostasie à leifronté maintien

Trahir le nom français comme le nom chiétieu.

(Jui renia l'autel reniera la patrie.

Nous entendrons un jour notre langue flétrie,

Dans Paris qui rira sans penser à bouger,

Chanter cyniquement quelque maître étranger.

Pourquoi pas? D'un malheur sihontenx qui nous garde ?

Voltaire à Frédéric, Platon de corps de garde,

Souhaitait la victoire aux dépens des Français :

Songe-t-on là-dessus à lui faire procès?

Tout est bon qui nous vient d'une main sacrilège.

Béranger peut chanter dans Paris qu'on assiège;

El le ilun tpii mettrait la cathédrale en feu

Paraîliail un sauveur s'il savait brûler Dieu,

Jusqu'oii de nos rhéteurs n'iront point les prouesses?

Certe, ils ont fait l'essai de toutes les bassesses,

Et tout a réussi, puisqu'ils sont admirés.

Que dis-je? on les estime; ils meurent adorés.

Où court ce peuple? A qui ce funèbre cortège?

Quel mort d'un deuil public obtient le privilège?

Est-un prince, un héros, un saint? — C'est un auteur.

— Qnel fut donc son talent? — Il fut blasphémateur.

Et polluant la muse abaissée à sa taille,

Fit de l'impiété le sel de la ripaille.

On le sacra dès lors, et la foule et les grands

Haussèrent ce Thersite en fléau des tyrans.

Quels tyrans? Les devoirs. L'ignorance, en son li\ re,

De la crainte du ciel en etfet se d('livre.

Pour un pareil talent le laissant à Catin,

Autrefois Philaminte eût chassé Trissotin.

Philaminte aujourd'hui n'a plus de tels caprices!

Affrontant sans broncher cette odeur de gros vices ,

Dans son boudoir orné des bouquets de Nohant,

Elle laisse entr'ouvert l'évangile truand.

C'est un culte public de la muse avilie.

Si Corneille vivait, ou l'auteur d'Athalie,

Les honorerait-on comme on fait le mortel

Qui plus eff"rontéraent a craché sur l'autel''

Oh que non! Ils étaient bons chrétiens : lâches âmes!

Ils respeclaioiil les rois : bas esprits, ed'uis iiilmiics! Ainsi diraienl les rois eux-mêmes. (les peureux N'aiment pas que l'on soii pour le ciel et pour eux ; CVsl trop les compromettre avec le populaiie. D'ailleurs. rim[)iété leur peut-elle déplaire? Ils sont hommes, leur cd'ur craint le joug de la loi; S'il faut (Mre chrétien, à quoi sert d'être roi? Là, Voltaire et Colin abondent en sophismcs. De l'absolu pouvoir ils font jouer les prismes. Aux peuples comme aux rois montrent la liberté. Arrangent tout, pourvu que Dieu siùt écarté. Dieu de moins, c'est assez, tout se réconcilie! Contre Dieu déchaînant la commune folie. Le héros du moment, l'homme au rouge chiil'ou. Est fils de ces docteurs; il les connaît à fond. Dans son langage absurde, effrayant d'insanie, On retrouve leur dogme, et c'est là son génie. Hélas! à quel bâton réservez-vous, Seigneur. Le peuple qui vénère un tel libérateur!

UN rOÈME ÉPIQUE

« ((oLUiNY languissait dans les bras fin lepos, « Et le sommeil trompeur lui versait ses pavots. ( Soudain de mille cris le Itruit époux antahh^ « Vient arracher ses sens à ce calme agréable :

I 11 se lève, il regarde, il voit de tous côtés < Courir des assassins à pas précipités;

" \\ voit biiller partout les flambeaux et les armes. u Son palais embrasé, tout un [leuple en alarmes...

Vous entendez Voltaire en un morceau d'éclat. (>et aigle volontiers hante le pays plat!

II cheville aussi dru qu'homme qui rime en France 11 a le lieu commun abondant, parfois rance ;

Son essor paresseux et bientôt essoufflé

Simule mal la verve ; il est toujours enflé. Toujours plcîtré de fard, d'amidon, do pommade ; L'ennui comme en son fort gît dans sa Ileiniade. Ce bahut héroïque, à dix compartiments, Est l'entrepôt du somme et des lourds hàillemenls. Soigneux de l'assortir, il a [lillé cinq langues : Description, récit, allégorie, harangues.

Tout ce qu'imagina Phébus démuselé Pour agacer- l'oreille, est ici rassemblé. Détestable bouillon d'ingrédients épiques! Les sauces de Quinet sont moins soporifiques ; J'aime mieux Yacquerie ou Laprade, et je croi Ou'au bout du i)ont des Arts, il n'est rien de si froid

Je suis certe ennemi des vermillons sauvages Dont les fils de Hugo se peignent en Osages, Et ne fais aucun cas du vers à corselet, Traînant la rime riche en façon de boulot; Beau genre, où le pathos dans le [lalois circule ! Cent fois plus, néanmoins, je hais l'art ridicule Oui tréfile les niots, sottement attentif A tirer douze i)ieds d'un uu^chant adjectif; Et cet autre talent de travestir les choses, (Jui, faisant le dégât parmi les œuvres closes. Et se chargeant sans goût d'un indigent butin. Farcit notre français de grec et de latin. •

Exiiiuiiic/, N oltaire el ('(imme il se (.•oiiiiiortQ :

Sans cesse à l'adjectif il demande main-forte ;

Pour en masquer des trous, — qui restent à bouclier. —

Il rallonge, il l'étiré, il ^a loin le chercher.

niais, inutiles soins, risible stratagème !

Rien ne vaut un vers dru qui se tient par lui-même.

Notre sire en fait peu de ce goût séduisant,

Et je sais bien pourquoi je bâille en le lisant !

Autre dégoût : A moins d'entendre avec extase

Dans le vide parfois rontler la périphrase,

A moins de s'être mis au cerveau tout Ghompré,

Comment ne pas siffler un rimeur empêtré

Oui, traînant sans répit ses élégances fades,

Ne voit dans les forêts que des hamadryades,

Ne parle du sommeil qu'en montrant ses pavots.

Nous répète qu'Amour est le Dieu de Paphos,

Et va saupoudrant tout de ce pastel fragile?

Veut-il une tempête ? Il l'emprunte à Virgile :

Sur l'humide élément, Éole, toujours prêt,

Avec le vieux Borée et sa bande apparaît ;

Vous avez tous les traits qu'en seconde ou troisième

Pourrait, dans son Gradus, trouver un fort en thème :

Les aquilons mutins, les abimes des flots,

L'éclair étincelant, les pâles matelots.

Si la guerre civile en un pays s'allume,

Vesprit de faction prend un corps, il s'emplume ;

C'est un affreux oiseau qui, « itlus prompt que Vcchnr,

« Fend d'un vul assuré les campagnes de l'air. »

0\ide la décrit, ce monstre est la Discorde.

Bon ! vous n'attendrez pas ; l'auteur saisit la corde.

Et, des malheurs publics pour donner la raison,

Le voilà qui traduit tant bien que mal Nason :

La Discorde est en l'air : « Le trouble et les alarmes

« Présentent à ses yeux des objets pleins de charmes;

« Son haleine en tout lieu répand l'aridité,

« Le fruit meurt en naissant dans son germe infecté,

« Les épis renversés sur la terre languissent,

« Le ciel s'en obscurcit, les astres en pâlissent,

« Et la foudre en éclats, qui gronde sous ses pieds,

« Semble annoncer la mort aux peuples eflrayés... «

Ce morceau lumineux, pris des Métamorphoses,

11 faut en convenir, fait bien saisir les choses !

Tableau vraiment vivant, spectacle de stupeur !

J'y suis, j'en ai les yeux écarquillés de peur,

Et je fuis... Mais bientôt cet auteur pathétique.

D'un burin non moins fort, me \mni la Politique,

(I Fille de Vlntérèt et de VA7nbition,

« D'où naquirent la. Fraude et la Séduction.

« Ce monstre ingénieux, en détours si fertile,

a Accablé de soucis parait simple et tranquille ;

« Ses yeux creux et perçants, ennemis du repos,

<i Jamais du doux sommeil iiVml connu Its pavots. »

Ah! cela fait Wmir! Sous fies traits plus sinistres,

Naflar saurait-il peindre un conseil des ministres?

Ce saisissant portrait du politique sec ,

Est presque du latin ; avant, c'était du grec.

Ne laissons pas ternir ces perles immortelles,

Et chantons Arouet qui nous les rend plus belles !

Ailleurs, parlant du peuple et de ces retours prompts

Qu'on obtient de la foule au gré des éperons :

" Ainsi Vange des mers, sur le sein (VAwphitrite,

« Calme à son gré les Ilots, » dit-il, « ou les irrite. »

Ainsi, mais pas souvent, Arouet se souvient

Qu'il fait des vers français et ([u'il est né chrétien.

C'est très-rare et très-court ; il retourne à son guide.

Tout l'assaut de Paris est pris de l'Enéide.

Turnus, les dieux, Énée, Évandre sont là; rien

N'est omis... sauf pourtant l'accent vir^ilien!

On voit aux champs dlvry les déesses descendre;

Le palais de l'Amour, dans le pays de Toidre,

Au nH'pris de Boileau qui souvent en a ri.

Est bâti sur les plans de Manon Scudéry.

Comme ces Gupidons et ces nymphes poudrées,

La langue s'exténue en plates simagrées;

Cela n'est d'aucun temps, d'aucun lieu, d'aucun art :

Vous ne touchez partout que l'épaisseur du fard.

La lune sous son nom n'épand plus sa lumière;

iVesl « d'un mois malheureux Vinégale courriére. «

Sabre, canon, fusil, sont, des subslantil's bas,

Et sans les voir paraître on francbit vingt combats.

Certaine arme à décrire a pris six hexamètres;

Écoutez celte énigme à dérouter les maîtres : •

u Au mousquet réuni, le sanglant coutelas

« Déjà do tous côtés porte un double trépas.

« Cette arme que jadis, pour dépeupler la terre.

« Dans Rayonne inventa le (K'mon d(> la guerre,

«< Assemble ot\ même temps, digne fruit de Venfer.

« Ce qu'ont de plus terrible et la flamme et le fer. «

Après avoir relu cette phrase si nette,

Tu cherches, bon lecteur?— Le mot est baïonnette.

.l'en passe, et des plus gais! Je passe cent dictons

A rouler en spirale autour des mirlitons;

.le passe des (juatrains, dos sixains, des distiques.

Faits pour les confiseurs ou pour les poéti(]ues.

Tout le neuvième chant, désagréable écho.

Est du Virgile pur... en habit rococo.

C'est là qu'à la Discorde on voit l'Amour iidolo.

l'our désarmer Henri, susciter Gabrielle :

« Telle ne brillait point, aux bords de FEurotas.

" La coupable beauté qui trahit Ménélas...

« L'Amour, qui cependant s'apprête à la surprendre.

'< Sous un nom supposé vient près d'elle se rendre,

* Ouo nosttérail-il point aid(' de tant d'appas!

« Au-devant du monarque il conduisait sespas. « Vart simple dont lui-même a formé sa pamre « Parait aux yeux séduits l'effet de la nature. » Mais, du ciel, saint Louis voit la scène : aussitôt Il dépêche à son fils Minerve... en huguenot. Minerve tarde, hélas ! « Au bord à'une onde claire, « Sous un myrte amoureux, asile du mystère, « D'Estrée à son amant prodiguait ses appas; « Il languissait près d'elle, il brûlait dans ses bras. Soudain Mornay parait, « dans un morne silence! » Son seul aspect suffit. Rompant à l'indécence, L'amant part. La beauté ferme l'œil en trois vers. « L'Amour, qui l'aperçut, jette un cri dans les airs : « 11 s'épouvante ; il craint qu'une nuit éternelle « N'enlève à son empire une nymphe si belle, « N'efface pour jamais les charmes de ces yeux « Oui devaient dans la France allumer tant de feux. « Mornay, toujours sévère et toujours inflexible, « Entraînait cependant son maître trop sensible!... »

Beaux amours de Didon, fureurs chastes encor, Eh quoi ! ce chrysocale est tiré de votre or ! Vous avez inspiré ces lâches hémistiches, Ce babil énervé, ce caquet, ces postiches!...

Un dessin mal conc^'u, plus mal exécuté.

Jamais un mot vivant que le cœur ait dicté ; Des décors de théâtre où tout grince et chancelle; Pour acteurs, des pantins dont on voit la ficelle; Un liachis de centons triés de mille écrits. Vinizt auteurs imités, vingt auteurs appauvris; Aucune invention nulle part ; point de style. Mais le cours clapotant d'une \eine l'utile Qui, sur tous les terrains jasant du même ton, S'ou\re et flue aussitôt qu'on touche le piston; Bref, des vers de bureau, je crois que c'est tout dire ■Voltaire en reste là dès qu'il veut ne point rire.

Longtemps j'ai médité : Qu'aiment-ils là dedans, Eux-mêmes les bourgeois, eux-mêmes les pédants? Comment résistent-ils à l'ennui noir et dense Que répand à foison l'endormante cadence? Ils n'y résistent pas! Le sens voltairien Ni le goût de collège à cela ne peut rien. Ou bourgeoise ou pédante, ici toute figure, Sitôt le livre ouvert, bâille à toute envergure; Nature ainsi le veut, dame Césure aussi. Mais nos hommes de goût n'en prennent pas souci. Eh! qu'importe? Voltaire, en ces ingrates rimes, Contre Rome et le Christ a fourré cent maximes ; Lorsqu'il semble prier, de son rictus malsain. Avec dévotion sort un soufïle assassin.

Le bourgeois le respire, et. charmé, se raisonne :

— Il peut bien ra'ennuyer, pourvu qu'il m'empoisonne!

Critique, que veux-tu? Ces hors-d'œuvre pesants

Sont, au goût du lecteur, savoureux et plaisants.

Goijt absurde, sans doute, ignare fantaisie !

Antipode brutal de toute poésie!

Cependant, quel remède? Aux esprits de travers

Vont si bien ces ronrons que l'on nommée un beau vers, »

Et depuis qu'on écrit, toute sottise écrite

Paraît si triomphante au sot qui la récite!

Voltaire le savait; de ce charme puissant

Il a revigoré son ramage agaçant.

Otez-en ce surcroît d'ennui, ce virus fade,

Vous verrez sur les quais périr la Henriade.

Oui ; mais comment l'ôter et brider tant d'oisons

Oui vont là contre Dieu se munir de raisons?

Le destin de l'auteur est celui de l'ouvrage :

11 vivra d'autant plus (ju'il est mort davantage.

Ainsi, par le poison dans sa veine injecté.

Le vil cadavre garde une immortalit('.

Page 1