‹ Satires (volume 2)Chapitre 52 sur 58 · SAMARIE · texte numérisé non relu

SAMARIE

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé ; Son bras menace encore, il est toujours levé.

Je vois une race pourrie, Un festin préparé pour les vers du cercueil !

Dans la jactance de l'orgueil.

Que disent-ils à Samarie?

Ils disent : — Soyons forts ; déposons notre deuil;

Nous rétablirons la patrie !

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé; Son bras menace encore, il est toujours levé,

Ils disent : — Nous avons encore Des bras, rebâtissons nos remparts dévastés ;

Et deux cèdres seront plantés

Pour remplacer un sycomore.

En pierres refaisons des murs mieux cimentés,

Qu'un arl plus savant les décore !

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé ; Son bras menace encore, il est toujours levé.

Voici que le Seigneur excite Des ennemis nouveaux, nombreux, inattendus.

Ceux-là que l'on croyait perdus,

Un vent de mort les ressuscite; L'Assyrien accourt de ses sommets ardus,

Et le Philistin et le Scythe.

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé; Son bras menace encore, il est toujoiu's levé.

Le Seigneur Dieu veut qu'on le croie!

Pour prendre un prix de sang depuis longtemps légué,

Le pied qui foule s'est ligué,

Farouche, avec la dent qui broie ; L'épée a bu du sang et l'arc s'est fatigué :

C'est le jour des oiseaux de proie.

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé ; Son bras menace encore, il est toujours lève.

Ils connaissaient mes lois sévères, Ils n'ont que trop connu mes délais indulgents!

Ils en ont ri ; les jeunes gens

Ne vaudront pas mieux que les pères.

Ces hypocrites, pleins de pensers outrageants.

Me mentent jusqu'en leurs prières.

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé ; Son bras menace encore, il est toujours levé.

Que Jacob l'entende et le sache :

Le feu du ciel s'allume au vent d'impiété.

Tout périt, rien n'est abrité

Où la langue du feu s'attache ; Le feu dévorera ce qu'avaient respecté

Et la sauterelle et la hache.

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé ; Son bras menace encore, il est toujours levé.

Regardez ce peuple imbécile !

A-t-il connu la main qui s'abaisse sur lui?

Sait-il, au maître qu'il a fui,

Deiiiaïuler un pardon facile?

Le châtiment l'aveugle; aucun rayon n'a lui Dans son cœur toujours indocile.

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé; Son bras menace encore, il est toujours levé.

Le repentir qu'en vain j'épie, Lâche et tardif viendra : je ne l'entendrai plus.

Voici mes décrets absolus :

Je veux que le crime s'expie !

Tuez ces faux docteurs, ces hommes dissolus ;

Exterminez la race impie.

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé ; Son bras menace encore, il est toujours levé.

Le feu prendra dans les ramées, 11 embrasera l'orme au bord des ruisseaux frais,

Il traversera les guérets,

Les gerbes seront consumées ; lit le fléau vainqueur sur les hautes forêts

Roule l'orgueil de ses fumées.

Le courroux du Seigneur s'est encore aggravé ; Son bras menace encore, il est toujours levé.

Leurs malheurs deviendronl célèbres.

La discorde et le crime achèvent ces débris :

Ils pillent leurs derniers abris

Effrayés de scènes funèbres ; Dieu leur voile sa fiice, et les cœurs assombris

Se haïssent dans ces t(Mièbres.

Le courroux, du Seigneur s'est eiu;ore aggravé; Son bras menace encore, il est toujours levé. .

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