‹ SatiresChapitre 43 sur 72 · UN POETE · texte numérisé non relu

UN POETE

Ne crains rien, mon ami, de ma muse discrète ; Tu te sers gentiment d'un faible mirliton ; Seulement, tu parais trop vain pour un poète, Et tu bois trop pour un Breton.

DTN GRAND PENSEUR

Un grand penseur, d'un broc profond

Deux fois par jour voyait le fond,

Ne manquant point ses deux cuvées.

Dans i'entre-deux, la plume en main,

De ses lumières relevées

Il éclairait le genre humain :

Il prouvait que l'animal pense,

Que l'homme est Dieu , que le néant

Seul a créé l'Être créant ;

£t puis il remplissait sa panse.

Or, certain jour, s'étant pansé,

Le grand penseur, près de son livre,

Tout en pensant, tombe mort-ivre

Sur un chapitre bien pensé.

On vient, on le ramasse. Un somme

Aurait guéri 1res- bien notre homme.

Mêlant le râle et le hoquet,

11 disait lui-même : — Un baquet !

Esculape y voit le délire,

Saigne... Et le grand penseur expire.

En termes d'art, cette fin-là

^'appelle : Mors a crapula.

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