‹ SatiresChapitre 69 sur 72 · Àr'Moab, la vilks capitale · texte numérisé non relu

Àr'Moab, la vilks capitale

Ils ont fui dans Sëgor aux portes indomptées;

Mais Sëgor ne résiste pas.

Allez, précipitez vos pas ;

Allez, vos heures sont comptées I Je te plains, ô MoabI tes œuvres effrontées Vont recevoir leur prix du Dieu que tu trompas.

Ils gravissent en pleurs leurs collines flétries; Ils n*ont qu'un mot, qu'un cri : Fuyons!

Ils tombent morts dans leurs sillons Et dans leurs fontaines taries.

Car je perdrai Moab et ses idolâtries;

A qui fuira le fer j'enverrai des lions I

YettX^tu vivrOf Hoab? Moab, veux-tu renaitre? Du pauvre sois le protecteur, Rends hommage au Dieu créateur I Un fils de David va paraître :

Parce que dans ta race il a pris un ancêtre S

Il sera ton refuge et ton libérateur.

Mais bon, tu veux périr. On connaît ta superbe! Tes sages aveugles et sourds

t. Rulh, Moabite, aïeule de N.-S. J.»C.

Profèrent d'arrogants discours. .

Tu seras égalée à l'herbe!

Voici le moissonneur ; il n'a fait qu'une gerbe De tes hauts murs de brique armés de fortes tours.

La malédiction est partout répandue;

Hésébon meurt dans un désert,

La faux est déjà sur Jazer ;

Sabama, ta gloire est perdue.

Vigne de Sabama, si belle d'étendue, Tes rejetons coupés sont jetés à la merl

Je suis triste ; mon cœur, comme un son de cithare,

Gémit sur Moab qu'il aima.

Je pleure sur toi, Sabama :

Tes frais coteaux que l'été pare.

L'ennemi les vendange et la mort s'en empare ; La mort règne en ces lieux que la joie anima.

C'en est fait, mercenaire aux paroles hautaines :

Voici que des pieds méprisants

Écrasent tes épis pesants,

Et tes murs et tes capitaines I Et quand s'accompliront ces menaces certaines? Si tu le veux savoir. Dieu te laisse trois ans.

TÏR

X EUPLEs, savez-vous la nouvelle ?

L'oiseau la porte sur son ail«,

Les flots la redisent aux flots ;

Les vents, de leur voix solennelle,

En instruisent les matelots :

Sur Torgueil et sur Tor, malheur à qui se fonde I Tyr, reine de la mer, a disparu du monde I

Qu'en dites-vous, gens d'entreprises,

Banquiers, marchands, coureurs de mers?

Qu'en dites-vous, roches et brises?

Qu'jen dites-vous, vagues soumises?

Et vous, et vous, colosses fiers, Qu'en dites- vous^ vaisseaux dominateurs de l'onde? Tyr, reine de la mer, a disparu du monde 1

Le vaisseau hurle, le vent pleure,

Le trafiquant est consterné ;

Celui qui sur la mer demeure

D'un vain espoir encor se leurre ;

Le juste n'est point étonné :

Nous attendions, Seigneur, ta justice profonde. Tyr, reine de la mer, a disparu du monde I

Ses trafiquants étaient des princes ; Ses marchands^ sur la pourpre assis.

Dans le gain s'étaient endurcis.

Tyr, disaient-ils, a pour provinces La mer, et TËgypte, et Tarais I Malgré l'or de Tarais et l'Egypte féconde, Tyr, reine de la mer, a disparu du monde.

Tous les vices l'avaient ornée,

La courtisane couronnée,

Chère et funeste aux nations ;

La terre aimait cette fleur, née

De l'amas des corruptions.

Où le crime abonda le châtiment abonde :

Tyr, reine de la mer, a disparu du monde t

Connaissez le Dieu des armées i El a fisit ce que vous voyez I

Les marchands-rois de Tyr, nu-pieds, Errent par bandes affamées Autour de leurs comptoirs broyés, ^rimpie orgueilleux que ce grand cri réponde : Tyr, reine de la mer, a disparu du monde!

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