Àr'Moab, la vilks capitale
Ils ont fui dans Sëgor aux portes indomptées;
Mais Sëgor ne résiste pas.
Allez, précipitez vos pas ;
Allez, vos heures sont comptées I Je te plains, ô MoabI tes œuvres effrontées Vont recevoir leur prix du Dieu que tu trompas.
Ils gravissent en pleurs leurs collines flétries; Ils n*ont qu'un mot, qu'un cri : Fuyons!
Ils tombent morts dans leurs sillons Et dans leurs fontaines taries.
Car je perdrai Moab et ses idolâtries;
A qui fuira le fer j'enverrai des lions I
YettX^tu vivrOf Hoab? Moab, veux-tu renaitre? Du pauvre sois le protecteur, Rends hommage au Dieu créateur I Un fils de David va paraître :
Parce que dans ta race il a pris un ancêtre S
Il sera ton refuge et ton libérateur.
Mais bon, tu veux périr. On connaît ta superbe! Tes sages aveugles et sourds
t. Rulh, Moabite, aïeule de N.-S. J.»C.
Profèrent d'arrogants discours. .
Tu seras égalée à l'herbe!
Voici le moissonneur ; il n'a fait qu'une gerbe De tes hauts murs de brique armés de fortes tours.
La malédiction est partout répandue;
Hésébon meurt dans un désert,
La faux est déjà sur Jazer ;
Sabama, ta gloire est perdue.
Vigne de Sabama, si belle d'étendue, Tes rejetons coupés sont jetés à la merl
Je suis triste ; mon cœur, comme un son de cithare,
Gémit sur Moab qu'il aima.
Je pleure sur toi, Sabama :
Tes frais coteaux que l'été pare.
L'ennemi les vendange et la mort s'en empare ; La mort règne en ces lieux que la joie anima.
C'en est fait, mercenaire aux paroles hautaines :
Voici que des pieds méprisants
Écrasent tes épis pesants,
Et tes murs et tes capitaines I Et quand s'accompliront ces menaces certaines? Si tu le veux savoir. Dieu te laisse trois ans.
TÏR
X EUPLEs, savez-vous la nouvelle ?
L'oiseau la porte sur son ail«,
Les flots la redisent aux flots ;
Les vents, de leur voix solennelle,
En instruisent les matelots :
Sur Torgueil et sur Tor, malheur à qui se fonde I Tyr, reine de la mer, a disparu du monde I
Qu'en dites-vous, gens d'entreprises,
Banquiers, marchands, coureurs de mers?
Qu'en dites-vous, roches et brises?
Qu'jen dites-vous, vagues soumises?
Et vous, et vous, colosses fiers, Qu'en dites- vous^ vaisseaux dominateurs de l'onde? Tyr, reine de la mer, a disparu du monde 1
Le vaisseau hurle, le vent pleure,
Le trafiquant est consterné ;
Celui qui sur la mer demeure
D'un vain espoir encor se leurre ;
Le juste n'est point étonné :
Nous attendions, Seigneur, ta justice profonde. Tyr, reine de la mer, a disparu du monde I
Ses trafiquants étaient des princes ; Ses marchands^ sur la pourpre assis.
Dans le gain s'étaient endurcis.
Tyr, disaient-ils, a pour provinces La mer, et TËgypte, et Tarais I Malgré l'or de Tarais et l'Egypte féconde, Tyr, reine de la mer, a disparu du monde.
Tous les vices l'avaient ornée,
La courtisane couronnée,
Chère et funeste aux nations ;
La terre aimait cette fleur, née
De l'amas des corruptions.
Où le crime abonda le châtiment abonde :
Tyr, reine de la mer, a disparu du monde t
Connaissez le Dieu des armées i El a fisit ce que vous voyez I
Les marchands-rois de Tyr, nu-pieds, Errent par bandes affamées Autour de leurs comptoirs broyés, ^rimpie orgueilleux que ce grand cri réponde : Tyr, reine de la mer, a disparu du monde!