L'ART POÉTIQUE
(j'est un étal bizarre, et pour moi tout nouveau,
Que d'avoir à la rime appliqué mon cerveau.
Depuis que j'ai mordu dans ce gâteau de fée,
Ma raison vagabonde et ma tète échauffée
Trouve partout prétexte à fabriquer des vers.
Comme des papillons parmi les buissons verts,
Éclatants de couleurs et de syllabes riches,
En mon esprit charmé volent les hémistiches.
Je suis désarçonné. J'avoue et reconnais
Qu'on peut être honnête homme et faire des sonnets!
J'en fis un l'autre soir; j'ai fait une ballade,
Je médite un rondeau. Ne suis-je point malade.
Ou pire? Et faudra-t-il me faire exorciser?
Ah I que c'est un démon étrange à maîtriser,
('e doux lutin des \ers 1 Avec vous il chemine ; 11 surprend, il s'impose, il enchante, il domine. Je me sens tout honteux de me voir poursuivant La rime qui me jette un accord décevant.
Ainsi faisaient Boileau, Racine, la Fontaine : Les rimes qu'ils chassaient, las I en valaient la peine ; Mais celles que j'atteins? N'importe 1 je poursuis. Dans les champs, dans les bois, sans savoir où je suis, Sans entendre le vent ni le flot qui murmure, Sans voir sur le buisson ni la fleur ni la mûre, Qu'il pleuve ou qu'il poudroie, en moi-même enfoncé, Je songe à bien flnir mon vers bien commence.
D'autres fois, n'ayant rien en train qui me tourmente, Zeste 1 un sujet nouveau tout à coup se présente : Un roman du pays que l'on m'aura conté, Un trait de mœurs, un mot, et me voilà tenté. Je suis tenté de tout, hormis de tragédies.
L'œuf tragique est à pondre aux muses refroidies : 11 y faut des docteurs qui me glacent d'effroi, Tels qu'on dépeint Ponsard, ou que je vois Ponroy... Des tragiques du temps ma muse est ennemie, Et craindrait de trotter leur pas d'académie ; Ils font faire à Pégase un métier de cheval ! Hors de là tout me plait, môme le madrigal.
Quel plaisir d'aiguiser l'épigramme mutine,
- Gl —
De coudre le refrain à la ballade fine,
D'esquiver l'hiatus, ce granit agaçant
Qui dresse en plein chemin son pic embarrassant ;
Ou, par un tour soudain, par un mot qui scintille,
De faire un agrément même d'une cheville 1
Encor, ce ne sont là que les moindres bonheurs ;
Il est des soins plus beaux et des succès meilleurs .
Toucher les cœurs, donner des formes de lumière
À ce profond parfum des âmes, la prière ;
Et par des vers bien faits, chez le lecteur dompté,
Comme avec des clous d'or fixer la vérité î
Qui me dira pourquoi, plus mornes que l'envie. Les poëtes toujours se plaignent de la vie?
Dieu ne leur a donné que d'aimables tourments Et la gloire à chercher par des sentiers charmants. Leurs jours sont égayés d'éclatantes féeries. Les accords, les couleurs, les chimères fleuries, Le rien-faire occupé, ce sont là leurs trésors. Nathan a moins de joie en tous ses coffres-forts; Dans la Bourse agitée il ne fait pas' de rêves Si riches et si doux que j'en fais sur ces grèves. Il voit un flux d'écus le baigner, le couvrir; C'est illustre I Mais moi, je vois le ciel s'ouvrir! Le grand riche, c'est moi. Mon Dieu ! je vous tiens quitte. Que fait de ses ducats le digne Israélite?
— Bail les fait travailler, je présume, à bon prix ; Il a chevaux, laquais, mattre-queux, beaux esprits, S'il les aime; de plus, il est baron d'Autriche. Gela peut durer moins qu'un passable hémistiche; Puis la cstmarde accourt. Bonsoir ! tu n'es plus rien, Qu'un juif plombé..., pas même académicien!
Moi, de mes visions mille fois apparues.
Mes rentes, je le sais, ne seront guère accrues. Ni mon renom peut-être, et sans gloire je meurs. Mais j'ai vécu joyeux de mes humbles labeurs ; Mon âme a doviné les lueurs du génie.
J'y sens inœgnito résonner l'harmonie ; Rempli de beaux désirs, brûlé d'un noble feu, J'entends chanter en moi quelque chose de Dieu.
Quand vous m'avez permis ce chemin de délice, Que m'importe, mon Dieu, qu'Israël se remplisse, Et qu'un courtier marron, courtisan de ce roi. Trouve dans les journaux plus de flatteurs que moi 1 Ainsi devraient penser, ce semble, nos poëtes.
Mais peu savent goûter ces voluptés discrètes. Au trafic appliquant les dons qu'ils ont reçus, Ils prétendent gagner de l'argent là-dessus.
Et faire chez Lévy coter leur renommée.
Ils craindraient de n'aimer que l'ancienne fumée
Qu'on appelait la gloire, et qui portait aux deux Les illustres désirs d'un cœur ambitieux.
La gloire, c'est Taisent; sans argent, foin du reste 1 Le don de poésie est estimé funeste, Et ces ingrats diront que les transports heureux, La verve, le travail, sont bénéfices creux.
Ne leur parlez jamais des présents que l'étude Fait à la pauvreté, fière en sa solitude, Ni de la cime auguste où peut monter un cœur, Quand des vils appétits il s'est rendu vainqueur. C'est bon à dire en versl Jamais leur arrogance Sous ce sévère aspect n'aima l'indépendance.
Ils cherchent des patrons. Quel vacarme infernal Quand l'un d'eux par logique aborde à l'hôpital I A tout le genre humain ils en demandent compte. Le mort vivait d'absinthe et craignait peu la honte, Ses vices étaient clairs, son talent incertain ; Une ode de guinguette est son meilleur biitin : N'importe ! On lui devait, disent-ils, sa gamelle. Pour leur compte, ils en font la demande formelle.
— « Quoi donc, chante Kanterne, effroi de Flicoteaux, Parce qu'un Dieu railleur a doté nos berceaux. Parce qu'il y versa tout plein d'horribles choses, Des clartés, des accords, des larmes, quelques roses ; Parce que le fléau de ces dons inhumains,
Tourmentant nos esprits paralyse nos mains, Et sans pitié nous voue à la sotte industrie D'éclairer FUnivers et d*omer la Patrie, 11 faut souffrir la faim? »
C'est selon. Pourquoi pas?
Tu fais de faibles vers, prends de faibles repas ! Devons-nous te payer le plaisir de l'escrime? On te permet ce jeu ; rimer n'est pas un crime. Et quelque autre l'a dit : Chacun à ce métier Peut perdre impunément de Vencre et du papier. Mais prétendre imposer aux foules attristées Et ton encre perdue et tes feuilles gâtées, Quel abus! Ce métier, toi-même l'as choisi; Tu l'aimes : il conduit à l'hôpital ; vas-y 1 C'est là ton champ d'honneur, peut-être de victoire; Vas-y gaillardement. On en fera l'histoire, Et tous les jouvenceaux qui poussent du phébus De ta belle disgrâce orneront leurs rébus. Que veux-tu davantage? Une petite rente A ton gré vaudrait mieux? Deviens ^un des Quarante; Prends la queue, hisse-toi jusqu'à ce ciel blafard Où tu vois des soleils moins brillants que Ponsard. Tu peux ce qu'ils ont pu. Le public charitable, Quand tu seras passé, te trouvera passable.
Mais sans nous fatiguer de ton gémissement, Imite Philarète, attends patiemment.
Vous êtes pétulants, messieurs de l'hyperbole !
Le public prise peu votre art de fi^ribole ;
Pourtant il vous caresse. Avant d* avoir la croix,
Un soldat vers la mort a couru mille fois ;
Vous qui ne mourez pas autant que vous le dites,
On se presse un peu plus à payer vos mérites.
Certes, c'est bientôt fait de vous empanacher I
Ce qu'à Solferino d'autres s'en vont chercher,
Pousse à vos habits noirs comme jonc en eau morte ;
Un succès, parfois même un sifflet vous l'apporte,
Et, sur les boulevards, l'invalide ulcéré
Voit passer Trissotin avant lui décoré,
La chose à digérer peut paraître un peu dure !
A l'immortel sacré je passe sa verdure.
Son laurier sur la hanche et son estramaçon :
Mais cette croix d'honneur à quelque polisson
Pour prix d'avoir chanté Margoton ou Palmire,
Ma foi 1 cela m'irrite, et je brûle c^écrire.
Si dans ces moments-là j'avais la verge en main.
Je ferais au triomphe un cuisant lendemain ;
Du vers le plus sanglant j'armerais ma colère...
Lanterne, paix à toi I Paix à toi, pauvre hère!
Laissant ton estomac et ton terme en suspens,
Dans ton grabat tu fais de l'art à tes dépens.
Ta vanité du moins est sans ignominie :
Tu veux être appointé comme homme de génie,
Gomme aigle. A ton orgueil ton ventre se soumet ;
Tu règles seul ton vol et choisis ton sommet.
Je t'honore en cela plus que je ne peux dire,
Mauvais rimeur, brave homme. — A d'autres la satire ;
A ceux dont le talent, se rendant propre à tout,
Ne tient compte de rien, et pas môme du goût :
Ou pour peuple ou pour roi le moins agile saute ;
On les voit au palais chanter quel que soit Thôte,
Flatter l'un, flatter l'autre; hurler cofitre les cours.
Crier : Abasle$ rois l quand régnent les faubourgs;
Puis, au soleil royal, comme lâches couleuvres.
Aussitôt qu'il reluit faire ramper leurs œuvres.
Et ce n'est rien encor. Pour tirer portion
Du budget, du libraire ou du bon Montyon,
La muse se permet bien d'autres vilenies :
De la morale un jour ; un jour des avanies
A tout ce qu'ici-bas l'homme doit respecter.
La pie est leur oiseau, car elle sait compter !
D'un drame vertueux ils endorment la scène,
Ils la réveilleront demain d'un drame obscène :
A celui-ci le peuple en foule applaudira;
L'autre sera sifllé, mais Montyon paiera.
Et l'auteur, dans sa main ouverte à chaque porte.
Saura ce que le vice et la vertu rapporte.
Ce garçon, dont Molière est l'unique psautier.
Peut commenter Tartufe en homme du métier!
Mais, laissant ces cafards qu'une main plus experte
Cinglera quelque jour d'une rime plus verte,
Je ne m'étonne pas si de pareils succès
Aux crocs noirs de l'envie offrent encore accès,
Et si, tout décores, tout appointés, tout riches.
Loués comme des dieux, pleins comme des bourriches,
Nos Apollons vernis accusent tant le sort*
Ayant pris vers le mal ce détestable essor.
Du mal ils ont reçu l'accoutumé salaire :
La tristesse, l'ennui qu'aucun rayon n'éclaire,
£t ce tourment affreux par l'enfer inventé,
L'insatiable faim dans la satiété.
La véritable muse est celle qui console.
C'est le^ présent de Dieu : loin d'eux elle s'envole;
Sur son aile 'indignée elle remporte aux cieux
Ses trésors méconnus, baumes mystérieux
Qui, de sa main versés dans le cœur des poètes.
Transforment les chagrins en douceurs plus parfaites,
Font chérir le silence, aimer les longs travaux,
Et laissent ignorer si l'on a des rivaux.
L'esprit qu'ont visité ses ardeurs souveraines
Ne met plus son espoir aux louanges humaines ;
Dût l'écho rester sourd à son cri palpitant,
Il chante pour lui-même et pour Dieu qui l'entend.
Ainsi l'oiseau perdu dans le profond espace
Jette sa note pure à la brise qui passe,
Et ne demande pas si seulement ses airs
Ont d'un charme de plus embelli les déserts ;
Ainsi sous ton figuier, près de la mer bretonne,
Sans que For te séduise ou que l'oubli t' étonne,
Tu donnes ta chanson, candide Yioleau,
Et de tes humbles jours esquissant le tableau.
Tu peins sans y penser cette haute victoire
D'un cœur trop près de Dieu pour songer à la gloire.
Bel exemple ! Combien de pareils en voit-on ? Que d'autres, consultant l'écho, changent de ton. Et passent hardiment, afin qu'on leur réponde, De la muse du ciel à la muse du monde 1 — « Viens ! viens ! lui disent^-ils, les applaudissements « Te suivent; c'est assez, nous sommes tes amants, a Mets ce que tu voudras dans nos cœurs, sur nos lèvres, « Allume en notre sang tes plus ardentes fièvres, « Enseigne-nous le mal, si nous sommes encor « A ton gré des enfants trop près de l'âge d'or ; « Commande 1 Seulement, viçrge ou prostituée, a Dicte-nous la chanson la mieux rétribuée. »
Us sont trop écoutés. La fille de l'enfer
Prend de ces malheureux le prix qu'ils ont offert,
Leur âme ; et de sa main au trafic avilie, Leur enseigne à verser non le vin, mais la lie. Ils veulent plaire au monde, ils en viennent à bout. Si le métier n'est pas de se tenir debout, S'il faut, avec les airs que le talent comporte, Flagorner bassement la canaille, qu'importe ! D'éloges entouré, de laurier revêtu, On rattrape en honneurs ce qu'on perd en vertu, Et des profits du jeu lorsqu'on fait le décompte, Qui voit ce que dans Fâme on encaisse de honte? La honte est au dedans, la gloire est au dehors. La gloire, c'est-à-dire, en français, des trésors, Du luxe, des flatteurs et de solides rentes.
Parlez après cela d' œuvres déshonorantes!
« — censeur, ô jaloux! dit le poëte, apprends
a Qu'un acte crouslilleux vaut trente mille francs,
« Que j'y fais accourir les pudeurs que j'opprime,
« Qu'au lever du rideau je perçois une prime,
oc Et que pour le public, dédaignant tes clameurs,
« Je suis l'homme de bien qui corrige les mœurs.
« Lis donc les feuilletons!... Je m'en ris, à vrai dire,
« Et crois qu'avec raison la morale soupire.
« Je laisse soupirer cette hallebreda.
« J'ai pour moi les Quarante et le quartier Bréda,
<K Je suis riche, admiré dans mes œuvres ingambes ;
« Je suis cher aux beautés dont je ftiis voir les jambes ; (c Et comme un grand seigneur, écrasant mes rivaux, « Je me pousse au fauteuil, j'y cours à deux chevaux. ff Ma foi, que la morale en crève 1... Je l'honore : « Mais le vice est fringant, et prodigue, et sonore, « Il fournit de beaux vers, de l'esprit, de l'argent, (( J'ai la croix : pauvre vice 1 il est trop engageant. a Soyons huissier du vice, en dépit de l'envie I « Ce pique-nique affreux qu'on appelle la vie, a Ce mélange imposteur de faim et de dégoût, « Le vice en est encor le plus piquant ragoût ; « Il fait seul lé bouquet de ces falernes fades « Que Tordre nous permet à trop faibles rasades, « Et pour dire son nom, des cafards redouté, V Si le vice est plaisir, c'est qu'il est Liberté. (( Les sages de tout temps l'ont proclamé. La Bible « Nous redit des viveurs l'argument invincible : a Allom^ librement. Pour couronner nos fronts, « Cueillons toutes les fleurs, car demain nous mourrons. « Que répondre à cela? Le trop fameux peut-^tre, « Est un trouble- cervelle, un jésuite, un traître a Qui nous donne en sournois le conseil inhumain « De mourir aujourd'hui pour mieux vivre demain ; (( Mais ses raisonnements me semblent illogiques. « Peut-être que peu^tre est bon en vers tragiques? « Je le mets de côté. Nous nous en servirons
« Pour flatter, le parterre amoureui de rons^om. « Le bourgeois a toujours un faible pour les bourdes. « Quant au reste, merci I Ces questions sont lourdes, « Et je les plante là. La joie est un moment. « Carpe diem! Horace a dit le mot, vraiment : , « Tiens le jour que tu tiens; prends de l'heure (}ui volé « Ce qu'elle offre de doux, car le reste est frivole; « Car tu perdras, Samson, ta force et tes cheveux; « Car tes rivaux vaincus renaîtront plus nombreux ; « Car la voix qui proclame aujourd'hui ton génie, a Dès ce soir va se joindre à la voix qui le nie; « Car ni veilles ni soins ni studieux effort», a N'empêcheront demain que tu sois chez les morts I »
Ainsi l'orgueil lui-même en s'exallant s'abaisse, Et, croyant se vanter, révèle sa détresse.
Tandis qu'il fait le fier, de son cœur ulcéré S'échappe avec cynisme un cri désespéré.
Comblé^ mais tourmenté de sa faim assouvie, Il sent qu'il a manqué le grand but de la vie, Insulté l'Art, trahi le don chaste de Dieu.
Il le sent et l'ignore; et, dans ce noir milieu. Entre un passé mauvais et la mort, double gouffre. L'esprit s'appesantit, l'âme gémit et souffre. Alors, alors, trop tard, en cet ingrat guéret, Fleurit amèrement un stérile regret :
La muse des jours purs, belle comme à l'aurore, Dans l'horizon souillé luit une fois encore.
Le parcourt tout entier, et d'un rayon vengeur En s' essuyant les yeux en éclaire l'horreur. Trésors d'honneur, d'amour, de paix et de lumière ! Trésors perdus 1... Mais quoi, revenir en arrière? Va-t'en, muse! Et domptant quelques soupirs surpris, Un sourire hébété la chasse avec mépris.
C'en est fait pour toujours.
mignons de la gloire I Votre vin capiteux est redoutable à boire :
Pour vous reconforter sur l'austère chemin, Préférez un peu d'eau prise au creux de la main ! Sans doute, un beau délire est charmant; mais l'ivresse N'a qu'un flambeau trompeur, une force traîtresse : A tous les lieux communs vous allez accrocher. Et tel qui croit danser, on le voit trébucher. Le succès est venu soudain ; soudain il passe. Peu d'honneur dans la vie et dans l'art point de trace. C'est votre lot; le peuple, avant vous dégrisé, Du jeu qui l'enivrait n'est plus même amusé.
. Il bâille. Vainement vous lui doublez la dose : Ce n'est pas ce surcroît qu'il veut, c'est autre chose. Prêt à se détourner de vous, son œil moqueur Perce vos procédés connus déjà par cœur ;
Nouveauté du matin, le soir nauséabonde...
Il faut trouver du Vrai la racine féconde, Et dans un mâle effort par Tamour inspiré, Former enfin le Beau du Vrai transûguré.
Voilà Tœuvre I elle est rude, et je ne saurais taire Qu'elle peut tout d'abord décimer le parterre ; Je ne lui promets pas le plantureux laurier Qui du front de Tanny tomba sur Gihoyer, Mais le grand lendemain, le lendemain qui manque Même aux écrits parfaits admirés de la banque, Et qui vient étouffer l'égal près de l'égal, Thiers près de Varillas, Flaubert près de Féval ; Ce juste lendemain, tombeau des éphémères.
Mettra l'œuvre vaillante au rang des œuvres mères, Et de beaux rejetons un verdoyant faisceau Pourra longtemps encor lui faire un renouveau.
Si le succès pourtant se refuse à la peine, L'artiste, sans regret de sa poursuite vaine. Bénit en soupirant l'idéal envolé :
Il ne l'a pas atteint, mais il l'a contemplé !