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Fénelon, dans son avis à l'archevêque de Rouen, s'exprime ainsi : « En vérité, les pasteurs chargés du salut de tant d'âmes ne doivent pas avoir le temps d'embellir des maisons! Qui corrigera la fureur de bâtir, si prodigieuse en notre siècle, si les bons évèques mêmes autorisent ce scandale?... N'avez-vous pas d'emploi de votre argent plus pressé à faire? Souvenez-vous, monseigneur, que vos revenus ecclésiastiques sont le p.atrimoine des pauvres; que ces pauvres sont vos enfants, et qu'ils meurent de tous côtés de faim. Je vous dirai, comme dom Barthélémy des Martyrs disait à Pie IV, .qui lui montrait ses bâtiments : « Die ut lapides isti panes fiant % ! » Ordonnez que ces pierres deviennent pains!...
Même en voyant quelquefois dans la maison de Dieu un luxe si mondain, ne serait-on pas tenté de s'écrier avec La Bruyère 3 : « Quoi! parce qu'on ne danse pas encore aux T. T. (Théatins;, me forcera-t-on d'appeler tout ce spectacle office divin? » J'ai entendu plusieurs personnes religieuses blâmer, comme ayant tout l'air d'une fête païenne, une certaine procession qui s'est faite à Nevers, dans laquelle on avait mis en action les litanies de la sainte Vierge. Les jeunes filles, soit dans leurs familles, soit dans les pensionnats, ont rivalisé de luxe, de
i . M. Cousin, des Pensées de Pascal, 1844, p. 58;
2. Mgr Dupanloijp, La vraie et solide vertu sacerdotale, page 447.