‹ Satires parisiennes du XIXe siècleChapitre 107 sur 135 · page · texte numérisé non relu

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Saint Louis n'estimait pas plus sa personne que celle des autres hommes. « Ne or ne argent ne peut esprisier (avoir le même prix que) le cors de vous, de vostre femme et de vos enfants, » lui disait-on dans un moment de danger sur mer, en lui conseillant de se mettre en sûreté, sans s'inquiéter de ceux qui l'accompagnaient; et le bon roi refusa : il n'y a personne ici, répondit-il, qui n'aime autant son existence que je puis aimer la mienne, « car il n'i a celi qui autant n'ait en sa vie comme j'ai k. »

« Sire, » disait le père Brydayne à Louis XV, avant de prêcher un sermon devant lui, « si je ne vous fais point de compliments, c'est parce que je n'en ai pas trouvé dans l'Évangile. » Plus d'un ministre de Dieu, en adressant des discours, en dédiant des livres à de hauts personnages, aurait dû aussi remarquer le silence de l'Évangile au sujet des louanges aux grands; mais en servant le mets délicieux, on espère toujours avoir occasion de tremper son doigt dans la sauce. Ainsi, j'ai dans ma bibliothèque' un poëme latin, en dix chants, intitulé : Halieutica, ou Traité de pèche, orné de magnifiques gravures, imprimé superiorum permissu, c'est-à-dire avec permission, à Naples, en 1689. L'une des approbations, qui trouve que ce poëme dédommage de la perte de celui d'Ovide sur le même sujet, prétend qu'il mérite moins d'être imprimé que d'être rehaussé de vermillon et d'or, dignus est ut minio et auro exornetur , nedum typis exprimatur, etc. Le jésuite Nicolas Parthenius Giannettasius ose mettre dans sa dédicace à Charles de Carde-

1. Cité par M. Des Michels, Précis d'histoire du moyen âge, p. m.

2. Mgr Dupanloup, la Vraie et solide vertu sacerdotale, p. 437.

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