STANCES
Non, les petits oiseaux Qui chantent en cadence, Que l'air, sur les rameaux, Balance;
Non, les sombres forêts, Dont maintes fois la foudre A réduit les sommets En poudre;
Non, le calme des bois Propre à la rêverie, Et que l'âme, parfois, Envie ;
Non, le ruisseau fuyant
Et qui, sous la verdure,
Roule ses flots d'argent,
Murmure ;
Insérées dans le journal le Cabinet de lecture du 30 novembre 1839,
Non, le vallon paré De fleurs, fraîches écloses, Le lis, l'iris doré, Les roses ;
Non, tous ces honneurs vains, Cet or dont fait parade Le cerveau des humains.
Malade;
Non, rien ne vaut ce mot Que dit la jeune femme, Qui nous parle si haut.
A l'âme;
Ce mot rempli d'appas, Ce mot, le bonheur môme, Ce mot seul, dit tout bas :
« Je t'aime! »
Juin 1838.