‹ Satires parisiennes du XIXe siècleChapitre 117 sur 135 · A MADEMOISELLE D · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE D

Vous qui savez unir, d'une raie alliance,

Les qualités de l'âme au don de la science.

Souffrez qu'admirateur de vos talents divers,

Je vous offre humblement l'hommage de ces vers :

C'est un faible tribut, hélas! dont je m'acquitte,

Car le mérite seul doit louer le mérite.

Mais, imposant silence à nos émotions,

Pourrions-nous rester froids lorsque nous vous voyons

Animer l'instrument, la plus belle conquête

Que pour nous réjouir nous ayons jamais faite,

Mystérieux asile où le son fugitif,

Par un sublime effort, est retenu captif,

Qui semble joindre une âme au don de la parole.

Qu'on eût jadis, peut-être, adoré comme idole ?

A votre main habile à peine il doit la voix,

Que l'oreille est surprise et charmée à la fois.

On dirait qu'on entend au loin gronder l'orage,

Tandis qu'on pense ouïr, sous l'abri du bocage.

Les chants mélodieux du plaintifrossignol.

Mon œil, non moins ravi, cherche à suivre, en leur vol,

Vos doigts harmonieux sur le rh\ ter sonore...

Ah! merveilleux effet d'un ait qui vous honore!

Mon cœur loue en silence alors te Tout-Puissant,

Source divine où l'homme a puisé sou talent.

Là vous avez puisé la grâce qui nous pare.

Cette aimable vertu, don précieux el rare;

Dieu lui-même a formé, de son plus tendre amour, Votre cœur généreux et pur comme un beau jour. 0 qualilés du cœur, vous êtes sans rivales, Les autres qualités ne sont que vos vassales. Le talent, sans le cœur, ne charme qu'un moment; C'est, un feu qui languit, dépourvu d'aliment, C'est la fleur sans parfum... 0 vous que le ciel même Orna si richement de tous les dons qu'on aime , Et qui vous font, je crois, plus chérir qu'admirer. Que pouvez-vous encore avoir à désirer?

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