‹ Satires parisiennes du XIXe siècleChapitre 20 sur 135 · DAME ROUTINE.- ASSASSINATS UNIVERSITAIRES · texte numérisé non relu

DAME ROUTINE.- ASSASSINATS UNIVERSITAIRES

Et j'ai dit ilans mon cœur : Que Taire de ta vie? Irai-je encor suivant ceux qui m'ont devancé. Comme l'agneau qui passe où sa mêre a passé. Imiter des mortels l'immortelle folie?

M de Lamartine.)

Dieu seul a droit Sur tout ce qui respire:

Ne pouvant rien créer, il ne faut rien détruire. [Mélodie de MM. Claimsson et Guébih.)

Pour un illustre corps soyons justes: ses vices

Ne font pas oublier ses immenses services;

Il popularisa le science en tous lieux:

Pour elle, il a comptédes martyrs glorieux.

Mais quand l'on tient en main e1 l'espoir des familles

Et le sort du pays, les moindres peccadilles

Sont des crimes. Messieurs, vivanttropà l'écart,

Le siècle marche, et vous, vous êtes en relard,

Assoupis au milieu d'une lourde atmosphère.

On peul lever le nez sans sortir de sa sphère,

Voir qu'est-ce qui retourne ici-bas; d'un coup d'oeil.

nie.

Jugers'il neige

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i. sans quitter son fauteu

Ehl commenl d

eviner

ce que de vous réclame

Le besoin du m<

iment,

[uand votre esprit, votre

Sont toujours é

garés i

ans ces âges lointains

Où de la Franc<

encor

sommeillaienl les destins

Vous écartez de vous tout avec jalousie,

Vous n'aimez que vous seuls. ... A votre fantaisie,

Messieurs, chacun son goût! Ne nous étonnons plus

De l'usage brutal de nos savanfs en us,

Apôtres empesés de l'esprit de routine,

Qui, pour perpétuer l'urbanité latine.

Ont banni de leurs cours, pour plaire à Juvénal,

Les femmes dont jadis il a dit tant de mal.

Cet arrêt peu galant ne nuit qu'à la Sorbonne;

C'est un tour d'écolier que le corps en personne

A voulu vous jouer, un jour de bonne humeur,

Pauvres femmes! Pour vous est-ce un dur crève-cœur,

De ne pouvoir entendre une bouche classique,

En français saupoudré toujours de sel attique,

Car jamais le refrain ne gâte la chanson,

Roucouler tout hormis l'objet de laleçon!

— Faut-il que pour ces cours les dames se désolent, Quand de s'en abstenir tant d'hommes se consolent?

Si la Sorbonne eût mieux possédé son Platon.

Elle aurait, cerne semble, agi d'autre façon;

Elle eût compris qu'ensemble on peut instruire et plaire;

Et mettant à profit le conseil salutaire

Qu'il donne à Xénocrate, un froid déclamateur

Qui fit bâiller aussi maint et maint auditeur,

Elle eût voulu, brûlant ses vieilles paperasses,

Pour la première fois sacrifier aux Grâces.

Dès lors dom Barbarisme, en l'Université,

Malgré les vieux statuts, perdait droit de cité,

Et l'on congédiait, n'étant plus à la mode,

L'antique et malheureuse et stérile méthode

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Qui n'apprend rien. Je souffre i n voyant lant d'efforts

Pour nous ressusciter des idiomes morts.

Ce jargon que latin pompeusement on nomme,

Eût fait pâmer de rire un écolier de Rome.

Pourquoi s'embarrasser d'un orgueilleux fatras?

Connaître les auteurs ne suffirait-il pas :'

Pourquoi parodier, sans profit et sans grâce.

Ces langues qu'un sommeil de plus de mille ans glace

Ne vaudrait-il pas mieux, plus ami de nos temps,

Faire un meilleur accueil aux langues des vivants 13,

Que d'aller profaner des cendres endormies.

Et de vouloir toujours animer des momies?

Nous vivons tôt mais peu ; ménageons les instants; On ne fait pas un homme avec des mots ronflants.

Que dis-je? Vous tuez plus dune intelligence Avec votre cruelle et funeste exigence.

Des jeunes professeurs, vos lauréats de choix. Combien peu soutiendront leur éclat d'autrefois! Sans cesse harcelés de vos doctes vétilles, De dissertations sur des pointes d'aiguilles, Résistent-ils d'esprit, quand déjà sur leur front. Une ride précoce a gravé son affronl ? Cependant la pairie a cru l'instant propice D'exiger de ses fils quelque léger service;

Mais leur sève tiâtiveesl épuisée enfin

L'homme mûr tout entier est mort dans l'examen M !

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