LES DEBATS — LÀ GAZETTE DE FRANCE LE CONSTITUTIONNEL — LA PRESSE, ETC
Faciès non omnibus una,
A" ce di versa tamen.
Leurs traits ne sont pas les mômes, ils inscrit pas différents toutefois.
(Ovide, Métam. 11, 13.)
Les Débats, bien moins chauds et bien plus pacifiques.
N'osent envisager que les luttes classiques.
Le pédantisme est là dans son cher élément,
Et le collège y trouve un docte complément.
C'est la tour de Babel. De tout on j raisonne3
El l'on ne s'y comprend pas plus qu'à la Sorbonne.
Là, souvent les concours, pour éblouir les yeux,
Exposent leurs produits, les parent de leur mieux.
Enlin lèchent leur ours... Comme noblesse oblige,
Ce qui sort de leurs mains est toujours un prodige.
Là, c'est le rendez-vous, c'est la grande cité
Des petits cumulards de l'Université;
Las d'exploiter le grec, mine trop peu féconde.
Ils veulent s'enrichir à régenter le monde.
Ces ministres futurs qui, du professoral
Ne firent qu'un moyen et non pas un état,
Se rient du bon Rollin, l'ami de la jeunesse,
Qui, jusqu'au dernier jour de sa verte vieillesse,
N'eut qu'un but, qu'une loi, qu'un plaisir, qu'un bonheur :
Faire de vrais savants, de vrais hommes de cœur,
Et non des feux-follets; êtres sans consistance,
A la moindre étincelle, adieu leur existence !
Chapeau bas devant lui, mes petits écoliers!
Respectez les cordons mêmes de ses souliers !
Mais, s'il vous plaît, grugez vos coquettes tartines;
Vantez, faites vanter vos prouesses latines,
Frondez tout à loisir le langage bourgeois,
Sur les siècles passés calquez votre françois;
Dans vos roides discours, plus rigides qu'au cloître,
Ne souffrez pas qu'un mot, chez vous, oteparoître,
Si par Louis quatorze il ne fut prononcé ;
Suivez, suivez les mots d'un coup d'œil exercé,
D'un odieux contact sauvez leur innocence ;
Qu'ils demeurent toujours purs comme à la naissance.
Votre sagacité n'est jamais en défaut :
Qui connaît, mieux que vous, l'état civil d'un mot?
Les mots ne sont-ils pas votre vaste domaine?
Les mots, vous en avez la tête toute pleine...
D'un siècle si fameux, d'autres dans un écrit,
Conservent moins les mots que la grâce et l'esprit.
m SATIRE IX.
Voycz-TOi^s tressaillir la Gazette de France?
Elle veut rompre encorplus d'une bonne lance. Hélas! nous n'avons plus de lois tempéraments!
Corps de fer. cœur de feu, malgré ses deux cents ans :
C'est le dernier îvllct de la chevalerie.
Elle aime franchement Dieu, le roi, la patrie.
Son point de mire aussi, n'est pas l'or... c'est l'honneur I
Elle embrasse avec foi la cause du malheur.
Montjoie et Saint-Denis, voilà son cri de guerre!
On l'entend retentir, on ne l'écoute guère...
On sent que son grand cœur, du vieux, temps trop épris,
S'il n'a rien oublié, n'a jamais rien appris.
Plus jeune, plus cassé, cet autre est si bonhomme, Qu'il faut bien avec lui dormir un petit somme. Constitutionnel !... n'est-ce pas un beau nom? Un peu long, moins pourtant que son moindre sermon.
Sur la foi d'un journal ou de la girouette, Insensé qui s'afflige, insensé qui projette. La Presse, ce matin, avait pourtant dit noir; Le vent vient de tourner, elle dit blanc, ce soir. Noir et blanc, j'en conviens, ne sont pas même chose. Mais ce sont des couleurs du moins qu'elle propose ; On peut facilement entre les deux opter...
Maintenant tâchez donc de vous orienter
Parmi tant de journaux ternes et sans nuance?
Pas de point lumineux; c'est un brouillard immense.
Sornettes et toujours sornettes: auprès d'eux,
Le fou Charivari me paraît sérieux.