L'HOMME DEVANT LA CHARITÉ DE L'HOMME. 1S
Nos petits parvenus trouveraient trop bourgeois,
Et trop au-dessous d'eux ce que faisaient nos rois,
Quand au malade infect, le rebut de l'hospice,
« Le roi te touche, Dieu, disaient-ils, te guérisse !... »
Quand à leur propre table ils servaient volontiers
De malheureux vieillards dont ils lavaient les pieds...
Ils ne ternissaient pas l'éclat du diadème ;
Ils voulaient s'élever jusqu'au Dieu pauvre même -.
La sœur de saint Louis tricotait de sa main Une coiffe, et le roi chez elle entre soudain.
— Je vous fais compliment, cette coiffe est fort" belle ; Sans doute elle est pour moi ; merci, mon Isabelle I
— Non, mon doux sire, elle est, n'en soyez pas jaloux, Pour un prince plus grand, plus élevé que vous.
— Quel est donc le morte! plus grand qu'un roi de France?
— C'est un pauvre du Christ : à lui la préférence.
Mot sublime I voilà la pure charité
Que, flans la crèche, Dieu montre à l'humanité.
II voulut abaisser sa majesté suprême,
Pour grandir, couronner l'humble pauvre qu'il aime ;
Il voulut qu'on donnât, en tribut, à ce roi,
Beaucoup, beaucoup du sien, mais encor plus de soi.