‹ Satires parisiennes du XIXe siècleChapitre 73 sur 135 · page · texte numérisé non relu

page

Dom Bernard de Montfaucon * rapporte qu'on voyait toujours chez le roi Robert-le-Pieux plus de deux cents pauvres qui le suivaient partout. En outre, dans toutes les villes où il s'arrêtait, il faisait donner abondamment du pain et du vin à trois cents et quelquefois à mille pauvres. Il augmenta même cette aumône la dernière année de sa vie. Il touchait les malades et les ulcérés et faisait le signe de la croix sur eux, et l'on disait qu'il les guérissait souvent.

C'est à lui que remonte l'usage pratiqué par nos rois, à leur sacre, de toucher les malades atteints des écrouelles, en leur disant : « Le roi te touche, Dieu te guérisse! »

Joinville2 dit que saint Louis était large aumosnier. «Touz les jours il donnoit à manger à grant foison de povres sanz ceulz qui mangoient en sa chambre; et maintes foiz vi que il leur tailloit leur pain et leur donnoit à boivre. » « Il avoit accoutumé, dit l'abbé de Choisy 3, qui cite les grandes chroniques de France, tous les samedis, de faire entrer dans son appartement secret trois pauvres vieillards. Il les faisoit asseoir, se mettoit à genoux devant eux, leur lavoit les pieds, les essuyoit et puis les baisoit; après quoi il leur donnoit à manger et à chacun quatre sous parisis. Son confesseur et son aumônier étoient seuls présents... » Car son humilité ne lui permettait pas de « mie avoir en desdaing, comme il le reprochait à Joinville, « ce que Dieu fist pour nostre enseignement '>.» Cet immense amour des pauvres fit palpiter le cœur de saint Louis jusqu'à ses derniers moments, car dans les enseignements écrits de sa main, qu'à son lit de mort il remit à son fils Philippe, on lit, entre au-

Page 1