‹ Satires parisiennes du XIXe siècleChapitre 92 sur 135 · POURQUOI ET PARCE QUE · texte numérisé non relu

POURQUOI ET PARCE QUE

Art. XII. Tl sera libre aux archevêques et êvêques d'ajouter à leur nom celui de Monsieur. Toutes autres qualifications sont Interdites, irlicles organiques de la loi n latine h l'organisation du culte, *> avril 1802). « Dans l'usage, » dit M. Dupin, « les anciennes qualifications ont prévalu. »

Ils aiment les docteurs de la loi qu'on les salue dans les places publiques, et que les hommes les appellent Rabbi, Rabbi maîtres, maîtres)... Ne vous laites pas appeler muitres; un seui est votre maître, le Cbrist (S. Matt. XXIII, 7, 10.)

Pourquoi chercher si loin des griefs contre nous?

— Eh! j'exploile la mine; elle est commune à tous,

Chacun peut maintenant y puiser la science

Et grandir, les trésors de son expérience.

Ce n'est pas voire faute, et long fut le procès.

A la science enfin nous avons libre accès.

Vous aviez bien raison, car elle l'ail paraître

Comme est grand le Seigneur, comme esl petit le prêtre.

Ce n'est pas votre compte, au moins, assurc-l-on.

Pour plusieurs d'entre vous qui semblent, par leur ton,

Prendre une large part de cet honneur suprême

Que nous rendons à Dieu, nous autoriser même

A. croire en eux autant qu'en lui. Certain prélal

Qui, dans son évêehé, tranche du potentat,

Instruit; brusque, orgueilleux., entêté, volontaire,

De su voix, de stentor, disait un jour en chaire :

« Les prêtres ne sont pas des hommes, mais des dieux, « Car ils font, ici-bas, descendre Dieu des cieux I »

— Eh! tout doux, monseigneur! Cet orgueil intraitable Qui vous guide ou plutôt qui vous emporte au diable, Est-il donc un évêque? Un valet qui vous sert,

Qui dit à monseigneur qu'on a mis le couvert, Qui par là fait lever monseigneur de sa chaise, Arrache monseigneur au plus beau de sa thèse, Est-il un monseigneur? — De quoi vous mêlez-vous? Plutôt que de parler, monsieur, écoutez-nous. De quel droit, s'il vous plaît, nous faire la leçon? Nous devons la donner, mais la recevoir, non !

— C'est s'arroger, messieurs, un droit contre nature, De monopoliser en ses mains la censure,

De se croire infaillible en tous ses jugements,

Et de vouloir toujours clouer la bouche aux gens.

Alors que l'Évangile ou le code condamne,

Je parle, c'est mon droit, sans porter la soutane.

On attaque un passant, je cours sur l'assassin,

Car il n'a pas le droit de tuer son prochain;

J'avise un mauvais prêtre, à l'instant je le blâme,

Car il n'a pas le droit d'assassiner une âme.

Fort de sa conscience, oui, iout homme d'honneur,

A le droit de parler, s'il parle avec son cœur.

Quand on voit le portrait à côté du modèle,

On peut dire, à coup sûr : « 11 est ou non fidèle. »

Quand je confronte l'homme avec la loi du Christ,

Je corn, rends s'il en suit ou n'en suit pas l'esprit.

Page 1