XL ABRÉGÉ DE L'HISTOIRE
sçavoit que Selim II, son prédécesseur, avoit pensé • estre ruyné par une ligue qui s'estoit formée contre luy, et dont les forces luy avoyent faict perdre la bataille de Lepante en i S'y i .
Le pape et le roy d'Espagne Philippe II , qui avoyent esté les principaux moteurs de la ligue contre le Turc , l'estoyent aussi de la ligue contre le roy Henry IV, et le grand seigneur avoit raison de craindre que s'ils reussissoyent dans leurs desseins, ils ne renouvellassent une seconde ligue contre son empire : en faut il davantage pour haïr un mot qui peut estre suyvy de beaucoup de révolutions?
Heureusement le roy Henry IV ne fut pas redu it à accepter ce secours barbare. Dieu luy inspira un moyen plus juste et plus doux, ce fut de rentrer dans le sein de l'Eglise romaine : il s'y fit instruire, et recogneut à la fin queceste religion est la plus pure et la plus certaine dans ses poincts fondamentaux, et que les variations et l'idolastrie, dont on l'accuse, ne sont que des prétextes chimériques pour la rendre odieuse.
Le roy s'estant converty à la religion de ses ancestres, la ville de Paris, et à son exemple les plus considérables villes du royaume reçeurent ce prince , qui leur pardonna leur rébellion ; les princes et les seigneurs liguez se soumirent à leur
DE LA LIGUE. xu
devoir, et la paix fut rétablie dans le royaume, qui en avoit esté privé par l'ambition du duc de Guyse, et par la bonté excessive, la mollesse, et la bigoterie du roy Henry IIL Gomme monsieur le duc de Roban Fa monstre dans le discours suyvant qu'il a composé sur les affaires de la ligue.
DISCOURS