POUR GUARIR DES ESCROUELLES
Ce pauvre charlatan ne vivoit que de ce mestier, et se morfondoit fort , combien qu'il fust affublé
' Ancienne expression proverbiale qui signifie, contester d'une chose imaginaire, ou qui n'est pas au pouvoir de ceux qui en disputent, mais qui veut dire proprement ici, disputer l'un contre l'autre sur une chose à laquelle un tiers a seul intérêt. Par les mots suivants, sur le perron du Plessis, l'auteur désigne le cardinal du Perron, qui eut à Tours une dispute de religion avec du Plessis Mornay.
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d'un caban ' fonné tout pelé; à cause dequoy les pages l'appeloyent Monsieur de Pelvé: et pour autant que le charlatan espagnol estoit fort bouffon et plaisant, 'AsY^^^eXo-^ent Monsieur de Plaisance: A la vérité la drogue de cestuy-cy estoit souveraine. J'ay veu monsieur d'Aumale comte de Boulongne , qu'elle a guary de la jaunisse saffrannee, dont il languissoit ^ : le poète de l'admirante en a esté guary de la gra telle , dont il estoit rongé jusques aux os^: le greffier Senault de la caquesangue^: plus de dix mille zelez du haut mal de la corde, et un millier qui s'en alloyent mourir en chartre sans cet liicjuiero : et si le concierge de Verneuil^ eust eu en temps et lieu de ceste drogue, il se fust bien passé de lever la fierté de sainct Romain de Rouen *" ; monsieur de Mayenne en prend tous les
' Sorte de vieux manteau avec des manches.
^ Dupuy dit que d'Aumale étoit /ort incommodé avant la ligue, et ne s'explique pas davantage. Le jaune étoit la couleur des débiteurs insolvables, comme le vert celle des banqueroutiers. Cette allusion revient souvent dans la Satyre Ménippée.
3 Ces mots , que nous replaçons ici sur l'autorité des premières éditions, avoient été supprimés dans les éditions postérieures à 1600.
"* Du flux de sang.
^ Théodore 'de Ligueri, gentilhomme du pays chartrain, qui livra cette ville aux ligueurs en iSgo, sous prétexte qu'il n'avoit pas une garnison assez forte.
^ Une ancienne tradition ayant donné lieu à l'usage d'accorder
i8 SATYRE MENIPPÉE.
jours dans un posson ' de laict d'asnesse, pour guarir du plus desloyal et malin hocquet du monde. Le duc de Savoye en avoit aussi pris pour le guarir de la boulimie ^ et gloutonnie , mais il revomit tout, le pauvre homme. Il y a de pires saincts en Bretaigne que le catholique valet de monsieur de Fontaines gouverneur de Sainct- Malo , qui coupa la gorge ^ à son maistre en son lict, moyenant deux mil escus pour nostre mère saincte Eglise : le dévot chrestien est par les bas Bretons estimé un second sainct Yves^, pource qu'il n'est jamais desgarny de higuiero et de Catliolicon. En somme tous les cas reservez en la bulle In cœnâ Dominiy sont absoubs à pur et à plein par ceste quinte-essence catholique, jesuistique, espagnole.
chaque année , à Rouen , la liberté à un criminel , pourvu qu'il levât \dL fierté (châsse) de saint Romain, ce privilège acquit pendant la ligue une extension illimitée dont chaque individu compromis s'efforçoit de faire son profit.
' Un poisson.
^ Maladie qui cause un appétit désordonné.
^ Ce crime fut commis à l'instigation du duc de Mercœur, qui avoua le fait en iSgo.
^ Saint Ivcs étoit Breton de naissance.
Deveno/ deL .
Al£ Johannot v^atlp .
^Cû^l/ù
ABREGE
CONVOQUEZ ATJDIXIESME FEVRIER I SgS